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Renault et Nissan confirment discuter de l'avenir de leur alliance

reuters.com

Publié le 10 octobre 2022 à 07:12 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 21:04

Photo d'archives des logos des constructeurs automobiles nissan et renault

L'Alliance Renault-Nissan est en panne depuis plusieurs années.

Valentyn Ogirenko

Le Quotidien Numérique

06 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Renault et Nissan ont confirmé lundi être engagés dans des discussions portant sur l'avenir de leur alliance et annoncé que le groupe japonais envisageait d'investir dans la future entité électrique de son partenaire français.

Dans les premiers échanges à la Bourse de Paris, l'action Renault a grimpé de plus de 6% à la perspective d'une modification de la structure de l'alliance Renault Nissan, une demande de longue date des marchés financiers pour les aider à mieux valoriser le constructeur automobile français. Le titre a terminé en hausse de 2,4%.

"Nous verrions tout rééquilibrage de la participation de 6,1 milliards d'euros de Renault dans Nissan comme un premier pas vers une meilleure allocation du capital chez Renault", commente Philippe Houchois, analyste chez Jefferies, dans une note.

Les négociations, qui vont ouvrir un nouveau chapitre dans l'histoire du partenariat franco-japonais forgé il y a plus de vingt ans, portent notamment sur la volonté de Nissan d'investir dans la nouvelle entité de Renault consacrée aux véhicules électriques, "Ampère", qui doit être détaillée le 8 novembre lors d'une journée investisseurs.

"Ces discussions comprennent : l'intérêt de Nissan d'investir dans la nouvelle entité Renault EV qui soutiendra la stratégie Renaulution de Renault et sera une des étapes stratégiques vers Nissan Ambition 2030", peut-on lire dans un communiqué commun.

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"Les entreprises continuent d'apporter des améliorations structurelles pour assurer la durabilité des opérations et de la gouvernance de l'Alliance", ajoutent les deux groupes.

OPÉRATION À 4 MILLIARDS D'EUROS

Une source au fait du dossier a dit ce week-end à Reuters que Nissan pressait son partenaire français de réduire autant que possible la participation qu'il détient dans son capital en échange de sa participation à l'entité électrique "Ampère", et qu'il pourrait envisager de lever de l'argent frais pour racheter les titres.

Nissan souhaiterait que la participation de Renault passe de 43% à 15% idéalement, ce qui correspondrait à la participation que lui-même détient chez Renault et que l'Etat français détient dans le groupe au losange, a ajouté la source.

Le ministère de l'Economie et l'Agence des participations de l'Etat ont tous deux refusé de faire un commentaire. L'Etat français a jusqu'ici validé la stratégie de Renault visant à localiser en France ses capacités en matière de véhicules électriques et hors de l'Hexagone ses activités de moteurs thermiques.

Un rééquilibrage des participations entre Renault et Nissan, également demandé de longue date par la partie japonaise, permettrait au groupe au losange de dégager des fonds pour aider à financer sa stratégie d'électrification sur le long terme. Précurseur de l'électrique avec Nissan la décennie précédente, Renault s'est vu détrôner par des nouveaux venus comme Tesla ou par les ambitions du géant allemand Volkswagen.

Si Renault et Nissan entretiennent toujours des relations très étroites en matière d'ingénierie et d'industrialisation, ils ont opté en 2020 pour une approche plus pragmatique et une spécialisation par sujet et zone géographique.

Cette optique horizontale, qui tranche avec la gestion plus centralisée des années Ghosn, s'est traduite par l'effacement de la holding RNBV et a ouvert la porte à une évolution des participations croisées qui cimentaient jusqu'ici l'édifice.

Seiji Sugiura, analyste senior chez Tokai Tokyo Research Institute, a dit ne pas s'attendre à ce que Nissan éprouve des difficultés à financer un rachat, même de cette taille.

"J'imagine que les investisseurs japonais préfèrent voir Nissan opérer comme une entreprise plus distincte, ou du moins dans un schéma avec une participation réduite", a-t-il dit. "S'ils doivent le faire, le moment opportun pourrait être venu."

Selon la source proche du dossier, ramener la participation de Renault à 15% - une opération légèrement inférieure à 4 milliards d'euros aux cours actuels - n'affecterait pas la poursuite des activités communes des deux groupes.

La source proche a également indiqué que Mitsubishi, troisième partenaire de l'alliance, envisageait lui aussi d'entrer dans la future entité électrique de Renault, via une participation à un chiffre en pourcentage. Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de Mitsubishi.

(Gilles Guillaume et Bertrand Boucey, avec Tassilo Hummel, David Dolan et Silvia Aloisi;édité par Nicolas Delame, Kate Entringer et Sophie Louet)

reuters.com

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