Le Parti progressiste quitte le gouvernement brésilien
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Nouveau coup dur pour dilma rousseff
© Ueslei Marcelino / Reuters
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Nouveau coup dur pour dilma rousseff
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par Anthony Boadle et Alonso Soto
BRASILIA (Reuters) - Le Parti progressiste du Brésil (PP, centre droit), a quitté mardi le gouvernement, un nouveau coup dur pour la présidente Dilma Rousseff, qui lutte pour sa survie politique.
L'annonce de la défection du PP a été faite par son président Ciro Nogueira au lendemain de la décision d'une commission parlementaire recommandant la destitution de la présidente de gauche pour manipulation des comptes publics dans le but de favoriser sa réélection en 2014.
Le PP renonce à tous les portefeuilles ministériels qu'il détient, a indiqué Ciro Nogueira aux journalistes.
Le parti, qui compte 49 représentants à la Chambre des députés, est un important allié de Dilma Rousseff et de son Parti, le Parti des travailleurs (PT, gauche.
Le chef du groupe PP à la Chambre des députés, Aguinaldo Ribeiro, a déclaré aux journalistes à Brasilia que son parti était majoritairement favorable à la destitution de la présidente.
Le mois dernier déjà, la formation du vice-président de la République Michel Temer, le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), avait quitté la coalition gouvernementale, ce qui avait considérablement fragilisé la présidente.
La Chambre des députés dans son ensemble doit maintenant se prononcer sur la destitution. Le vote est prévu dimanche.
Aidée par son mentor et prédécesseur Luiz Inacio Lula da Silva, Dilma Rousseff tente de rassembler des soutiens suffisants pour bloquer sa destitution.
COMPLOT ?
Un conseiller de Dilma Rousseff a expliqué que Lula, qui reste le politique le plus influent du Brésil bien qu'il fasse l'objet d'une enquête pour corruption, discutait avec des petits partis dont le soutien à la présidente apparaît vacillant et leur offrait des postes au gouvernement.
Les consultants spécialisés estiment à 60-65% la probabilité que la destitution soit votée par la chambre basse dimanche.
Mardi, Dilma Rousseff s'est dite victime d'un complot fomenté notamment par le vice-président Michel Temer.
"Ils conspirent désormais au grand jour pour déstabiliser une présidente légitimement élue", s'est-elle indignée, évoquant un message audio que Michel Temer a adressé lundi aux membres du PMDB dans lequel il laisse entendre que cette destitution est acquise.
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Dans son message audio, qui aurait été adressé par erreur aux membres du PMDB via les réseaux sociaux avant le vote de la commission, le vice-président prône la formation d'un gouvernement d'union nationale pour surmonter la crise politique, comme si la présidente était déjà destituée.
"Les conspirateurs ont été démasqués", a poursuivi l'intéressée, sans toutefois le citer nommément. "Ils cherchent à renverser un président élu par 54 millions d'électeurs", a ajouté Dilma Rousseff, pour qui la procédure de destitution équivaut à un coup d'Etat.
Dans un entretien diffusé sur Globo News mardi soir, Michel Temer a répondu à Dilma Rousseff en se disant prêt à assurer la présidence. "Si le destin me met dans cette position (...), je serai prêt", a-t-il dit.
Souriant et apparemment détendu, le vice-président a démenti vouloir conspirer contre la présidente. Il a dit ne pas avoir l'intention de démissionner si le Parlement vote la destitution de Dilma Rousseff.
A moins de 100 jours des Jeux olympiques d'été, le Brésil doit aussi faire face à une grave récession et à la vaste affaire de corruption autour de la compagnie pétrolière publique Petrobras.
Le ministre des Finances Nelson Barbosa a annulé un déplacement à la réunion de printemps du Fonds monétaire international à Washington pour être à Brasilia dimanche le jour du vote sur la destitution.
(Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service français)
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