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La chute des cours du pétrole gâche le Nouvel An russe

reuters.com

Publié le 10 janvier 2016 à 18:39 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 04:19

Le nouvel an russe gache par la chute des cours du petrole

Le nouvel an russe gache par la chute des cours du petrole

© Alexander Demianchuk / Reuter

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Sujata Rao et Jason Bush

LONDRES/MOSCOU (Reuters) - Après la parenthèse des fêtes du Nouvel An orthodoxe, les Russes retrouvent lundi une économie plombée par les cours du pétrole qui ont touché la semaine dernière leurs plus bas niveaux depuis 12 ans.

La forte dépréciation du yuan chinois a ébranlé les places boursières internationales et fait plonger le prix du pétrole Brent aux alentours de 32 dollars le baril, contre 45 début décembre, donnant corps au scénario catastrophe de Goldman Sachs d'un baril à 20 dollars.

L'effondrement du cours du baril de brut, qui valait 100 dollars à la mi-2014, a déjà lourdement pénalisé la Russie, dont les revenus du pétrole représentent la moitié du budget et 40% des exportations. Leur nouvelle chute complique la situation pour Vladimir Poutine alors que la prochaine élection présidentielle aura lieu en 2018.

Le rouble a limité sa perte à 2% la semaine dernière, du fait de l'étroitesse des volumes en raison des fêtes. Il est ainsi revenu à 75 pour un dollar, se rapprochant de son plus bas niveau touché il y a 13 mois à 80,1 pour un dollar.

A l'époque, la Russie avait défendu sa monnaie en augmentant ses taux d'intérêt de 500 points de base d'un coup, une décision qu'elle pourrait être contrainte de prendre à nouveau si le rouble s'effondrait dans les semaines à venir.

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L'inflation monterait en flèche et la récession dont le gouvernement a prédit la fin en 2016 pourrait se poursuivre.

Dans le pire des scénarios, avec un baril de pétrole aux alentours de 30 dollars, les coffres de l'Etat russe se videraient en tout juste un an.

Pour Poutine, les 100 milliards de dollars dont la Russie dispose encore dans deux fonds souverains sont "l'ultime assurance politique de parvenir (en bonne position) à l'élection", explique Christopher Granville, directeur général du cabinet de conseil en investissements Trusted Sources.

Christopher Granville relève que la prévision d'un déficit budgétaire de 3% repose sur un baril à 50 dollars, déficit que le gouvernement espérait combler en empruntant et en puisant dans le fonds de réserve national.

Mais un baril à 30 dollars signifierait un déficit de 5%, voire plus, affirme le consultant. Si cela arrive, Vladimir Poutine pourrait devoir relever les impôts en période électorale et réduire drastiquement les dépenses, ce qui aggraverait la récession.

Ou alors il devra réaliser davantage d'économies.

Emprunter sur les marchés obligataires internationaux ou lancer des privatisations sont également possibles, mais aucune de ces deux solutions n'est satisfaisante dans un contexte de marchés actions déprimés et de hausse des taux d'intérêt.

L'appétit des investisseurs pour la Russie est freiné par les sanctions occidentales imposées à Moscou pour sa politique vis-à-vis de l'Ukraine.

La Russie a déjà puisé dans ses deux fonds souverains. Ils renfermaient 130 milliards de dollars début décembre, contre 180 milliards à la mi-2014. Le gouvernement doit également trouver 1.000 milliards de roubles, soit 1,2% du PIB, pour renflouer la banque publique de développement VEB.

"Les réserves représentent désormais aux alentours de 6,5% du PIB et c'est la raison pour laquelle ils devraient être à court de liquidités au milieu de l'année prochaine - à moins que le prix du pétrole remonte", dit Christopher Granville.

"Mais faire durer ces réserves jusqu'à l'élection nécessite des coupes significatives dans les dépenses maintenant."

De nombreux Russes vont reprendre le travail pour s'apercevoir que la vie va devenir plus difficile.

Les salaires des fonctionnaires seront gelés pour la troisième année consécutive, les retraites augmenteront moins que l'inflation, les denrées étrangères et les vacances vont devenir plus chères.

DES PRÉVISIONS À REVOIR ?

Les investisseurs, qui ont fui la Russie après l'effondrement du rouble, sont progressivement revenus, encouragés par des rendements obligataires à deux chiffres, par un relatif dégel des relations avec l'Occident et par quelques signes d'amélioration de la situation économique.

La perspective d'une nouvelle baisse des taux d'intérêt, après un recul de 600 points de base en 2015, a permis au gouvernement de tabler sur une croissance économique de 0,7% en 2016 et de 1,9% l'année prochaine.

Mais ces prévisions pourraient ne plus être valables si le prix du pétrole ne remonte pas, avertit David Hauner, stratège chez Bank of America Merrill Lynch (BAML).

"Tant que les cours du pétrole chuteront, l'économie russe continuera à chuter", explique-t-il. "Nous devons savoir que si le marché est déstabilisé, les choses peuvent changer rapidement et le terrain est peu sûr en ce moment."

David Hauner reste cependant optimiste sur les obligations russes, notant que BAML table sur un baril de Brent remontant à 50 dollars dans le courant 2016.

Mais les marchés pétroliers se préparent à de nouveaux reculs, craignant notamment que l'économie chinoise soit en plus mauvais état qu'il n'y paraît.

Des investisseurs ont commencer à acheter des options qui leur donnent le droit de vendre des futures à 25 dollars, reflétant leur anticipation d'un recul du Brent sous ce niveau. Le pétrole brut de l'Oural s'échange habituellement à deux à trois dollars en dessous du cours du Brent qui est la référence du marché mondial.

Manik Narain, stratège chez UBS, est l'un des nombreux analystes qui révisent ses prévisions pour la Russie - à la fin de l'année dernière, il voyait le cours du rouble à 75 pour un dollar, en moyenne, pour 2016.

Plus les cours du pétrole chutent, plus il est compliqué d'anticiper l'évolution du rouble et de l'économie russe, dit-il en citant le risque d'un effet de panique au sein de la population et des entreprises.

(Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Véronique Tison)

reuters.com

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