Hillary Clinton espère en finir avec des primaires éprouvantes
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par James Oliphant
LOS ANGELES (Reuters) - Hillary Clinton espère en finir mardi avec une éprouvante campagne des primaires et obtenir le nombre de délégués nécessaires pour décrocher cet été l'investiture du Parti démocrate à l'élection présidentielle américaine du 8 novembre.
Six Etats sont en jeu lors de ce dernier grand rendez-vous : Montana, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Nouveau-Mexique, New Jersey et surtout la Californie, sur laquelle se concentrent toutes les attentions.
A priori, l'ancienne secrétaire d'Etat devrait franchir la barre des 2.383 délégués qui lui permettront d'être investie candidate à la présidentielle lors de la convention nationale démocrate qui se tiendra du 25 au 28 juillet à Philadelphie.
Hillary Clinton n'a plus besoin que de 26 délégués pour atteindre le nombre requis (en comptant les super délégués) et cet objectif devrait être logiquement atteint puisque l'attribution de ces grands électeurs s'effectue à la proportionnelle. Une ultime primaire est prévue le 14 juin dans le District of Columbia mais les jeux seront faits à ce moment-là.
Mais si elle va enfin pouvoir pousser un soupir de soulagement, elle ne sort pas renforcée de ce processus de sélection, principalement en raison de la résistance que lui a opposée son adversaire, Bernie Sanders.
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Son équipe de campagne espère obtenir la victoire dans le New Jersey car cela lui permettrait de sceller sa désignation avant que soient connues les résultats en Californie.
Le plus peuplé et le plus puissant des Etats de l'Union est loin d'être acquis à la candidate et un succès de Bernie Sanders sur la côte Ouest n'apparaît plus comme un mirage.
Longtemps distancé dans les intentions de vote, le sénateur du Vermont a comblé son retard au cours des dernières semaines et un sondage de l'Université de Californie du Sud et du Los Angeles Times publié vendredi le crédite d'une courte avance dans les intentions de vote, avec 44% contre 43% pour sa rivale.
Un tel scénario ne remettrait pas en cause la désignation de Hillary Clinton mais constituerait une nouvelle contrariété dans une campagne qui a souvent été frustrante pour elle face à un adversaire qui s'est montré obstiné et plus coriace que prévu.
CANDIDATE AFFAIBLIE
Une victoire de Bernie Sanders en Californie aurait en outre pour effet de galvaniser ses partisans et le sénateur se présenterait en position de force lors de la convention de juillet. Cela signifierait que Hillary Clinton aurait avant tout obtenu sa désignation grâce au soutien des "super délégués", incarnation de l'appareil du parti dont le mandat est libre et qui peuvent soutenir le candidat qu'ils souhaitent.
Une défaite de Hillary Clinton en Californie serait également de mauvais augure pour l'élection de novembre. Selon un recensement des services de l'état civil, 18 millions de personnes se sont inscrites sur les listes électorales, un nombre sans précédent, dont 650.000 au cours des six dernières semaines. Trois quarts de ces nouveaux électeurs sont démocrates.
Une défaite confirmerait qu'Hillary Clinton est une candidate affaiblie comme l'affirme le candidat républicain présumé Donald Trump, jamais avare d'une pique à l'adresse de ses adversaires.
"Clinton aimerait se rendre à la convention avec le vent en poupe et effacer cette impression qu'elle ne galvanise pas les électeurs démocrates", explique Rodell Mollineau, stratège politique démocrate à Washington.
Une victoire - surtout si elle est nette et incontestable - de Bernie Sanders en Californie constituerait pour lui un formidable tremplin vers le rendez-vous de Philadelphie car elle justifierait sa stratégie jusqu'au-boutiste et la nécessité de proposer à l'électorat démocrate un discours plus ancré à gauche.
Cela lui offrirait un puissant levier pour peser sur la politique d'Hillary Clinton dans le cas où elle remporterait la présidentielle et d'influencer ses choix dans la désignation des différents membres du gouvernement.
"Le jeu auquel il joue consiste à arracher le plus de concessions possibles au parti et à l'équipe Clinton", précise Rodell Mollineau.
Malgré une campagne difficile, Hillary Clinton peut se consoler en lisant les derniers sondages nationaux dont un récent Reuters/Ipsos qui la crédite de onze points d'avance sur Donald Trump (46-35). L'écart était inférieur à quatre points il y a dix jours.
(Pierre Sérisier pour le service français)
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