Raid israélien contre un site militaire syrien près de Hama
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BEYROUTH (Reuters) - L'aviation israélienne a bombardé tôt jeudi matin un site militaire syrien près de Massiaf, dans la province de Hama, annonce l'état-major syrien dans un communiqué qui fait état de deux soldats tués et de dégâts matériels.
Cet "acte agressif" pourrait avoir de "dangereuses répercussions pour la sécurité et la stabilité de la région", souligne l'armée syrienne.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui parle de sept victimes sans distinguer les morts des blessés, les avions israéliens visaient un centre de recherches scientifiques et une base militaire voisine où des roquettes étaient entreposées. Il précise que des Iraniens et des membres du Hezbollah libanais, alliés du régime de Bachar al Assad, ont été vus à plusieurs reprises sur ce site.
Les Etats-Unis ont imposé des sanctions aux employés de ce Centre d'études et de recherches scientifiques, chargé selon eux de la production d'armes non-conventionnelles, notamment chimiques, ce que Damas dément.
Un porte-parole de l'armée israélienne s'est refusé à tout commentaire.
"L'installation de Massiaf produit aussi des armes chimiques et des barils d'explosif qui ont tué des milliers de civils syriens", assure Amos Yadlin, ancien chef des services de renseignement militaires israéliens, sur Twitter.
Un ex-général israélien, Yaakov Amidror, qui fut aussi conseiller à la sécurité nationale, a établi un lien entre cette frappe et le récent déplacement effectué à Damas par Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah. "Des systèmes d'armement ont été transférés entre ce centre et le Hezbollah pendant toutes ces années", a-t-il dit à la presse.
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Toute livraison d'armes sophistiquées ou non-conventionnelles au Hezbollah est une ligne rouge pour l'Etat hébreu, qui a livré une courte guerre au mouvement chiite libanais à l'été 2006.
Dans un entretien accordé le mois dernier à Haaretz pour son départ à la retraite, Amir Eshel, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air israélienne, avait annoncé qu'une centaine de convois d'armements du Hezbollah et de l'armée syrienne avaient été pris pour cibles au cours des cinq dernières années par Tsahal.
Les raids de jeudi coïncident avec le dixième anniversaire de ceux, également menés par l'aviation israélienne, qui ont entraîné la destruction du réacteur nucléaire syrien d'Al Kibar. La veille, une commission d'enquête de l'Onu avait imputé aux forces syriennes le bombardement au gaz sarin qui a coûté la vie en avril à plus de 80 civils à Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib.
(Angus McDowall avec Jeffrey Heller et Mayaan Lubell à Jérusalem; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)
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