Theresa May, une "stakhanoviste" pour négocier le Brexit
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Theresa may deja pressee par les europeens
PAUL HACKETT
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Theresa may deja pressee par les europeens
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par Kylie MacLellan
LONDRES (Reuters) - Theresa May a gagné par KO la bataille pour devenir la nouvelle Première ministre britannique mais sa réputation de "stakhanoviste" ne sera pas de trop pour négocier la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, alors que Berlin manifeste déjà son impatience.
L'ancienne ministre de l'Intérieur, âgée de 59 ans, a défendu le camp du "Remain" mais a toujours affirmé qu'il fallait respecter le résultat du référendum du 23 juin en faveur d'un "Brexit".
"Il n'y aura pas de tentatives de rester dans l'UE, pas de tentatives de la rejoindre par la porte de derrière, et pas de second référendum", a-t-elle martelé lundi dans un discours.
Theresa May répète cependant à l'envi qu'elle ne compte pas négocier dans la précipitation et qu'elle n'invoquera pas l'article 50 du traité de Lisbonne, qui déclenche officiellement la procédure de sortie, "avant la fin de l'année".
L'Allemagne semble s'en agacer. Après Angela Merkel lundi, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a demandé mardi aux Britanniques de clarifier leur position au plus vite.
Quant à la chancelière, elle a demandé à Londres de déclencher le processus de sortie dès la nomination du prochain chef du gouvernement britannique.
Theresa May a déjà annoncé qu'elle créerait un poste de secrétaire d'Etat entièrement dédié au Brexit avec à sa tête un membre du Parlement ayant fait campagne pour une sortie de l'UE.
Conserver un accès au marché commun pour les entreprises britanniques tout en restreignant la liberté de circulation est une de ses priorités, mais Angela Merkel a rappelé lundi que le Royaume-Uni ne pourrait pas garder les avantages sans ce qu'il considère comme les inconvénients de l'UE.
La chancelière ne s'attend pas à une partie de plaisir. "Ce ne sera pas facile", a-t-elle confié lundi à Meseberg, au nord de Berlin.
"JE NE FAIS PAS LA TOURNÉE DES PLATEAUX TÉLÉ"
A la table des négociations, Angela Merkel aura face à elle une femme qualifiée de "carrément difficile" par un ancien ministre conservateur, Ken Clarke.
"C'est une vraie stakhanoviste au travail (...) Elle est très organisée mais a aussi des priorités claires. Elle a une vraie vision à long terme aussi bien qu'une capacité à entrer dans les détails", a déclaré à Reuters le député conservateur Damian Green qui a travaillé avec elle.
Theresa May est entrée au Parlement en 1997, puis est devenue la première femme présidente du Parti conservateur en 2002, quand celui-ci n'était pas au pouvoir.
En tant que ministre de l'Intérieur, une fonction exercée depuis 2010, elle a été saluée par ses confrères conservateurs. Elle a notamment mis en oeuvre des réformes de la police ou pris position contre l'esclavage moderne.
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Theresa May, atteinte de diabète de type 1, se qualifie de chrétienne pratiquante. Ses collègues disent qu'elle fuit les coutumes du Parlement et passe son temps libre avec Philip, son mari depuis 36 ans.
"Je ne fais pas la tournée des plateaux de télévision. Je ne raconte pas de ragots pendant le déjeuner. Je ne sors pas pour boire dans les bars du Parlement. Je n'affiche pas souvent mes sentiments. Je me mets juste au travail que j'ai devant moi", a-t-elle dit lorsqu'elle a lancé sa campagne pour la direction du Parti conservateur.
L'ancien dirigeant du Parti, David Cameron, doit présenter sa démission à la reine Elisabeth mercredi. Theresa May entrera en fonction le même jour.
(Laura Martin pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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