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Désormais seul en course, Trump doit rassembler un parti divisé

reuters.com

Publié le 05 mai 2016 à 06:31 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:54

Donald trump desormais seul en course

Donald trump desormais seul en course

LUCAS JACKSON

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18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Steve Holland

WASHINGTON (Reuters) - Après sa victoire décisive dans l'Indiana, Donald Trump, désormais seul républicain en lice dans la course à la Maison blanche, va devoir s'atteler à reboucher les profondes fissures qu'il a largement contribué à ouvrir au sein du Grand Old Party.

Après le sénateur du Texas Ted Cruz, qui a jeté l'éponge dès les résultats connus dans l'Indiana mardi soir, John Kasich, le gouverneur de l'Ohio, a à son tour annoncé mercredi qu'il renonçait à briguer l'investiture républicaine.

A 69 ans, désormais "candidat présumé" du parti, ainsi que l'a qualifié le président du Comité national républicain Reince Priebus, le milliardaire new-yorkais s'est projeté sur l'élection présidentielle du 8 novembre.

Faisant mercredi le tour des médias américains, il a annoncé qu'il formerait un comité chargé de la sélection de celui ou celle qui sera vice-président s'il accède à la Maison blanche et que le choix serait rendu public en juillet, avant la convention républicaine de Cleveland, De même, il a laissé entendre qu'il pourrait dévoiler avant le rendez-vous de Cleveland la composition de ce que serait une administration Trump.

Sur le fond, l'homme d'affaires, qui promet de ramener sur le sol des Etats-Unis des emplois délocalisés et de renégocier les relations commerciales avec le reste du monde, à commencer par la Chine, s'est dit "ouvert" à agir sur le niveau du salaire minimum.

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Il s'est dit enfin en mesure, avec l'appui du Comité national républicain, de lever un milliard de dollars pour financer sa campagne présidentielle.

CONVAINCRE QU'IL PEUT ÊTRE ÉLU EN NOVEMBRE...

Mais pour reprendre la Maison blanche au camp démocrate, il va lui falloir commencer par réunifier et réconcilier les composantes d'un parti dont pas moins de 17 personnalités briguaient à l'origine l'investiture. Il lui faudra aussi faire oublier la virulence, parfois la violence de ses attaques contre ses rivaux et convaincre, alors qu'un sondage le donne dix points derrière Hillary Clinton, bien partie pour remporter la primaire démocrate, qu'il peut l'emporter en novembre.

Plusieurs ténors républicains ont annoncé que Trump aurait leur soutien puisque la base l'a choisi et parce que, disent-ils, il faut faire bloc contre Clinton. Sa victoire de facto n'a cependant pas déclenché la vague habituelle de ralliements qu'on observe généralement lorsqu'une primaire s'achève.

Dans son discours annonçant son retrait, Ted Cruz a longuement disserté mardi soir sur la primaire républicaine de 1976, quand Gerald Ford avait été préféré à Ronald Reagan mais s'était fait battre par le démocrate Jimmy Carter. Reagan l'avait emporté quatre ans plus tard.

George W. Bush, dernier président républicain (2001-2009) dont le frère Jeb a été submergé par la déferlante Trump, a clairement fait savoir qu'il se tiendrait à l'écart. "Le président Bush n'envisage pas de s'impliquer ou de commenter la campagne présidentielle", a dit son porte-parole, Freddy Ford.

John McCain, candidat malheureux des républicains à l'élection de 2008, a laissé à sa porte-parole, Lorna Romero, le soin d'annoncer qu'il soutiendrait "le candidat nommé par le Parti républicain, qui est à présent présumément Donald Trump". Sur son compte Twitter, le sénateur de l'Arizona n'a pas eu un mot pour lui, félicitant en revanche Cruz et Kasich pour leur campagne. L'été dernier, Trump l'avait durement attaqué, lui reprochant d'avoir été fait prisonnier durant la Guerre du Vietnam -- "Je préfère ceux qui ne se sont pas fait capturer", avait-il dit.

Nikki Haley, gouverneure républicaine de Caroline du Sud, a diffusé un communiqué dans lequel elle annonce qu'elle soutiendra le candidat républicain mais précise aussitôt que la vice-présidence "ne (l)'intéresse pas".

... ALORS QU'IL EST DEVANCÉ DE DIX POINTS DANS LES SONDAGES

Dans les rangs républicains, certains restent en effet consternés par les déclarations outrancières de Trump sur les Mexicains "violeurs" et "trafiquants de drogue", sur les femmes, sur les musulmans, sur les sans-papiers et s'inquiètent de leur impact sur l'électorat.

Le sénateur républicain Ben Sasse, élu du Nebraska, a indiqué qu'il n'était pas question pour lui de soutenir Trump. Deb Fischer, l'autre sénatrice républicaine du Nebraska, n'a pas caché son malaise: "M. Trump va devoir s'employer pour rassembler le parti", a-t-elle dit au micro du Nebraska Radio Network.

"J'ai confiance dans mes capacités à unir en grande partie (le Parti républicain)", a déclaré sur NBC le magnat de l'immobilier, qui n'a jamais exercé de fonction élective et a cultivé son image d'outsider anti-système. "Honnêtement, il y a des gens dont je ne veux vraiment pas. Mais les gens vont voter pour moi. Ils ne voteront pas pour le parti."

Parmi les partisans du Grand Old Party, la cote de Trump s'est redressée: selon un sondage Reuters-Ipsos réalisé avant la primaire de l'Indiana, 53% des électeurs républicains lui étaient acquis, plus du double de Cruz (25%).

Mais dans le cadre d'un face-à-face avec Hillary Clinton, il est devancé de dix points, une marge qui donnerait à la favorite du camp démocrate une confortable majorité parmi les grands électeurs qui seront élus Etat par Etat le 8 novembre prochain. L'écart est encore plus grand dans le cas, certes guère probable, d'un duel face à Bernie Sanders.

Donnant un avant-goût des arguments qu'elle pourrait déployer si elle sort comme attendu victorieuse de la primaire démocrate face au sénateur du Vermont, Clinton a dénoncé mercredi le comportement erratique du républicain, un "danger public", a-t-elle dit sur CNN.

Elle a lui a également reproché de ne rien dire de son programme et de ne pas avoir pris position sur d'importants sujets comme les armes nucléaires ou l'avortement. "Il fait de grandes déclarations et de grandes tirades accusatrices. Mais à un certain moment, quand on brigue la présidence, il faut mettre un peu de viande autour de l'os. Il faut dire aux gens ce qu'on va faire et comment on va le faire."

(avec Susan Cornwell, Megan Casella, Susan Heavey, Doina Chiacu et Emily Stephenson à Washington, Chris Kahn et Amy Tennery à New York et Sharon Bernstein à Sacramento; Jean-Philippe Lefief, Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

reuters.com

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