"Compromis" trouvé sur le canal Seine-Nord, selon Darmanin
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"compromis" trouve sur le canal seine-nord, selon darmanin
PHILIPPE WOJAZER
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"compromis" trouve sur le canal seine-nord, selon darmanin
PHILIPPE WOJAZER
PARIS (Reuters) - L'Etat et les collectivités locales ont trouvé un compromis sur le financement du projet de canal à grand gabarit Seine-Nord Europe, déclare le ministre des Comptes publics dans un entretien publié mardi par Le Courrier picard.
Gérald Darmanin précise cependant que des "détails" restent à régler, notamment concernant l'assiette de la taxe censée alimenter le milliard d'euros que l'Etat s'est engagé à apporter dans le cadre du montage financier.
"Nous avons trouvé un compromis", dit-il. "Les trois grandes problématiques (la gouvernance, le financement et l'emprunt-NDLR) qui empêchaient le canal de se faire sont donc levées même s'il y a encore quelques détails à régler."
Le volet financier de ce chantier, dont le coût est estimé à 4,5 milliards d'euros, est au coeur d'intenses tractations entre l'Etat et les collectivités locales depuis qu'Emmanuel Macron a annoncé, au début de l'été, un gel des grands projets d'infrastructures.
Pour débloquer le dossier dont elles attendent des retombées économiques, les collectivités se sont engagées à avancer l'argent pour les deux premières années de travaux et à se porter garantes d'un emprunt de 776 millions d'euros.
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"En échange, l'Etat confirme le principe du financement d'un montant d'un milliard d'euros. Comme pour le fonctionnement de la société du Grand Paris duquel la région voulait se rapprocher, il ne s'agira pas de crédits budgétaires, mais de taxes affectées", précise Gérald Darmanin.
"La taxe poids lourds n'est pas la seule solution. Dans le rapport (parlementaire) Pauvros, plusieurs pistes étaient évoquées, inspirées des taxations existantes comme par exemple la taxe sur l'immobilier de bureaux qui existe dans le cadre de la société du Grand Paris", ajoute-t-il.
ENGAGEMENTS "CLAIRS ET PRÉCIS"
Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a pour sa part écrit une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour l'exhorter à prendre des engagements "clairs et précis" lors de sa venue dans la Somme, mardi.
A l'issue d'une visite sur le site de Whirlpool, le chef de l'Etat n'a pas dit clairement si le canal long de 107 kilomètres verrait bien le jour.
"La décision qui a été prise est la bonne", a-t-il déclaré. "C'est celle qui permet de manière crédible et soutenable entre l'ensemble des collectivités publiques de donner une visibilité à ce projet et d'avancer sachant que nous avons jusqu'à mars 2018 pour finaliser tous les détails."
Selon le gouvernement, mars 2018 correspond à une date butoir fixée par l'Union européenne, elle aussi contributrice.
A l'origine, le protocole financier conclu à l'automne 2016 prévoyait des enveloppes de 1,8 milliard d'euros de l'UE, dont 980 millions sur la période 2015-2020, d'un milliard d'euros de l'Etat sous forme de subventions et d'un milliard d'euros des collectivités territoriales, dont plus de 302 millions pour la région Hauts-de-France.
Mais Emmanuel Macron a annoncé le 1er juillet une pause dans les projets d'infrastructures, en arguant d'un écart de 10 milliards d'euros entre le coût des chantiers à financer par l'Etat et les ressources disponibles sur le quinquennat.
Cette annonce a de facto mis en suspens le projet de canal Seine-Nord Europe, en gestation depuis des années, qui doit permettre de relier le bassin de la Seine aux 20.000 km du réseau fluvial nord européen, à partir du Havre et via l'Oise.
Selon l'opérateur public VNF (Voies navigables de France), le chantier du canal représenterait 10.000 à 12.000 emplois annuels pour une durée de cinq ans. L'ouvrage pourrait générer jusqu'à 50.000 emplois pérennes, à l'horizon 2050, liés aux activités logistiques et à son exploitation.
(Simon Carraud, édité par Yann Le Guernigou et Sophie Louet)
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