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Grévistes en baisse et négociations décisives à la SNCF

reuters.com

Publié le 06 juin 2016 à 12:26 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:48

Recul de la mobilisation a la sncf

Recul de la mobilisation a la sncf

© Charles Platiau / Reuters

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PARIS (Reuters) - Le trafic SNCF a encore été perturbé lundi par un mouvement de grève à l'appel de la CGT et Sud-Rail, au moment où direction et syndicats tentent de finaliser un accord sur l'organisation du travail dans l'entreprise publique.

Le taux de participation est en nette baisse par rapport à la semaine dernière, avec 8,5% de grévistes, au lieu de 17% mercredi dernier ou 10,5% vendredi.

Le trafic était conforme aux prévisions, a déclaré à Reuters une porte-parole de l'entreprise : six TGV sur 10 en moyenne, six TER sur 10, un Transilien sur deux, un Intercités sur trois.

Le trafic Alleo vers l'Allemagne et Eurostar (Angleterre) était normal, trois Thalys sur quatre circulaient vers le Nord de l'Europe, ainsi que trois Lyria sur quatre (Suisse), un Ellipsos sur trois (Espagne) et un SVI sur quatre (Italie).

La direction de la SNCF évalue à plus de 20 millions d'euros par jour le coût de ce mouvement. Son président, Guillaume Pepy, avançait dans le Journal du Dimanche le chiffre de "près de 300 millions" depuis le début du mouvement.

La CGT et Sud-Rail ont fait des négociations à la SNCF un élément de leur épreuve de force avec le gouvernement contre le projet de réforme du Code du travail.

Le gouvernement est intervenu directement pour diviser le front syndical à la SNCF et tenter de mettre fin à cette grève avant le coup d'envoi de l'Euro de football, le 10 juin.

Moyennant des concessions, notamment en matière de repos pour le personnel roulant, le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a ainsi obtenu que l'Unsa, deuxième syndicat de la SNCF, et la CFDT lèvent leurs préavis de grève.

ACCORD DE BRANCHE

Bien qu'en désaccord avec ces concessions, qui vont à l'encontre de sa recherche de compétitivité, la direction de l'entreprise a repris intégralement les éléments négociés par l'Etat avec la CFDT et l'Unsa dans le projet d'accord qu'elle a transmis la semaine dernière aux syndicats.

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C'est ce projet que la direction et les représentants des fédérations cheminots CGT, Unsa, CFDT et Sud-Rail ont commencé à examiner article par article lundi matin, l'objectif étant de soumettre à signature un texte définitif mardi.

A la mi-journée, les négociateurs n'en étaient qu'à l'article quatre, sur un projet qui en compte plus de 50, a précisé à Reuters le secrétaire général de la CFDT cheminots, Didier Aubert. "Sud et CGT essayent de jouer la montre."

CGT et Sud-Rail rejettent notamment l'article 49, qui permet des dérogations "au plan local" en matière d'organisation du travail, si elles sont validées par "la majorité en nombre des organisations signataires" du futur accord d'entreprise.

Ces deux organisations demandent aussi une renégociation de la convention collective négociée au niveau de la branche dans son ensemble et soumise à signature jusqu'à mercredi.

"Notre ambition n'est pas de bloquer l'Euro (...) C'est d'avoir une convention collective de haut niveau", a déclaré à RTL le secrétaire général de Sud-Rail, Eric Santinelli. "On veut empêcher (...) la généralisation de la concurrence."

Selon la CFDT, cette convention collective permet de réduire à 9% l'écart concurrentiel entre l'entreprise publique et le secteur ferroviaire privé, au lieu de plus de 30%.

"GESTE FINANCIER"

Ne pas l'appliquer serait renoncer à des avantages accordés aux salariés du privé, dont 13 jours de repos supplémentaires, cinq jours fériés compensés ou jusqu'à trois mois de salaire en indemnité de départ en retraite, souligne Didier Aubert.

Pour entrer en vigueur, l'accord d'entreprise devra être signé par des syndicats représentant au moins 30% des salariés de la SNCF, sans opposition de syndicats à 50% ou plus.

Or CGT et Sud-Rail ont recueilli 51% des suffrages exprimés aux élections professionnelles de 2015 à la SNCF. Il faudrait donc que l'une ou l'autre renonce à s'opposer au futur accord.

En tout état de cause, les participants à la séance de négociation de lundi prévoyaient qu'elle se prolongerait tard.

Une autre discussion délicate est parallèlement en cours, entre l'Etat et la direction de la SNCF sur un soutien financier pour compenser les concessions faites à la CFDT et à l'Unsa.

Une piste est un allègement de l'endettement de la SNCF, grâce à la prise en charge des intérêts ou une reprise partielle de cette dette de 50 milliards d'euros par l'Etat.

Ce "geste" pourrait aussi prendre la forme d'un soutien plus direct à son effort de modernisation et de développement, par exemple la prise en charge du financement des trains Intercités, qui coûtent 350 à 400 millions d'euros par an à la SNCF, dont l'investissement total est d'environ huit milliards par an.

(Emmanuel Jarry, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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