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Les certificats de santé numériques, essentiels pour la reprise des voyages, dit l'aéroport de Heathrow

reuters.com  |   |  640  mots
L'aeroport de heathrow accuse une perte de 2,3 milliards d'euros en 2020 avec la pandemie[reuters.com]
(Crédits : Toby Melville)

par Sarah Young

LONDRES (Reuters) - Les certificats numériques de santé seront essentiels à la reprise des voyages à l'étranger, a estimé mercredi le patron de l'aéroport londonien d'Heathrow, qui a accusé une perte de 2 milliards de livres (2,32 milliards de euros) l'an dernier, le nombre de passagers s'étant effondré en raison de la crise sanitaire.

Les réservations de vacances ont grimpé lundi au Royaume-Uni après que le gouvernement britannique a déclaré que les voyages à l'étranger pourraient reprendre à la mi-mai, alors que la campagne de vaccination contre le COVID-19 progresse.

Le gouvernement de Boris Johnson a annoncé lundi un plan de déconfinement progressif et l'assouplissement des restrictions imposées depuis le 5 janvier afin de freiner l'épidémie de coronavirus.

L'exécutif du Premier ministre étudie également la possibilité de mettre en place un passeport ou une application numérique de santé permettant d'alléger les restrictions, tout en admettant que les avantages doivent être pesés au regard des risques potentiels pour les libertés individuelles.

Dans un tel scénario, les technologies numériques et les accords internationaux seront essentiels pour relancer une industrie du voyage que la pandémie a mis à genoux, a souligné le directeur général de l'aéroport, John Holland-Kaye.

"C'est absolument essentiel et c'est l'une des principales choses sur lesquelles le gouvernement doit travailler", a-t-il affirmé lorsqu'on l'interrogeait sur l'intérêt d'une application numérique destinée à collecter des données relatives à l'état de santé des passagers.

Actuellement, la vérification des résultats des tests de dépistage fournis en format papier ainsi que des formulaires de localisation des passagers requièrent 20 minutes par voyageur dans l'aéroport londonien, une démarche presqu'inenvisageable si le nombre de passagers revenait à la normale.

Le plus grand aéroport du Royaume-Uni a dit qu'il était "très probable" que les gens puissent partir en vacances d'été, tout en s'attendant à ce que l'afflux de passagers mette du temps à rebondir.

À 50% DE SA CAPACITÉ AU S2 2021

Heathrow a dit qu'il prévoyait d'accueillir 25 millions de passagers au cours du deuxième semestre en 2021, soit environ 50% de sa capacité totale.

L'aéroport britannique de Londres a annoncé mercredi une perte de deux milliards de livres (2,33 milliards d'euros) en 2020, le nombre de passagers s'étant effondré à des niveaux jamais vus depuis les années 1970 en raison de la pandémie de coronavirus.

Heathrow a également demandé au gouvernement britannique de convenir d'une norme internationale commune sur les voyages afin de permettre aux passagers de reprendre les déplacements en avion cet été, ainsi que d'accorder des réductions d'impôts aux gestionnaires d'aéroports et d'étendre le programme de soutien à l'emploi pour les aider à surmonter la crise.

Les allègements d'impôts ne sont jusqu'à présent possibles que pour les petits aéroports.

Heathrow a perdu l'année dernière son titre d'aéroport le plus fréquenté d'Europe au profit de Paris, son programme de vol s'étant contracté plus que celui de son concurrent français.

Le nombre de passagers de l'aéroport londonien a chuté de 73% en 2020 pour atteindre 22 millions de personnes, la moitié ayant voyagé au cours des mois de janvier et février, soit avant que la pandémie de coronavirus ne mette un coup d'arrêt aux voyages internationaux.

Heathrow a ainsi accusé une perte de deux milliards avant impôt pour un chiffre d'affaires en recul de 62% à 1,18 milliard de livres. Il dispose toutefois de 3,9 milliards de livres de liquidités, ce qui devrait lui permettre de faire face à de faibles niveaux de trafic jusqu'en 2023, a-t-il souligné.

Heathrow est détenu notamment par le groupe espagnol d'infrastructures Ferrovial, par le fonds souverain du Qatar (QIA) et par le fonds China Investment Corp.

(Version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

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