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Les accusations lancées par Trump divisent les républicains, les recours ne font pas l'unanimité

reuters.com

Publié le 07 novembre 2020 à 10:23 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 22:02

Les accusations lancees par trump divisent les republicains, les recours ne font pas l'unanimite

Les accusations lancees par trump divisent les republicains, les recours ne font pas l'unanimite

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par Richard Cowan

WASHINGTON (Reuters) - Vingt-quatre heures après les allégations inédites de Donald Trump sur la fiabilité et l'intégrité du processus électoral aux Etats-Unis, la stratégie du président sortant divise les républicains dont une partie estime vendredi qu'il devrait modérer ses attaques.

Des doutes se font même jour parmi certains de ses conseillers sur l'opportunité de poursuivre sur la voie des recours devant les tribunaux.

S'exprimant devant des journalistes, le sénateur Roy Blunt, membre de la direction du Parti républicain, a ainsi prévenu qu'"à un moment ou un autre" il faudrait bien que la Maison blanche soit en mesure de porter en justice ces allégations et de les étayer par des preuves.

Le sénateur Mitt Romney, battu en 2012 par Barack Obama, a jugé que Donald Trump était allé trop loin.

"Le président est dans son droit lorsqu'il demande un nouveau décompte, lorsqu'il réclame une investigation sur des irrégularités électorales alléguées là où des preuves existent (...) Mais il a tort de dire que cette élection a été truquée, corrompue et volée", a-t-il tweeté vendredi.

"Dire cela porte atteinte à la cause de la liberté ici et dans le monde entier, affaiblit les institutions au fondement de notre république et attise de manière irresponsable des passions destructrices et dangereuses", a-t-il poursuivi.

Alors que Joe Biden est désormais au seuil de la Maison blanche, Donald Trump s'est livré jeudi soir, en plein dépouillement dans les Etats encore indécis, à une attaque jamais vue, dénonçant une fraude électorale massive dans les Etats où la progression des résultats rapproche son rival démocrate d'une victoire.

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Le président a également dénoncé une collusion entre le Parti démocrate et les puissances financières, médiatiques et du secteur des nouvelles technologies qui auraient comploté contre lui.

"Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement", a-t-il affirmé sans apporter d'éléments tangibles sur de prétendus votes "illégaux" qui seraient pris en compte.

"Ils essaient de voler une élection. Ils essaient de truquer une élection, et nous ne pouvons pas laisser faire cela", a poursuivi le président républicain au cours de sa première apparition publique depuis la nuit de mardi à mercredi, au coeur de la première nuit post-électorale, quand il avait revendiqué contre toute évidence sa victoire.

Au terme d'une tirade de 17 minutes, Donald Trump a quitté la salle de presse de la Maison blanche sans prendre de questions des journalistes.

Signe du caractère inédit de ses attaques, plusieurs grands réseaux ont interrompu leur retransmission, comme MSNBC dont le présentateur, de retour en plateau, a déclaré que sa chaîne devait "encore une fois interrompre mais aussi rectifier" les propos tenus par le président.

A en croire un nouveau sondage Reuters/Ipsos, quelque 30% des sondés se revendiquant comme républicains partagent en revanche l'avis de Trump et estiment que leur candidat a gagné l'élection.

Au Congrès, des élus de haut rang ont également exprimé leur soutien aux revendications de leur président.

C'est le cas de Kevin McCarthy, chef du groupe républicain dans la Chambre sortante des représentants. "Le président Trump a remporté cette élection", a-t-il assuré vendredi sur l'antenne de Fox. "Donc, à tous ceux qui nous écoutent, ne vous ménagez pas", a-t-il ajouté.

Sur la même antenne, le sénateur Lindsey Graham, président de la commission des Affaires judiciaires réélu mardi en Caroline du Sud, s'est dit prêt à contribuer à hauteur de 500.000 dollars au financement des recours que l'équipe de campagne de Trump prépare dans de multiples Etats.

Le Comité national du Parti républicain a l'intention de lever au moins 60 millions de dollars pour les financer, ont déclaré trois sources à Reuters. Peut-être même 100 millions, selon deux de ces sources.

"L'ÉLECTION EST JOUÉE, ET LA SEULE PERSONNE QUI NE LE VOIT PAS, C'EST DONALD TRUMP"

Même dans l'entourage du président sortant, cette stratégie des recours en justice ne fait pas l'unanimité, sur le fond comme sur la manière de procéder.

Un de ses conseillers parle d'une stratégie chaotique et désorganisée qui, ajoute-t-il, "dessert le président".

S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, il ajoute que l'équipe Trump semble avoir été prise de court par les résultats et n'était pas vraiment prête à prolonger devant les tribunaux le combat que le président sortant et son rival démocrate se sont livrés dans les urnes.

A ce stade, le camp Trump a déjà perdu devant des tribunaux en Georgie et au Nevada; il a obtenu en revanche gain de cause en Pennsylvanie où une cour a ordonné aux responsables des opérations électorales de mettre de côté les bulletins de vote provisoires déposés dans les urnes le jour de l'élection par des électeurs dont les votes par procuration ou par correspondance ont été reçus à temps.

(Ces bulletins de vote provisoires sont utilisés par exemple par des électeurs ayant demandé à pouvoir voter par procuration et qui, pour une raison ou une autre, choisissent finalement de se déplacer dans leur bureau de vote sans pouvoir produire et restituer cette procuration; ils permettent d'éviter ainsi qu'ils votent deux fois, une fois en personne, une seconde fois par procuration).

Mais vu les écarts qui se creusent en Pennsylvanie et en Géorgie en faveur de Joe Biden, un haut responsable républicain confie qu'il doute des chances de succès de cette stratégie.

"L'arithmétique est ce qu'elle est. Regardez ce qu'il faudrait obtenir dans un nouveau décompte des voix pour inverser le résultat, nous sommes très en dessous", ajoute-t-il.

Et il ajoute: "L'élection est jouée, et la seule personne qui ne le voit pas, c'est Donald Trump."

(avec Jarrett Renshaw, Aram Roston, Steve Holland et Jeff Mason; version française Henri-Pierre André)

reuters.com

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