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Brésil: Bolsonaro, en conflit avec la Cour suprême, désigne un nouveau chef de la police

reuters.com

Publié le 04 mai 2020 à 20:15 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 22:36

Bresil: bolsonaro, en conflit avec la cour supreme, designe un nouveau chef de la police

Bresil: bolsonaro, en conflit avec la cour supreme, designe un nouveau chef de la police

UESLEI MARCELINO

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05 juin 2026

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par Ricardo Brito et Anthony Boadle

BRASILIA (Reuters) - Le président brésilien Jair Bolsonaro a désigné lundi un nouveau chef de la police fédérale après avoir été empêché par la Cour suprême de nommer à ce poste un proche de sa famille.

Déjà critiqué pour sa gestion de l'épidémie de nouveau coronavirus, qu'il a qualifiée de "grippette" alors qu'elle a fait plus de 7.000 morts au Brésil, Jair Bolsonaro est encore fragilisé par les accusations d'ingérence dans le travail de la police avancées par son ancien ministre de la Justice, qui érodent davantage son image auprès de la population et vont même jusqu'à alimenter l'hypothèse d'une procédure en destitution.

Un décret paru au Journal officiel montre que le président a nommé à la tête de la police fédérale Rolando Alexandre de Souza, qui a été un proche collaborateur de son premier choix pour le poste, Alexandre Ramagem, au sein des services de renseignement brésiliens (Abin).

Jair Bolsonaro a qualifié de "ragots" les accusations de son ancien ministre de la Justice Sergio Moro selon lesquelles la nomination d'Alexandre Ramagem, un ami de ses fils, visait à intervenir dans certaines enquêtes sensibles.

Sergio Moro, qui a acquis sa popularité du temps où il était juge en emprisonnant des responsables politiques, dont l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, et des hommes d'affaires pour des faits de corruption, a témoigné samedi dans le cadre d'une enquête autorisée par la Cour suprême sur ses accusations contre Jair Bolsonaro.

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L'ancien ministre de la Justice, qui a démissionné le 24 avril, a notamment présenté des enregistrements de conversations avec le président, a dit à Reuters une personne informée du contenu de sa déposition.

Sergio Moro a aussi déclaré que des généraux de l'armée au sein du cabinet présidentiel, dont deux d'active, avaient été témoins des pressions de Jair Bolsonaro sur la police fédérale et pourraient confirmer ses dires, a ajouté cette source.

Il n'a pas été possible de joindre Sergio Moro.

L'ARMÉE SE DIT DU CÔTÉ DE LA DÉMOCRATIE

Jair Bolsonaro s'est attiré de nouvelles critiques pour ses attaques contre le Congrès et la Cour suprême dimanche lors d'un rassemblement devant le palais présidentiel avec des centaines de partisans réclamant l'instauration d'un régime militaire au Brésil et la levée des restrictions prises par les collectivités locales pour freiner la propagation de l'épidémie de coronavirus.

Dans ce discours, le chef de l'Etat a assuré disposer du soutien de l'armée et a dit perdre patience face aux "interférences" dans la mise en oeuvre de son programme politique.

Le ministère de la Défense a pris l'initiative assez rare lundi de publier un communiqué pour affirmer que l'armée serait toujours du côté de la démocratie, de la séparation des pouvoirs et de la Constitution du Brésil.

Le ministère a aussi dénoncé les attaques contre la presse alors qu'au moins trois photographes ont été agressés lors du rassemblement de dimanche.

Le président de la Chambre des députés, Rodrigo Maia, a jugé que Jair Bolsonaro avait dépassé les limites et il a appelé les institutions brésiliennes à défendre la démocratie.

"Au Brésil, malheureusement, nous combattons le coronavirus et le virus de l'extrémisme", a-t-il écrit sur Twitter.

D'anciens alliés du président au Congrès brésilien se sont joints aux appels de plus en plus nombreux pour l'organisation d'un débat sur une destitution de Jair Bolsonaro, une initiative qui aurait le soutien d'environ la moitié des Brésiliens, selon un sondage de Datafolha.

D'après une autre étude de l'institut Ipespe pour XP Investimentos, 27% des Brésiliens ont une bonne ou très bonne opinion du gouvernement, un niveau qui n'avait jamais été aussi bas, alors que la proportion ayant une mauvaise ou très mauvaise image a grimpé de sept points en une semaine à 49%.

Un autre sondage publié au cours du week-end par l'institut IDEIA Big Data montre que le degré de satisfaction à l'égard du gouvernement a chuté de huit points en une semaine à 22% tandis que la part des mécontents atteint le niveau record de 47%.

(Avec Lisandra Paraguassu et Pedro Fonseca; version française Bertrand Boucey)

reuters.com

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