Les purges en Turquie s'étendent à d'autres secteurs
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Les purges en turquie s'etendent
UMIT BEKTAS
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Les purges en turquie s'etendent
UMIT BEKTAS
par Humeyra Pamuk et Ercan Gurses
ISTANBUL/ANKARA (Reuters) - Le pouvoir turc a promis mardi d'éradiquer le mouvement du prédicateur en exil Fethullah Gülen, tenu responsable du putsch manqué du 15 juillet, et les purges déjà lancées dans les forces armées, la police et l'appareil judiciaire se sont étendues à l'enseignement, aux renseignements et aux instances religieuses.
Les autorités ont à ce jour suspendu ou placé en détention provisoire près de 35.000 soldats, policiers, juges et fonctionnaires depuis l'échec du putsch, qui a fait au moins 232 morts et 1.400 blessés. Plus de 9.320 personnes font l'objet d'une procédure pénale pour leur lien avec le putsch, a dit à la presse le vice-Premier ministre, Numan Kurtulmus.
Mardi, les autorités ont annoncé la fermeture des médias considérés favorables à Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis, et le renvoi de 15.000 agents dépendant du ministère de l'éducation. Le Conseil supérieur de l'enseignement a d'autre part exigé des 1.577 doyens des universités du pays, publiques et privées, qu'ils renoncent à leurs fonctions.
Ont été en outre mis à pied 492 employés de la Direction des Affaires religieuses, la plus haute autorité musulmane du pays, ainsi que 257 fonctionnaires travaillant au cabinet du Premier ministre et 100 responsables des services de renseignement.
Les alliés occidentaux d'Ankara ont exprimé leur solidarité avec le gouvernement turc après l'échec du putsch mais ne cachent pas leur inquiétude face à l'ampleur et la rapidité de la réaction des autorités, qu'ils appellent à respecter les valeurs de la démocratie.
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Ancien allié politique du président Recep Tayyip Erdogan, Fethullah Gülen, qui à 75 ans et vit en exil en Pennsylvanie, nie tout rôle dans le coup de force de vendredi et a laissé entendre que le pouvoir turc avait peut-être fabriqué de toutes pièces un faux putsch pour justifier la répression.
Le Premier ministre, Binali Yildirim, a assuré que la Turquie se débarrasserait du mouvement de Gülen.
"Nous allons l'éradiquer, de sorte qu'aucune organisation terroriste clandestine n'ait le courage de trahir de nouveau notre peuple béni", a-t-il dit devant les parlementaires.
Le chef du gouvernement a annoncé qu'il adresserait sous peu aux Etats-Unis les preuves de l'implication de ce prédicateur dans la tentative de coup d'Etat et a redit que la Turquie réclamait son extradition.
DECISIONS "IMPORTANTES" MERCREDI
Binali Yildirim a accusé les Etats-Unis de tenir un double langage sur le terrorisme et rappelé que la Turquie s'était tenue au côté des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. Ankara, a dit de son côté le porte-parole d'Erdogan, prépare actuellement une demande d'extradition en bonne et due forme visant Gülen.
"Si les Etats-Unis insistent pour le garder, les gens commenceront à se dire qu'ils le protègent", a dit le porte-parole, Ibrahim Kalin. "Nous avons plus de preuves qu'il n'en faut, plus que vous pouvez en demander concernant Gülen", a déclaré le ministre de la Justice, Bekir Bozdak, devant le parlement d'Ankara. "Tous les éléments montrent que la tentative de putsch découlait de sa volonté et de ses ordres", a -t-il dit à la presse.
Binali Yildirim a indiqué que le gouvernement turc prendrait mercredi d'importances décisions visant à extirper le pays des "circonstances extraordinaires" dans lesquelles l'a plongé la tentative de putsch.
Dans un discours devant les députés de son parti, l'AKP, il a assuré d'autre part que l'Etat turc garantirait "la sécurité à 100%" à travers le pays, qui compte près de 80 millions d'habitants.
A en croire Binal Yildirim, la Turquie va respecter l'Etat de droit et ne se laissera pas emporter par l'esprit de vengeance lors du procès des putschistes. S'exprimant au côté du chef de file du principal parti de l'opposition laïque, le CHP, il a assuré que le pays devait empêcher que certains n'exploitent la situation actuelle.
"Nous avons besoin de l'unité et de fraternité", a-t-il dit.
De son côté, le parti de la droite nationaliste MHP a indiqué qu'il soutiendrait le gouvernement si celui-ci s'efforçait de rétablir la peine de mort, abolie en 2004.
En visite au Portugal mardi, le président français, François Hollande, a déclaré que la Turquie ne pouvait introduire la peine de mort dans son droit tout en espérant pouvoir rejoindre un jour l'Union européenne et il a appelé à juger les auteurs du coup d'Etat raté conformément au droit.
(avec Jean-Baptiste Vey à Lisbonne, Eric Faye pour le service français)
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