La Grande-Bretagne veut étudier les "Panama papers"
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Londres veut etudier les "panama papers"
CARLOS JASSO
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Londres veut etudier les "panama papers"
CARLOS JASSO
par Kylie MacLellan
LONDRES (Reuters) - Le gouvernement britannique a demandé lundi une copie des documents sur les clients du cabinet juridique panaméen Mossack Fonseca, au coeur des révélations d'une centaine de médias du monde entier, en promettant d'agir au cas où ils révéleraient des faits d'évasion fiscale.
Ces documents, transmis par un lanceur d'alerte, révèlent selon le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) de multiples informations sur des avoirs cachés dans des paradis fiscaux par des milliers de personnes ou organisations, parmi lesquelles figurent des dirigeants politiques en exercice, des personnalités sportives et des organisations criminelles.
Parmi les noms de bénéficiaires de mécanismes d'évasion fiscale cités dans la presse britannique figurent celui du père - aujourd'hui décédé - du Premier ministre David Cameron, ainsi que ceux de plusieurs membres, anciens élus et donateurs du Parti conservateur.
En 2012, des médias britanniques avaient rapporté que le père de David Cameron dirigeait un réseau de fonds d'investissement offshore pour faire fructifier la fortune familiale. Rien ne suggère qu'il ait commis quelque chose d'illégal.
Interrogée pour savoir si des fonds de la famille Cameron étaient encore investis dans des sociétés extraterritoriales, une porte-parole du Premier ministre a répondu qu'il s'agissait "d'une question privée".
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Jennie Granger, directrice générale de l'administration des impôts et douanes britanniques, a déclaré que le gouvernement avait reçu "d'un grand nombre de sources une grande quantité d'informations sur des sociétés offshore, y compris au Panama, qui font actuellement l'objet d'une enquête approfondie".
"Nous avons demandé à l'ICIJ de partager avec nous les données qu'il s'est procurées. Nous étudierons attentivement ces données et nous agirons rapidement et de manière appropriée", a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Pour John McDonnell, porte-parole du Parti travailliste, les "Panama papers" démontrent que David Cameron n'a pas réussi à mettre fin au secret fiscal et à lutter efficacement contre les montages offshore.
Le gouvernement britannique a rappelé que depuis 2010, ce sont plus de deux milliards de livres sterling (2,84 milliards de dollars) qui ont été rapatriés dans le cadre de la lutte contre l'évasion fiscale.
Quatre-vingt-dix pays ont signé avec la Grande-Bretagne des accords d'échange automatique d'informations fiscales depuis que cette question a été placée au coeur de la présidence britannique du G8 en 2013, a précisé la porte-parole de Cameron.
La Grande-Bretagne fait pression sur ses territoires d'outre-mer et sur les dépendances de la couronne britannique, pour la plupart des paradis fiscaux, afin de créer des registres publics.
La porte-parole de David Cameron a également été interrogée pour savoir si le Premier ministre entendait légiférer pour contraindre les îles Caïman ou les îles Vierges britanniques à publier ce type d'informations.
"Le Premier ministre a clairement dit qu'il n'excluait aucune option s'ils (ces territoires) ne le faisaient pas", a-t-elle dit.
(Kylie MacLellan; Marc Angrand et Pierre Sérisier pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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