La tuerie de Las Vegas relance le débat sur le contrôle des armes
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La tuerie de las vegas relance le debat sur le controle des armes
LUCY NICHOLSON
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La tuerie de las vegas relance le debat sur le controle des armes
LUCY NICHOLSON
par Susan Cornwell et Richard Cowan
WASHINGTON (Reuters) - La tuerie de Las Vegas a relancé un débat désormais rituel au sein de la classe politique américaine, divisée sur la question du contrôle des armes après chaque nouvelle fusillade de masse.
La fusillade, commise par un homme de 64 ans lourdement armé depuis une chambre d'un hôtel de la ville, a fait 59 morts et au moins 527 blessés. Elle est à ce titre la plus meurtrière de l'histoire moderne des Etats-Unis.
Les démocrates ont renouvelé lundi leurs appels à un durcissement de la réglementation sur les armes à feu tandis que les républicains ont fait voeu de prière, sans indiquer de soutien à un changement de la loi.
"Le pays tout entier est uni dans notre choc, dans nos condoléances et nos prières", a déclaré le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan. Le "leader" républicain du Sénat, Mitch McConnell, a présidé à un moment de silence dans la chambre haute et appelé à une période de deuil national et de prière.
Les démocrates ont élevé la voix.
"Les pensées et les prières ne suffisent PAS", a déclaré la sénatrice démocrate Elizabeth Warren dans un tweet lundi matin. "De nouveaux pères et mères vont enterrer leurs enfants cette semaine, et de nouveaux fils et filles vont grandir sans leurs parents", a-t-elle ajouté.
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Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut, où une fusillade a tué 20 écoliers et six adultes en 2012, a renchéri dans un communiqué émaillé de jurons : "Il est temps que le Congrès se bouge ("get off its ass") et fasse quelque chose."
Il a assuré qu'un projet de loi introduisant de nouveaux contrôles sur l'achat d'armes serait présenté. Nancy Pelosi, chef de file de la minorité démocrate des représentants, a appelé Paul Ryan à constituer une commission sur les violences commises par armes à feu.
"Le Congrès a le devoir moral de régler cette épidémie horrible et désolante", a déclaré Pelosi.
UN DÉBAT "PRÉMATURÉ" POUR LA MAISON BLANCHE
Après avoir estimé qu'il était "prématuré" de discuter d'une politique de contrôle des armes à feu, la porte-parole de la Maison blanche Sarah Sanders a admis la possibilité d'aborder le sujet.
"Je pense que c'est quelque chose dont nous pourrons parler dans les prochains jours, et nous verrons comment cela se présente à mesure que nous avançons", a-t-elle dit. L'administration Trump ne voudrait pas créer des lois qui échouent à "empêcher ce genre de choses de se produire", a-t-elle noté.
Les deux sénateurs de l'Etat du Nevada, le républicain Dean Heller et la démocrate Catherine Cortez Masto, n'ont ni l'un ni l'autre évoqué la législation sur les armes dans leurs condoléances aux victimes diffusées lundi.
Le droit de possession d'armes est garanti par le deuxième amendement de la Constitution américaine, une disposition défendue avec vigueur par Donald Trump lors de sa campagne électorale.
La loi américaine interdit toutefois aux civils depuis 1986 les armes automatiques possiblement utilisées par l'agresseur de Las Vegas pour faire feu sur la foule pendant de longues minutes.
Selon un responsable policier américain contacté par Reuters, les autorités estiment que Stephen Paddock possédait au moins deux armes capables de tirer des projectiles par rafales. Il a pu s'agir d'armes automatiques ou d'armes semi-automatiques altérées.
"RENONCEMENT MORAL"
"A tous les opportunistes politiques qui tentent de profiter de la tragédie de Las Vegas pour avoir plus de régulation des armes à feu... on ne peut pas réguler le mal", a écrit le sénateur républicain du Kentucky, Matt Bevin, sur Twitter.
A la chambre des représentants, les démocrates ont écrit lundi à Paul Ryan pour demander la suspension de l'examen d'un projet de loi facilitant l'achat de silencieux.
Au Sénat, les démocrates ont monopolisé la parole lundi soir pour défendre la nécessité de nouveaux contrôles après la tuerie.
Le lieutenant-gouverneur de Californie, Gavin Newson, a suggéré une action locale à défaut d'initiative fédérale.
"Nous sommes navrés de ne pouvoir adopter des lois de raison sur les armes dans notre pays", a-t-il déclaré. "Si la direction républicaine du Congrès et ce président persistent dans leur renoncement moral et intellectuel, la Californie devra continuer à dessiner une voix rationnelle."
Les électeurs californiens ont adopté en novembre dernier une interdiction sur la possession de chargeurs de plus de dix balles.
Comme après d'autres fusillade de masse, la tuerie de Las Vegas a fait anticiper une hausse des ventes d'armes, sur fond de craintes des amateurs d'armes. Les actions des fabricants d'armes ont progressé lundi sur les marchés américains.
(Susan Cornwell et Richard Cowan avec Steve Holland, Pierre Sérisier et Julie Carriat pour le service français)
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