Vers une dose de proportionnelle autour de 20-25%
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Castaner evoque une dose de proportionnelle autour de 20-25%
Jean-Paul Pelissier
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Castaner evoque une dose de proportionnelle autour de 20-25%
Jean-Paul Pelissier
PARIS (Reuters) - La dose de proportionnelle qu'Emmanuel Macron souhaite introduire dans le scrutin législatif serait de 20 à 25%, a déclaré mardi le porte-parole du gouvernement, un pourcentage qui, selon les experts, modifierait peu les équilibres et ne remettrait pas en cause les majorités au Parlement.
La mesure, confirmée lundi par le président dans son discours au Congrès centré sur la réforme des institutions, répond aux revendications des partis que le scrutin majoritaire prive d'une représentation équivalente à leur poids électoral, ce qui nourrirait l'abstention.
"La seule chose qui compte, c'est qu'à la sortie nous soyons sûrs d'avoir des majorités. Moi ce que je ne veux pas, c'est d'avoir une chambre version IVe République", a expliqué Christophe Castaner sur Europe 1.
A la question de savoir si la dose serait de l'ordre de 20-25%, il a répondu : "A mon sens, on ne sera pas dans les 50% dont certains parlent. On sera plutôt dans cette fourchette-là".
L'introduction d'une dose de proportionnelle pour les élections législatives a été évoquée lundi par Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles.
"Je proposerai que le Parlement soit élu avec une dose de proportionnelle pour que toutes les sensibilités y soient justement représentées", a dit le chef de l'Etat, qui a demandé qu'une instance composée des deux présidents des assemblées et de la ministre de la Justice puisse faire des propositions.
Le président a aussi évoqué la réduction d'un tiers du nombre de parlementaires, qui ferait passer le nombre de députés de 577 à 380, et celui des sénateurs de 348 à 214 environ.
L'introduction de la proportionnelle est réclamée de longue date par le Front national au nom du "pluralisme politique".
"Nonobstant le fait que ça fait à peu près 30 ans qu'on entend parler de dose de proportionnelle (...), quelle dose ?", a demandé sur franceinfo la présidente du FN Marine Le Pen.
"Parce que ça change tout. La dose qui me conviendrait, c'est 100%", a-t-elle ajouté. "La démocratie ne peut pas se contenter de miettes ni d'aumône".
GESTE SYMBOLIQUE
Elle a toutefois proposé d'y ajouter une prime à la liste arrivée en tête afin de pouvoir bâtir une majorité.
La France insoumise présidée par Jean-Luc Mélenchon réclame elle aussi la proportionnelle intégrale, pratiquée par exemple en Allemagne, pour "permettre la représentation politique du pays", a rappelé mardi le député Eric Coquerel.
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"Il y a des grandes démocraties qui la pratiquent, sans qu'elles soient dans une instabilité permanente", a ajouté sur RFI l'élu FI de Seine-Saint-Denis.
L'introduction de 20% à 25% de proportionnelle, selon des règles qui restent à définir, ne devrait pas bouleverser les grands équilibres, dit Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Harris Interactive.
"Cela va permettre une augmentation symbolique en plus pour certains partis, sans changer fondamentalement les choses", a-t-il dit à Reuters.
"Tout ce qui permet d'avoir plus de proportionnelle est globalement apprécié des Français qui approuvent aussi la réduction du nombre de parlementaires, qu'ils jugent trop nombreux et trop coûteux", ajoute le politologue.
"La proportionnelle favorise un camp partisan dans un territoire donné, ce qui entre en contradiction avec une désignation citoyenne", souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'institut Ifop. "Par exemple, dans un département acquis à droite comme la Savoie, un candidat LR aura une chance très forte d'être élu."
Sous la Ve République, la proportionnelle intégrale n'a été appliquée que lors des élections législatives du 16 mars 1986, sous la présidence de François Mitterrand qui en avait été l'artisan.
Trente-cinq députés du Front national avaient été élus et avaient formé un groupe parlementaire présidé par le fondateur du parti d'extrême droite, Jean-Marie Le Pen.
(Sophie Louet, Marine Pennetier et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)
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