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À Bruxelles, Conte n'attend pas des mots, mais des actes sur la question migratoire

reuters.com

Publié le 28 juin 2018 à 12:48 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:48

A bruxelles, conte n'attend pas des mots, mais des actes sur la question migratoire

A bruxelles, conte n'attend pas des mots, mais des actes sur la question migratoire

ERIC VIDAL

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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BRUXELLES (Reuters) - Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a déclaré jeudi à son arrivée au Conseil européen à Bruxelles que l'Italie n'attendait pas des mots mais des actes sur la question migratoire.

La crise politique liée aux flux de migrants envenime les relations entre Etats membres et fragilise les exécutifs nationaux à moins d'un an des élections européennes.

Après le choix spectaculaire du nouveau gouvernement italien de refouler des bateaux ayant secouru des migrants, l'alliance historique entre conservateurs allemands est fragilisée, menaçant la coalition gouvernementale d'Angela Merkel.

"Comme vous le savez, l'Italie a travaillé sur une proposition qu'elle présente à ce Conseil européen, une proposition dont nous pensons qu'elle est totalement raisonnable parce qu'elle est conforme à l'esprit et au principe sur lesquels l'Union européenne est fondée", a-t-il dit.

"Nous espérons que ces mots seront traduits en actes. L'Italie n'a plus besoin de mots et de déclarations, nous avons besoin d'actes concrets", a poursuivi le chef du gouvernement italien.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a souhaité avant le Conseil que la rencontre permette un accord sur trois mesures: valider la création de "plateformes de débarquement" hors d'Europe pour les migrants, débloquer des fonds spécifiques dans le prochain budget pour lutter contre l'immigration illégale et collaborer davantage avec des pays tiers, comme la Libye.

Selon un projet de conclusions consulté par Reuters, les dirigeants devraient s'accorder sur un renforcement des frontières extérieures de l'UE, davantage de soutien à la Libye, d'où partent de nombreux migrants, et quelques autres pays et une réflexion sur la création de ces centres "de débarquement".

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L'Italie, la Grèce et l'Espagne, où arrivent la majorité des migrants, devraient être davantage soutenues mais aucun accord n'apparaît sur la répartition des demandeurs d'asile.

Avant l'ouverture du Conseil, Angela Merkel a déclaré que le destin de l'Union dépendrait de son aptitude à relever le défi des questions migratoires.

Dans une intervention passionnée jeudi matin au Bundestag, elle a tenté de convaincre ceux qui dans son propre camp la critiquent, et défendu sa décision d'ouvrir les portes de l'Allemagne à un million de migrants en 2015, ce afin d'aider les pays voisins.

"L'Europe doit affronter nombre de défis, mais sur celui des migrants, elle pourrait bien jouer son va-tout", a conclu la chancelière.

"Soit nous y parvenons, de sorte qu'en Afrique on sache que nous sommes guidés par des valeurs et croyons au multilatéralisme, et non pas à l'unilatéralisme, soit ce n'est pas le cas et personne ne croira plus au système de valeurs qui a fait notre force", a-t-elle déclaré. "C'est pourquoi c'est si important."

RESPONSABILITÉ ET SOLIDARITÉ

A son arrivée à Bruxelles, Emmanuel Macron a estimé qu'"il y a une alternative simple qui nous est aujourd'hui posée à tous: est-ce que nous voulons des solutions nationales ou est-ce que nous croyons dans des solutions européennes et de coopération ?".

"Je défendrai des solutions européennes de coopération, dans l'Union européenne, au sein de Schengen, dans des coopérations dans le cadre des accords actuels et une modernisation de ceux-ci. Un travail à l'extérieur des frontières de l'Europe, aux frontières de l'Europe et au sein de l'Europe, avec deux principes: responsabilité et solidarité", a ajouté le président français.

Pour le socialiste Pedro Sanchez, nouveau président du gouvernement espagnol qui a ouvert son pays aux 629 migrants de L'Aquarius, "ce dont nous avons besoin, c'est une d'une réponse commune à un défi commun".

Lui aussi a estimé que les dirigeants européens devaient réussir à "conjuguer responsabilité et solidarité". "Responsabilité afin de contrôler nos frontières, d'intensifier la dimension étrangère et extérieure de la politique migratoire. Et solidarité aussi en regards à d'autres pays, spécialement l'Allemagne qui subit aujourd'hui une crise politique", a-t-il précisé.

Sur le volet solidarité, crucial aux yeux des Italiens, le Premier ministre polonais a répété l'opposition de son pays à l'idée de quotas obligatoires de relocalisation des migrants.

Varsovie souhaite inciter les personnes à rester dans leurs pays d'origine plutôt que de migrer, a ajouté Mateusz Morawiecki, faisant part de sa satisfaction que les discussions de l'Union européenne sur l'immigration aillent dans la direction "toujours voulue" par la Pologne.

Il faut aider les pays tiers à empêcher les migrants de partir, a-t-il poursuivi, soulignant que son gouvernement voulait "fournir la canne à pêche et non pas le poisson pour inciter les populations à rester dans les zones d'où ils migrent vers l'UE".

"La plus grande priorité en ce moment, c'est de protéger notre frontière extérieure", a abondé le Premier ministre slovaque Peter Pellegrini. "Nous devons d'abord commencer à faire cela et ensuite nous pourrons continuer de débattre de ce qui se passe à l'intérieur de l'Union européenne."

(Gabriela Baczynska, Jean-Baptiste Vey et le bureau européen de Reuters, Thomas Escritt et Madeline Chambers à Berlin; Jean Terzian et Eric Faye pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

reuters.com

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