L'ETA confirme sa dissolution, "pas d'immunité", réaffirme Rajoy
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L'eta confirme son demantelement
VINCENT WEST
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L'eta confirme son demantelement
VINCENT WEST
par Cécile Mantovani et Isla Binnie
GENEVE/MADRID (Reuters) - Le mouvement séparatiste basque ETA a annoncé jeudi son démantèlement complet et ajoute avoir mis fin à toutes ses activités près de 60 ans après sa création et 50 ans d'une lutte armée qui a tué plus de 800 personnes.
Mais en Espagne, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a souligné qu'il n'y aurait pas d'immunité pour le groupe clandestin et que les autorités continueraient de traquer les "Etarras" que Madrid, a-t-il dit, ne considère que comme des criminels.
"Quoi qu'ils puissent décider de faire dans les jours à venir, rien ne modifiera cette réalité indiscutable: le projet tout entier de l'ETA est un échec retentissant et catégorique", a-t-il dit.
"L'ETA ne trouvera pas la moindre once d'immunité pour ses crimes. Elle peut annoncer sa disparition, mais ses crimes, eux, ne disparaîtront pas, pas plus que le travail de la justice visant à les traquer et à les punir", a poursuivi le dirigeant conservateur.
Rajoy s'exprimait à Logrono, dans le nord du pays, non loin de la région basque espagnole, où il a présidé à l'inauguration d'un centre d'entraînement de la Garde civile.
Dans un communiqué intitulé "Déclaration finale d'ETA au Peuple basque", le groupe annonce la "fin de sa trajectoire".
Le texte a été lu à Genève par David Harland, le directeur du Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG spécialisée dans la résolution des conflits qui avait servi d'intermédiaire entre les indépendantistes basques et le gouvernement espagnol, alors dirigé par le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero en 2004.
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"Cette ultime décision, nous l'avons adoptée pour favoriser une nouvelle phase historique", dit le message de l'ETA. "ETA est née du peuple et, à présent, elle se dissout en lui", poursuit-il.
"Les ex-militants et militantes d'ETA poursuivront la lutte en faveur d'un Pays basque réunifié, indépendant, socialiste, euskaldun (en langue basque NDLR) et non patriarcal dans d'autres champs, chacun dans le domaine qu'il considère le plus opportun, avec la responsabilité et l'honnêteté de toujours."
CONFÉRENCE DES MÉDIATEURS CE VENDREDI EN FRANCE
Dans un courrier daté du 16 avril et révélé mercredi sur le site d'information El Diario, le mouvement annonçait avoir démantelé toutes ses structures.
"Un long travail de réconciliation nous attend désormais. Il requerra de la reconnaissance, du respect, des excuses et du soutien à toutes les victimes des violences ainsi qu'un engagement envers la vérité et la justice où que cela conduise", a poursuivi Harland à Genève.
Le Groupe international de contact (GIC), qui sert de médiateur, organise ce vendredi à Cambo, dans les Pyrénées-Atlantiques une "rencontre internationale pour avancer dans la résolution du conflit au Pays basque".
L'ETA avait décidé un cessez-le-feu en 2011 et avait livré ses caches d'armes en avril 2017.
Euskadi Ta Askatasuna (Patrie basque et liberté) a été fondée en 1959 en se nourrissant de la colère et de la frustration éprouvée par une partie de la population basque victime de la répression du général Francisco Franco.
La campagne séparatiste, qui fut marquée par des assassinats politiques et des attentats à la bombe, a pris une tournure violente dans les années 60 en réponse à la dictature et à la répression menée par le régime de Franco.
Dans une interview publiée jeudi par le quotidien El Pais, le chef de l'exécutif régional du Pays basque espagnol, Inigo Urkullu, regrette que l'ETA ait jamais existé et pronostique qu'il n'en restera que quatre à cinq lignes dans les manuels d'histoire du futur. "Ici, nous avons tous perdu", ajoute-t-il.
(avec Stephanie Nebehay à Genève; Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)
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