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David Davis, le "charmant salaud" chargé de réaliser le Brexit

reuters.com

Publié le 14 juillet 2016 à 06:47 - Mis à jour le 14 juillet 2016 à 06:50

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par William James et Michael Holden

LONDRES (Reuters) - David Davis, député eurosceptique fervent, a été chargé mercredi par Theresa May de négocier le départ du Royaume-Uni de l'UE et de prendre la fonction spécialement créée pour l'occasion de Secrétaire d'Etat à la sortie de l'Union européenne.

David Davis devra répondre à la question clé des futures négociations : comment garder un accès au marché unique européen, tout en obtenant le droit de restreindre la liberté de circulation des salariés venus d'autres pays de l'UE ?

"Une fois que les pays européens auront réalisé que nous n'allons pas transiger sur le contrôle de nos frontières, ils vont vouloir discuter, dans leur intérêt", a déclaré David Davis lundi dans un article publié sur le site conservateur Conservative Home.

David Davis, qui est âgé de 67 ans, connaît bien les questions européennes. De 1994 à 1997, il a travaillé au Foreign Office où il était chargé des négociations avec l'Union européenne. Dans une récente interview au Yorkshire Post, il se souvient du qualificatif de "charmant salaud" dont on l'avait affublé à Bruxelles.

Le mot avait été trouvé par un ministre des Affaires étrangères portugais, qui l'avait aussi qualifié d'"as de l'obstruction constructive". A l'époque, la Grande-Bretagne cherchait à définir une ligne différente dans une Europe favorable à plus d'intégration.

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En ce qui concerne le calendrier, David Davis a annoncé que le Royaume-Uni prendrait son temps avant de déclencher l'article 50 du Traité de Lisbonne, une approche qui contraste avec la position des autres Etats européens qui ont appelé Londres à agir vite pour dissiper l'incertitude. L'article 50 prévoit une période de deux années pour négocier le départ d'un Etat membre.

Avant d'être investi à son poste mercredi, David Davis a affirmé que le gouvernement serait prêt à déclencher l'article 50 d'ici à début 2017, après consultation de l'Ecosse et autres entités qui constituent le royaume, des entreprises et des organisations syndicales.

RÉALISTES ET PRAGMATIQUES

"La stratégie de négociation doit être conçue avec soin et des consultations sérieuses doivent d'abord être faites", a-t-il dit. "Tout ce processus devrait être achevé à temps pour permettre de déclencher l'article 50 au début de l'année prochaine au plus tard", a-t-il ajouté.

Le destin de la place financière de la City londonienne sera au coeur des négociations. Francfort, mais aussi Paris, convoitent déjà des parts du secteur financier, qui pourrait être mis à mal par le divorce.

L'avantage stratégique de Londres, point d'entrée anglophone dans les marchés européens, repose sur un "passeport européen" qui permet aux banques implantées dans n'importe quel pays de l'Union européenne (UE) d'opérer dans tous les autres.

Ce laissez-passer est notamment conditionné au respect de l'ensemble des règles européennes en matière de liberté de circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services.

Lors d'un discours délivré pendant la campagne pour le Brexit, David Davis avait déclaré qu'il y aurait "presque certainement" un accord de maintien du libre-échange entre l'Union européenne et le Royaume-Uni.

"La réalité est que les hommes d'affaires réalistes et pragmatiques du continent vont tout faire pour s'assurer que le commerce avec la Grande-Bretagne se poursuit sans interruption", avait-il estimé.

Le premier référent de Londres pour emporter un bon accord doit être Berlin, et non Bruxelles, avait-il poursuivi, estimant que les groupes automobiles Audi, BMW, Mercedes et autres Volkswagen ne voudraient pas risquer le retour de barrières douanières sur leurs exportations vers le Royaume-Uni.

"Un chancelier allemand serait obligé d'éviter cela, particulièrement une année d'élections", avait-il dit. "En Europe, ce qu'un chancelier allemand veut, il l'obtient, en général."

En 2014, David Davis avait critiqué la chancelière Angela Merkel pour son manque de soutien à la Grande-Bretagne, qui s'opposait à la nomination de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne. Il avait dit qu'elle faisait pâle figure par rapport à l'ex-Première ministre conservatrice Margaret Thatcher.

"Elle n'est pas la Dame de Fer", avait-il dit, jugeant qu'Angela Merkel avait abandonné la Grande-Bretagne. "Ils sont tous comme ça, ils ne jouent que pour la politique intérieure."

(Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

reuters.com

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