Indonésie : 125 morts après un mouvement de panique dans un stade

reuters.com  |   |  573  mots
Des supporters entrent sur le terrain pendant l'emeute qui a suivi le match de football entre arema vs persebaya au stade kanjuruhan[reuters.com]
(Crédits : Stringer)

par Stanley Widianto, Stefanno Sulaiman et Yuddy Cahya Budiman

MALANG, Indonésie (Reuters) - Un total de 125 personnes ont été tuées et 323 autres blessées en Indonésie lors d'un mouvement de panique à l'issue d'un match de football, ont annoncé les autorités.

Le bilan a été révisé en baisse; les autorités avaient auparavant annoncé 174 décès.

Les supporters de l'équipe perdante ont envahi le terrain à Malang, dans l'est de Java, samedi soir pour exprimer leur colère et les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser la foule, ce qui a provoqué une bousculade et des cas d'asphyxie, a déclaré à la presse Nico Afinta, le chef de la police de la province.

"La situation est devenue anarchique. Ils ont commencé à attaquer les policiers, ils ont endommagé des voitures", a-t-il dit, ajoutant qu'une partie de la foule avait été pressée contre les grilles du stade en tentant d'en sortir.

Des images diffusées par des chaînes de télévision locales montrent des supporters envahissant le terrain du stade de Malang après la défaite 3-2 de l'Arema FC contre Persebaya Surabaya. On y voit aussi des bagarres et ce qui semble être des tirs de grenades lacrymogènes.

D'autres images montrent des personnes apparemment inconscientes évacuées par des supporters.

Le président indonésien, Joko Widodo, a ordonné l'arrêt du championnat de football de première division jusqu'à la fin de l'enquête et demandé aux autorités une évaluation des conditions de sécurité des matches, ajoutant espérer que le drame de Malang serait "la dernière tragédie du football dans le pays".

La FIFA, la Fédération internationale de football, précise dans ses recommandations sur la sécurité des compétitions que les forces de sécurité et les stadiers ne doivent porter ni arme à feu ni "gaz de contrôle des foules".

La police locale n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande sur le respect de cette règle.

Le ministre de la Sécurité, Mahfud MD, a déclaré dans un message publié sur le réseau social Instagram que le stade était rempli au-delà de sa capacité, 42.000 billets ayant été vendus alors que l'enceinte n'est pas supposée accueillir plus de 38.000 personnes.

Les matches de football en Indonésie sont régulièrement marqués par des violences, les rivalités entre clubs menant parfois à des bagarres entre supporters.

Zainudin Amali, le ministre des Sports, a déclaré à la chaîne KompasTV que son ministère allait réévaluer la sécurité des compétitions et qu'il pourrait faire jouer certains matches à huis clos.

Le drame de samedi est l'un des plus meurtriers survenus lors d'une compétition sportive depuis l'émeute et le mouvement de panique qui avaient suivi le match Pérou-Argentine à l'Estado Nacional de Lima en 1964, faisant 328 morts.

En mai 2001, 126 personnes environ avaient été tuées lors d'un mouvement de panique dans le plus grand stade d'Accra, la capitale du Ghana, après des tirs de grenades lacrymogènes par la police.

L'Indonésie doit accueillir en mai et juin prochains la Coupe du monde de football des moins de 20 ans et elle est candidate à l'organisation de la Coupe d'Asie 2023.

(Reportage Yuddy Cahya Budiman à Malang, Stefanno Sulaiman et Stanley Widianto à Jakarta et Tommy Lund à Gdansk; version française Marc Angrand)

tag.dispatch();