L'UE réclame la libre circulation des marchandises en France
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© Vincent Kessler / Reuters
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STRASBOURG (Reuters) - La Commission européenne a demandé mardi à la France de garantir la libre circulation des marchandises, entravée ces derniers jours par des actions d'agriculteurs en colère, notamment à la frontière avec l'Allemagne.
Des barrages ont encore été établis mardi matin en Moselle, quelques heures avant une réunion de ministres et de banquiers à Paris sur la mise en oeuvre du plan d'urgence annoncé la semaine dernière pour les éleveurs.
Les manifestants contrôlent les camions frigorifiques pour intercepter les produits étrangers et attirer l'attention des pouvoirs publics sur ce qui constitue selon eux des "distorsions de concurrence" entre la France et les autres pays européens.
A Bruxelles, un porte-parole de la Commission, Daniel Rosario, a déclaré à la presse que l'exécutif européen était en contact avec les autorités françaises.
"On les a priées de nous tenir informés des entraves potentielles à la libre circulation des marchandises et de nous notifier les mesures prises pour résorber les entraves", a-t-il précisé.
Les agriculeurs français protestent notamment contre les prix auxquels ils vendent leurs produits et des conditions de marché défavorables.
Selon la préfecture de Moselle, l'autoroute A31 a été entièrement bloquée dans les deux sens au niveau de la Croix de Hauconcourt, point de jonction avec l'autoroute A4, près de Metz, ainsi que le carrefour entre la Route nationale 4 et la A4, près de Phalsbourg.
Des agriculteurs ont également déversé du fumier devant l'abattoir Charal à Metz et le grossiste Metro, également dans cette agglomération, ainsi que devant des établissements de restauration rapide.
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LES AGRICULTEURS ALLEMANDS PROTESTENT
Les ministres français des Finances de l'Economie et de l'Agriculture, Michel Sapin, Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll, ont réuni en fin de matinée les représentants de banques, dont la Banque publique d'investissement (BPI), et de la médiation du crédit. Objet : la mise en oeuvre du plan d'urgence annoncé mercredi dernier.
Ce plan représente un soutien financier pouvant aller jusqu'à 1,1 milliard d'euros pour les éleveurs de bovins et de porcs et les producteurs laitiers, dont la prise en charge d'intérêts d'emprunts, la restructuration des dettes des exploitants les plus en difficulté et 500 millions d'euros de crédits bancaires garantis par la BPI.
L'annonce de ces mesures n'a pas mis fin au mouvement de protestation, qui a au contraire fait tache d'huile.
Des agriculteurs s'en sont ainsi pris lundi à des camions transportant des produits allemands et espagnols, accusés de concurrence déloyale.
Ces actions commencent à irriter les éleveurs des autres pays de l'Union européenne, dont les productions sont souvent achetées moins cher que celles de leurs homologues français.
La fédération allemande du secteur laitier, la MIV, a ainsi annoncé lundi qu'elle avait écrit à Bruxelles pour demander le soutien de la Commission européenne contre ce qu'elle considère comme des mesures anti-concurrentielles contre les produits allemands.
"On n'a pas reçu de lettre de la part des producteurs allemands", a cependant déclaré le porte-parole de la Commission.
(Gilbert Reilhac et Emmanuel Jarry, avec Mark John et Barbara Lewis à Bruxelles, édité par Sophie Louet)
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