A la frontière sino-coréenne, le commerce de produits de la mer tourne déjà au ralenti
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A la frontiere sino-coreenne, le commerce de produits de la mer tourne deja au ralenti
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par Philip Wen
DANDONG, Chine (Reuters) - Le commerce de produits de la mer sur le fleuve Yalou, qui sépare la Chine de la Corée du Nord, a déjà considérablement baissé, selon des négociants, alors même que la résolution 2371 adoptée samedi à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies n'est pas encore entrée en vigueur.
Le texte, qui sanctionne les deux essais de missile balistique auxquels la République populaire démocratique de Corée a procédé le mois dernier, interdit les exportations nord-coréennes de charbon, de fer, de minerai de fer, de plomb, de minerai de plomb mais aussi de produits de la mer (poissons, crustacés, mollusques et autres invertébrés aquatiques sous toutes formes, précise la résolution).
Les pays disposent d'un délai de 30 jours pour mettre en oeuvre les mesures de rétorsion les plus sévères de la résolution, dont l'objectif est de priver le régime nord-coréen d'un tiers de ses quelque trois milliards de dollars d'exportations annuelles.
Mais à Dandong, ville chinoise située sur le fleuve Yalou, par laquelle transitent près des trois quarts des échanges commerciaux avec la Corée du Nord, négociants et pêcheurs rapportent sous couvert de l'anonymat que les autorités chinoises ont réduit dès samedi les importations de produits de la mer en provenance de l'autre rive du fleuve frontalier.
Les échanges d'autres produits semblent en revanche se poursuivre sans changement, avec de longues files de camions attendant de pouvoir franchir le fleuve sur le Pont de l'amitié.
En avril, lors d'un précédent déplacement, on avait vu le petit port Yicuomao de Dandong déborder d'activité, véritable ruche où affluaient des bateaux chargés de produits de la mer venant de l'autre côté du fleuve. De retour sur place mardi, on était frappé par le calme des lieux, qui semblaient presque à l'arrêt.
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"Tout tourne au ralenti", confirme un employé du port, qui précise que sur la dizaine de grandes compagnies spécialisées dans le commerce de produits de la mer, quelques-unes seulement poursuivent leur activité au risque d'être sanctionnées d'une amende.
TROC
En ville, les étals du marché débordent encore de crabes, de poissons et autres produits frais dont les vendeurs disent qu'ils viennent de Corée du Nord. "D'une manière ou d'une autre, ces sanctions auront un certain impact. Mais ils trouveront un moyen de contourner l'interdiction", observe le patron d'un étal.
Selon des négociants, il arrive déjà que des chalutiers chinois ou des bateaux plus petits aillent dans les eaux nord-coréennes de la mer Jaune, à l'embouchure du Yalou, à la rencontre de pêcheurs nord-coréens. Ils y troquent leur pêche contre de l'alcool, des légumes ou des bonbonnes de gaz de cuisine.
Des vendeurs disent que les douaniers chinois ont intensifié leur contrôle ces derniers mois.
Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès des autorités, que ce soit à l'échelon local ou au-dessus, auprès des ministères des Affaires étrangères, du Commerce ou de l'Agriculture.
D'après un diplomate en poste à l'Onu, la Corée du Nord anticipait pour cette année 295 millions de dollars de recettes de ses exportations de produits de la mer. Au cours du premier semestre, selon des chiffres communiquées par les douanes, la Chine en a importés pour 91 millions de dollars.
(avec Ben Blanchard à Pékin; Henri-Pierre André pour le service français)
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