Trump entrevoit un accord USA/Canada excluant le Mexique
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Trump entrevoit un accord usa/canada excluant le mexique
Kevin Lamarque
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Trump entrevoit un accord usa/canada excluant le mexique
Kevin Lamarque
par David Lawder
WASHINGTON (Reuters) - Le président américain, Donald Trump, s'est dit mercredi disposé à ouvrir des discussions bilatérales avec le Canada si la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) n'aboutissait pas avec Mexico.
Trump a réclamé et obtenu une renégociation de ce traité de libre-échange associant depuis 1994 les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.
Prié de dire s'il pouvait envisager de maintenir un espace de libre-échange avec le Canada si les négociations achoppaient avec le Mexique, Trump a répondu: "Bien sûr, absolument".
Invité à commenter ces propos, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a dit continuer de croire en l'Aléna et s'est dit optimiste sur ses perspectives.
"Je continue de croire en l'Aléna (...), nous sommes prêts à tout et nous continuerons de travailler pour préserver les intérêts des Canadiens", a-t-il dit, tout en ajoutant ne rien ignorer du caractère imprévisible de Trump.
"C'est évidemment quelque chose que nous avons à l'esprit et nous y sommes préparés, mais, en même temps, les Canadiens attendent de nous que nous travaillions de manière réfléchie pour trouver un bon accord."
Une quatrième session de négociations tripartites a débuté mercredi à Arlington, en Virginie. Avant même son ouverture, le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a annoncé que la session serait prolongée de deux jours, jusqu'au 17 octobre.
Mais les nouvelles exigences de Washington ont jeté un froid, et la Chambre américaine de commerce a accusé mardi l'administration Trump de tenter de saboter les négociations avec des "propositions équivalant à une pilule empoisonnée".
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En vertu des règles actuelles de l'Aléna, au moins 62,5% des composants d'un véhicule doivent provenir d'Amérique du Nord pour profiter de tarifs douaniers préférentiels. Washington voudrait porter ce seuil à 85%, avec une sous-clause de 50% de composants venant spécifiquement des Etats-Unis.
"Cela va susciter une opposition générale du Canada et du Mexique. Cela va trop loin", estime Wendy Cutler, directrice pour la politique de Washington du forum Asia Society et ex-négociatrice au département américain du Commerce.
"LE PROBLÈME DES ETATS-UNIS, CE N'EST PAS LE CANADA"
D'autres propositions de Washington risquent de heurter le Canada, le Mexique mais aussi les entreprises américaines, dont une clause spécifique dite "sunset" qui contraindrait à une renégociation de l'Aléna tous les cinq ans et une révision radicale des mécanismes d'arbitrage des litiges.
L'administration Trump veut aussi modifier les clauses liées à la propriété intellectuelle et introduire de nouvelles protections pour les productions saisonnières.
De sources canadiennes, on indique que Justin Trudeau devrait insister auprès de Donald Trump sur les bénéfices de l'Aléna pour l'économie américaine, lui rappeler notamment que le Canada est le principal marché à l'exportation des Etats-Unis et que les échanges commerciaux bilatéraux sont plutôt équilibrés.
Il devrait aussi lui dire que "le problème des Etats-Unis, ce n'est pas le Canada", ainsi que l'a noté sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et que son pays n'est pas responsable des destructions d'emplois dans l'industrie américaine observées depuis l'entrée en vigueur de l'accord.
Les quelque 300% de droits de douane imposés vendredi dernier par le département américain du Commerce sur les avions C Series du canadien Bombardier n'ont pas contribué à apaiser les inquiétudes d'Ottawa.
A l'inverse, avec ses bas salaires qui ont justifié des délocalisations d'usines automobiles et d'autres industries américaines, le Mexique a dégagé l'an dernier un excédent commercial de 64 milliards de dollars dans ses échanges avec son voisin du Nord.
(avec David Ljunggren à Ottawa; Henri-Pierre André et Nicolas Delame pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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