Kerry réclame à Moscou des "initiatives concrètes" sur la Syrie
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John kerry a moscou
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MOSCOU (Reuters) - Vladimir Poutine a reçu jeudi le secrétaire d'Etat américain John Kerry, venu à Moscou lui proposer un renforcement de la coordination militaire en Syrie, malgré les doutes que le projet suscite à Washington.
Le Pentagone et la Maison blanche ont invité la Russie à faire la preuve de sa détermination à combattre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et à démontrer que son engagement en Syrie ne vise pas seulement à soutenir Bachar al Assad.
Le chef de la diplomatie américaine s'est lui aussi montré ferme à l'issue de son entretien avec le président russe. "Le secrétaire (d'Etat) Kerry a souligné qu'en l'absence d'initiatives concrètes à court terme, les efforts diplomatiques ne pourraient se poursuivre indéfiniment", a averti son porte-parole John Kirby.
John Kerry propose la création d'un centre où les Etats-Unis et la Russie pourraient partager leurs informations et coordonner les raids aériens contre l'EI et le Front al Nosra, aile syrienne d'Al Qaïda, ce qui n'est pas du goût de l'état-major ni des services de renseignement américains.
Le secrétaire à la Défense Ashton Carter a exprimé son soutien aux efforts du secrétaire d'Etat pour encourager Moscou "à faire ce qu'il faut" en Syrie, mais s'est également dit "très sceptique" quant aux intentions russes.
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"Si les Russes sont prêts à faire ce qu'il faut en Syrie, le secrétaire à la Défense sera ouvert à cette conversation. Mais nous attendons de voir la suite (...) Nous ignorons encore si nous parviendrons à un accord", a souligné Peter Cook, porte-parole du Pentagone. La Maison blanche a elle aussi réagi avec prudence.
"Le moment est venu pour la Russie de prendre des décisions sérieuses sur la façon d'user de son influence en Syrie, tant sur le plan diplomatique que sur celui de ses capacités militaires", a estimé Josh Earnest, lors de son point de presse quotidien.
"Ils (les Russes) doivent décider s'ils veulent utiliser des moyens militaires pour soutenir le régime d'Assad ou pour lutter contre les extrémistes. Selon nous, on ne peut pas faire les deux", a ajouté le porte-parole de la présidence.
Elizabeth Trudeau, son homologue du département d'Etat, a reconnu que les projets de John Kerry avaient donné lieu à "une conversation très vive et énergique" entre représentants des instances gouvernementales.
(David Brunnstrom, Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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