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La Russie annule la réouverture du gazoduc Nord Stream 1

reuters.com

Publié le 02 septembre 2022 à 14:03 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 21:23

Gazprom va relancer comme prevu les flux de gaz de nord stream 1, selon des sources

Gazprom envisage de réduire ses investissements de 20% en 2024 par rapport à 2023.

REUTERS PHOTOGRAPHER

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par Christoph Steitz et Caleb Davis

FRANCFORT/LONDRES (Reuters) - La Russie a annoncé vendredi que le gazoduc Nord Stream 1 qui alimente l'Europe ne redémarrerait pas comme prévu samedi, expliquant avoir détecté une fuite d'huile au cours des opérations de maintenance des derniers jours.

Nord Stream 1, qui passe sous la mer Baltique pour relier la Russie à l'Allemagne et à d'autres pays d'Europe occidentale, fonctionnait à 20% de sa capacité avant son arrêt jeudi pour une phase de maintenance qui devait en principe durer trois jours, et sa réouverture était prévue à 01h00 GMT samedi.

Mais Gazprom, le groupe public qui détient le monopole des exportations par gazoduc de gaz naturel extrait en Russie, a annoncé en fin de journée qu'il ne pourrait pas reprendre les livraisons via Nord Stream 1 dans des conditions de sécurité satisfaisantes tant qu'il n'aurait pas colmaté la fuite repérée sur une turbine indispensable au bon fonctionnement du gazoduc.

La Russie avait auparavant mis en cause les sanctions occidentales à son encontre en expliquant qu'elles compliquaient le fonctionnement du gazoduc et sa maintenance.

Mais Bruxelles estime que cet argument est un prétexte et que Moscou a fait le choix d'utiliser le gaz comme une arme économique en représailles aux sanctions.

"Cela fait partie de la guerre psychologique que nous livre la Russie", a déclaré vendredi sur Twitter Michael Roth, le président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag allemand.

Un avis partagé à Washington: "La Russie continue d'utiliser l'énergie comme une arme contre les consommateurs européens", a déclaré à Reuters un porte-parole du conseil à la sécurité nationale de la Maison blanche.

BRUXELLES ÉVOQUE UN PLAFONNEMENT POUR LE PRIX DU GAZ RUSSE

Avant l'annonce de Gazprom, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait déclaré qu'il était temps pour l'Union d'imposer à la Russie un plafonnement des prix du gaz afin de déjouer ce qu'elle a présenté comme une tentative du président Vladimir Poutine de manipuler le marché de l'énergie.

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Les prix de gros du gaz ont été multipliés par cinq depuis août 2021, une envolée qui a commencé avec le rebond économique post-pandémique mais qui s'est accélérée après l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe fin février.

"Nous constatons que le marché de l'électricité ne fonctionne plus parce qu'il est fortement perturbé par les manipulations de Poutine", a dit Ursula von der Leyen, ajoutant qu'un plafonnement des prix du gaz vendus par la Russie pourrait être proposé à l'échelle européenne.

Pour l'ex-président russe Dmitri Medvedev, également ex-Premier ministre de Vladimir Poutine et désormais vice-président du Conseil de sécurité nationale russe, la Russie arrêterait de fournir du gaz à l'Europe si ce projet se concrétisait.

L'ALLEMAGNE MIEUX PRÉPARÉE À UN ARRÊT DES LIVRAISONS

En Allemagne, le ministère de l'Economie a assuré que le pays était mieux préparé que par le passé au risque d'interruption des livraisons de gaz.

"Nous n'avons aucun commentaire particulier à faire (sur l'annonce de Gazprom) mais nous avons constaté le manque de fiabilité de la Russie ces dernières semaines et nous avons continué à prendre des mesures pour renforcer notre indépendance par rapport aux importations d'énergie en provenance de Russie", a dit un porte-parole du ministère.

Le groupe allemand Siemens Energy, qui assure habituellement des opérations de maintenance sur les turbines de Nord Stream 1 mais n'a pas été associé cette fois aux travaux menés par Gazprom, a estimé que la fuite signalée par le groupe russe ne justifiait en rien l'arrêt du gazoduc.

"De telles fuites n'affectent normalement pas le fonctionnement d'une turbine et peuvent être colmatées sur place. C'est une procédure de routine dans le cadre de travaux de maintenance", a déclaré la société allemande.

Alors que Gazprom assure dans son communiqué que Siemens lui a dit que les réparations ne pourraient être effectuées que dans "les conditions d'un atelier spécialisé", le groupe allemand se dit prêt à apporter son aide tout en rappelant que "par le passé, l'apparition de ce type de fuite n'a pas entraîné d'arrêt des opérations".

"Indépendamment de cela, nous avons déjà souligné à plusieurs reprises qu'il y a suffisamment d'autres turbines disponibles à la station de compression de Portovaya pour que Nord Stream 1 fonctionne", ajoute-t-il.

En France, où le président Emmanuel Macron a réuni vendredi un conseil de défense consacré à l'énergie, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a souligné que les stocks de gaz étaient remplis à 92% et exprimé sa confiance dans la capacité des Français à éviter des mesures contraignantes de rationnement de l'énergie.

Avant elle, la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor, avait déclaré que le groupe était "relativement serein sur la situation du gaz en France". Gazprom a interrompu jeudi ses livraisons à Engie en arguant d'impayés, ce que conteste le groupe français.

L'Union européenne dans son ensemble est censée disposer d'ici au 1er octobre de stocks de gaz représentant 80% de ses capacités. En Allemagne, le taux de remplissage atteint 84,3%, a précisé le ministère de l'Economie.

Quelques heures avant l'annonce de Gazprom, les ministres des Finances du G7 avaient annoncé s'être entendus sur la mise en place d'un plafond au prix du pétrole russe importé, afin de limiter les revenus de Moscou en raison de la guerre en Ukraine.

(Reportage Caleb Davis, Felix Light et Nina Chestney à Londres, Christoph Steitz à Francfort, version française Marc Angrand et Tangi Salaün)

reuters.com

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