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Matteo Renzi à quitte ou double après les municipales

reuters.com

Publié le 20 juin 2016 à 15:56 - Mis à jour le 20 juin 2016 à 16:00

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18 juillet 2026

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par Crispian Balmer

ROME (Reuters) - "L'Italie devrait être fière d'avoir un dirigeant comme lui", a déclaré Vladimir Poutine vendredi à Saint-Pétersbourg, avec Matteo Renzi à ses côtés.

Le résultat des élections municipales dans la Péninsule semble suggérer que les Italiens ne partagent pas la même opinion de leur président du Conseil.

Le Parti démocrate dirigé par le chef du gouvernement a perdu Rome et son bastion de Turin, battu largement par le mouvement anti-système Cinq Etoiles (M5S).

Même si la formation de centre gauche a réussi à conserver Milan, la capitale économique et financière du pays, elle a cédé le contrôle d'une dizaine de grandes villes, un score qui augure mal du résultat du référendum d'octobre sur lequel Matteo Renzi a décidé de jouer son avenir politique, promettant de quitter son poste en cas de défaite.

Le référendum porte sur un certain nombre de réformes constitutionnelles, dont la réduction des pouvoirs du Sénat, que le président du Conseil juge indispensables pour réduire l'instabilité politique en Italie.

Mais l'opposition entend personnaliser cette consultation, en le transformant en vote d'adhésion ou de rejet du chef du gouvernement. Elle y voit l'occasion rêvée de chasser du pouvoir le dirigeant de centre gauche deux ans avant la fin de son mandat.

"C'est la fin pour Renzi", prédisait récemment Renatto Brunetta, chef du groupe parlementaire de Forza Italia (centre droit) à la Chambre des députés.

A son arrivée au pouvoir en février 2014, le jeune Matteo Renzi, alors âgé de 39 ans, gagna le surnom de "Rottomatore" (démolisseur) en promettant de revitaliser un pays plongé dans la récession, paralysé par la bureaucratie et gangrené par la corruption.

Mais près de deux ans et demi plus tard, son assurance apparaît davantage comme un obstacle qu'un atout, de nombreux électeurs se plaignant de ne pas profiter des avantages de son programme de réformes dont il vante pourtant sans relâche les bénéfices. Le mécontentement se fait entendre jusqu'au sein de son propre parti.

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"Nous devons comprendre qu'imposer des choses par le haut n'apporte par les résultats désirés", a déclaré Virginio Merola, qui a conservé la mairie de Bologne dimanche, l'un des rares résultats positifs enregistrés par le PD.

"Un parti qui joue personnel ne peut pas fonctionner", a-t-il dit à des journalistes, visant implicitement le style de gouvernement de Matteo Renzi, dont les détracteurs critiquent l'arrogance, l'autoritarisme et l'égocentrisme.

"PLUTÔT LE DIABLE QUE RENZI"

Matteo Renzi n'a pas pris part à la campagne des municipales, préférant se rendre en Russie pour chercher des contrats pour les entreprises italiennes.

Dans le monde des affaires, certains apprécient son volontarisme et ses efforts pour soutenir le commerce de la Péninsule. "Il est très différent des anciens présidents du Conseil, qui avaient l'habitude d'appeler pour demander des faveurs. Lui appelle pour demander ce qu'il peut faire pour aider", témoigne un cadre dirigeant du groupe pétrolier Eni, qui souhaite rester anonyme.

Ses liens avec les grandes entreprises valent à Matteo Renzi des inimitiés au sein du Parti démocrate, notamment à l'aile gauche, où l'on estime qu'il ferait mieux de dépenser son énergie à résoudre les problèmes des classes modestes.

"Parler aux industriels et à la classe moyenne n'a pas apporté à Renzi les voix qu'il avait espérées", observe Piero Ignazi, professeur de politique comparée à l'Université de Bologne. "Il a fait des erreurs stratégiques, mais il est aussi le meilleur homme politique italien de ces 30 dernières années et il est parfaitement capable de changer en une nuit."

Après le premier tour des municipales le 5 juin, Matteo Renzi a expliqué la médiocrité des résultats du PD par les divisions internes à son parti, menaçant de prendre un "lance-flammes" pour imposer son autorité.

Car même s'il a pris le contrôle de la formation dont il est secrétaire depuis 2013, Matteo Renzi doit toujours faire face à la résistance de responsables influents comme Pierluigi Bersani ou l'ancien président du Conseil Massimo D'Alema.

"Je voterais pour le diable si cela pouvait me débarrasser de Renzi", aurait déclaré D'Alema récemment, selon le quotidien La Repubblica. L'intéressé a démenti avoir tenu ses propos, mais il a refusé de soutenir publiquement le candidat du PD à Rome.

CHASSER LA VIEILLE GARDE

"C'est un complot pour chasser Renzi qui se déroule sous nos yeux", commentait vendredi soir Francesco Poggi, électeur fidèle du PD et chauffeur de bus à la retraite, lors du meeting de conclusion de la désastreuse campagne du Parti démocrate dans la Ville éternelle. "Le parti est trop tendre avec ces gens", ajoutait-t-il, par allusion à la vieille garde. "Il faut faire le ménage."

Mais un tel coup de balai pourrait se révéler fatal pour le président du Conseil, qui a au contraire besoin de faire la paix avant le référendum d'octobre. Un sondage publié dimanche donnait 28,6% de "oui" aux réformes constitutionnelles, 27,2% de "non", et 44,2% d'indécis.

S'il remportait la consultation, Matteo Renzi aurait carte blanche pour refonder le parti selon sa volonté et éliminer toute dissidence. Mais même dans ce cas, ses problèmes ne seraient pas réglés pour autant.

Car les élections municipales ont montré que le dirigeant italien n'était pas épargné par la vague de défiance qui touche tous les partis traditionnels en Europe et favorise les "anti-système" comme le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) en Italie.

En vertu de la nouvelle loi électorale qui sera mise en oeuvre lors des prochaines législatives, et favorise le bipartisme, il paraît très probable que le second tour se résumera à un duel entre PD et M5S. Et le résultat des municipales n'est pas rassurant pour le Parti démocrate.

"Une nouvelle génération de dirigeants du M5S est sortie de nulle part et pour l'instant, Renzi ne semble pas avoir de réponse", souligne le professeur Ignazi.

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

reuters.com

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