Trump écorne la "relation spéciale" avec Londres par un tweet
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Trump ecorne la "relation speciale" avec londres par un tweet
KEVIN LAMARQUE
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Trump ecorne la "relation speciale" avec londres par un tweet
KEVIN LAMARQUE
par Guy Faulconbridge et Estelle Shirbon
LONDRES (Reuters) - Donald Trump a une nouvelle fois écorné la "relation particulière" qui unit les Etats-Unis et la Grande-Bretagne en publiant un tweet agressif à l'adresse de la Première ministre Theresa May à laquelle il a conseillé de s'occuper de la sécurité dans son pays.
"@Theresa May, ne vous occupez pas de moi. Occupez-vous du terrorisme islamique radical destructeur qui sévit au Royaume-Uni. Tout va bien pour nous", a écrit mercredi soir le président américain sur sa plate-forme de communication favorite.
Cette nouvelle saillie de Trump en 140 caractères intervient en réaction aux critiques que le milliardaire avait provoquées quelques heures plus tôt en partageant sur son compte Twitter des vidéos anti-islam mises en ligne par Jayda Fransen, dirigeante du groupe d'extrême droite Britain First. Fransen a été récemment condamnée pour l'agression d'une femme musulmane.
La porte-parole de Theresa May avait alors dénoncé cette initiative de Donald Trump. Ce dernier, loin de baisser pavillon, s'est livré à la surenchère, répondant avec véhémence aux reproches qui lui étaient faits.
Face à cette escalade verbale, la chef du gouvernement britannique a été contrainte de sortir de sa réserve jeudi et de rappeler qu'elle se consacrait pleinement à la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme.
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La Première ministre a reconnu qu'il existait des liens privilégiés entre Londres et Washington mais que cela ne signifiait pas qu'il fallait avoir peur de s'exprimer lorsque les Etats-Unis avaient tort. Et dans le cas du partage des vidéos anti-islam, a-t-elle jugé, il s'agissait d'une erreur.
"Lorsque j'ai le sentiment qu'une réponse doit être apportée à un tweet, je le fais et c'est ce que j'ai fait sur le 'partage' de Trump", a dit Theresa May lors d'un déplacement à Amman, la capitale jordanienne.
"RACISTE, INCOMPÉTENT, IRRÉFLÉCHI"
La nouvelle déclaration de Trump a été accueillie avec bien moins de pondération par la classe politique britannique, le ministre en charge des Affaires du Moyen-Orient, Alistair Burt, qualifiant le comportement du président américain d'"alarmant et de désespérant".
"En partageant cela, il est soit raciste, soit incompétent, soit irréfléchi, soit les trois en même temps", a jugé le député travailliste Stephen Doughty.
"Nous l'avons dit clairement : le président Donald Trump a eu tort de relayer ces vidéos du groupe d'extrême droite, Britain First", a déclaré la ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, devant la Chambre des communes.
De son côté, le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, de confession musulmane, a une nouvelle fois estimé que le gouvernement britannique devrait retirer l'invitation à une visite d'Etat que May a adressée à Trump.
"Après ce nouvel incident, il est de plus en plus évident qu'une quelconque visite du président Trump en Grande-Bretagne n'est pas souhaitable", a dit Sadiq Khan sur Twitter.
Malgré les appels répétés de l'opposition en ce sens, Theresa May a réaffirmé que les relations américano-britaniques sont anciennes et durables et qu'elles servaient les intérêts nationaux des deux pays.
Concernant la visite d'Etat, a-t-elle dit, l'invitation avait été transmise et acceptée bien qu'aucune date n'ait pour l'instant été fixée.
(Pierre Sérisier pour le service français)
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