Les Kényans appelés à élire un nouveau président
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L'election presidentielle au kenya
THOMAS MUKOYA
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L'election presidentielle au kenya
THOMAS MUKOYA
par Katharine Houreld
NAIROBI (Reuters) - Les Kényans votent mardi pour choisir un nouveau président à l'occasion d'un scrutin tendu et indécis qui voit s'affronter deux adversaires de longue date, le chef de l'Etat sortant Uhuru Kenyatta et le chef de l'opposition Raila Odinga.
Après deux mois d'une campagne électorale marquée par des discours enflammés mais globalement épargnée par les appels à la haine ethnique qui avaient entaché les précédents scrutins, et débouché il y a dix ans sur un bain de sang, les sondages donnent les deux hommes au coude-à-coude.
De longues files d'attente se sont formées devant certains bureaux de vote et l'élection a semble-t-il globalement débuté dans la calme, même si un journaliste de Reuters a vu la police user de gaz lacrymogène pour contenir une foule impatiente devant un bureau à Nairobi, la capitale.
Uhuru Kenyatta, 55 ans, s'est engagé à reconnaître la victoire d'Odinga s'il perdait et a appelé son adversaire à faire de même.
"S'ils perdent, ils doivent reconnaître la volonté du peuple. Moi-même, je vais l'accepter, alors qu'ils fassent de même", a-t-il dit alors qu'il votait dans une école primaire de Gatundu, à 30 km au nord de la capitale.
Raila Odinga, 72 ans, a quitté le bureau de vote de Kibera, le plus grand bidonville du pays au sud de la capitale, sans parler à ses sympathisants.
Sur Twitter, il a accusé les organisateurs de l'élection d'avoir "contrarié" les membres de son parti qui voulaient observer le déroulement des élections dans les bureaux de vote pour une histoire d'accréditation.
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L'alliance présidentielle, le Jubilee, a répondu que l'opposition devait "arrêter d'intimider" les organisateurs de l'élection.
Le vote s'achève à 17h00 (14h00 GMT). Les premiers résultats ne sont pas attendus avant mercredi au plus tôt. Les autorités électorales ont officiellement une semaine pour proclamer les résultats.
Les Kényans sont également appelés à élire leurs députés, sénateurs, gouverneurs et représentants aux assemblées locales.
Le souvenir de la présidentielle de décembre 2007 reste vif. Déjà candidat à l'époque, Raila Odinga avait contesté le résultat - la victoire de Mwai Kibaki - et appelé à des manifestations. Plus de 1.200 personnes avaient trouvé la mort dans les affrontements ethniques qui s'étaient ensuivis.
Uhuru Kenyatta et son actuel vice-président, William Ruto, ont été accusés par la Cour pénale internationale d'avoir orchestré ces violences, mais les charges ont finalement été abandonnées en 2014 faute de preuves.
Entre-temps, en 2013, Uhuru Kenyatta était devenu président au détriment de Raila Odinga, mais cette fois, la contestation est restée pacifique, l'opposant choisissant la voie des tribunaux.
BASTIONS ETHNIQUES
Raila Odinga, qui rassemble sous son nom les principaux courants de l'opposition au sein de la Nasa (National Super Alliance), a estimé que l'alliance présidentielle Jubilee ne pourrait pas l'emporter à moins de tricher.
Uhuru Kenyatta a rétorqué que la commission électorale avait mis en place toutes les dispositions nécessaires pour assurer un scrutin sans irrégularités.
Le meurtre la semaine dernière d'un haut responsable électoral, Chris Msando, dont le corps mutilé a été retrouvé dans une morgue de Nairobi, a choqué les Kényans et soulevé de nouvelles questions sur la sécurité du système de vote.
Les médias ont laissé entendre que son assassinat pourrait être lié à son rôle qui consistait à superviser le système de vote électronique.
Plusieurs dizaines de milliers de Kényans ont regagné leurs régions d'origine par crainte d'une répétition des violences de l'hiver 2007-2008.
Uhuru Kenyatta, fils du premier président du pays Jomo Kenyatta, et son colistier William Ruto sont largement favoris dans le centre du Kenya et la vallée du Rift, où vivent Kikuyus et Kalenjin, leurs groupes ethniques, dont sont issus tous les chefs d'Etat kényans depuis l'indépendance en 1963.
Raila Odinga, de l'ethnie occidentale Luo, est un ancien prisonnier politique et le fils du premier vice-président du pays. Il domine dans l'ouest du pays et les régions côtières, où les habitants se sentent négligés par le gouvernement central.
Les centres urbains sont indécis, même si le parti d'Odinga contrôle Nairobi, Mombasa sur la côte et sa ville natale de Kisumu.
Plus de 150.000 policiers ou membres d'autres organes de l'Etat comme les gardes de parcs nationaux seront déployés afin d'assurer la sécurité des 41.000 bureaux de vote.
(Jean-Stéphane Brosse et Arthur Connan pour le service français)
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