Les Rohingyas pas évoqués dans un projet de communiqué de l'Asean
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Les rohingyas pas evoques dans un projet de communique de l'asean
ATHIT PERAWONGMETHA
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Les rohingyas pas evoques dans un projet de communique de l'asean
ATHIT PERAWONGMETHA
MANILLE (Reuters) - Un projet de communiqué qui doit être publié après un sommet de l'Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) ne mentionne pas le sort des Rohingyas musulmans, contraints de quitter par centaines de milliers l'Etat de Rakhine, dans le Myanmar, à la suite de violences liées à des manoeuvres de l'armée birmane.
Dans un paragraphe du document, que Reuters a pu consulter lundi, il est fait mention de l'importance de l'aide humanitaire apportée au Vietnam - touché il y a une semaine par un typhon -, des opérations menées par l'armée philippine contre des islamistes et des "communautés affectées" dans l'Etat de Rakhine.
Ce communiqué a été rédigé par les Philippines, pays actuellement président de l'Asean, dont fait partie le Myanmar et dont les dirigeants se réunissent ce lundi pour une session plénière.
Le texte ne comprend aucun détail sur la situation dans l'Etat de Rakhine, situé dans le nord du Myanmar, et n'utilise par le terme "rohingyas" pour la minorité musulmane persécutée, se conformant ainsi au souhait de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi.
Les autorités du Myanmar, pays majoritairement bouddhiste, considèrent les Rohingyas comme des migrants illégaux venus du Bangladesh et ne reconnaissent de ce fait pas le terme.
Plus de 600.000 Rohingyas sont passés au Bangladesh depuis le 25 août, fuyant les violences liées à une contre-offensive de l'armée birmane après une attaque d'insurgés rohingyas.
Les souffrances endurées par les Rohingyas ont suscité des indignations dans le monde entier. En raison du long silence d'Aung Sang Suu Kyi sur le sujet, certains ont demandé à ce que cette icône du combat pour la démocratie soit déchue de son prix Nobel de la paix reçu en 1991.
Au début du mois, elle s'est rendue dans les zones troublées de l'Etat d'Arakan (Rakhine) pour la première fois depuis le début en août de la crise des réfugiés Rohingyas.
Les Nations unies ont accusé l'armée birmane de mener un nettoyage ethnique dans cet Etat, tandis que des organisations des droits de l'homme ont dénoncé des crimes contre l'humanité et réclamé des sanctions.
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Certains membres de l'Asean, en particulier la Malaisie, pays à majorité musulmane, ont fait état de leurs préoccupations. Mais, conformément au principe de l'organisation de non-ingérence dans des affaires internes à un pays, la question de Rohingyas semble ne pas être à l'ordre du jour de son sommet annuel.
Aung Sang Suu Kyi, qui n'a pas mentionné la crise lors de son arrivée à Manille dimanche, avait vivement critiqué ce principe de non-ingérence de l'Asean en 1999, lorsqu'elle luttait pour la démocratie du Myanmar, alors dirigé par une junte militaire.
(John Chalmers, Benoit Van Overstraeten pour le service français)
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