Métros, trafic routier perturbés par la grève en Catalogne
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Metros et trafic routier perturbes par la greve en catalogne
SUSANA VERA
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Metros et trafic routier perturbes par la greve en catalogne
SUSANA VERA
par Sam Edwards
BARCELONE (Reuters) - Des dizaines de milliers de personnes ont défilé mardi dans les rues des villes de Catalogne, où une grève générale avait été décrétée par les indépendantistes pour dénoncer les violences policières lors du référendum d'autodétermination dimanche.
Alors que la crise entre les autorités régionales catalanes et Madrid ne cesse de s'envenimer malgré les appels au dialogue, le roi Felipe a fustigé l'attitude "irresponsable" des dirigeants catalans, accusés d'avoir fractionné la société catalane.
Le président de l'exécutif catalan, Carles Puigdemont, a estimé au soir du référendum que ses compatriotes avaient "gagné le droit" à l'indépendance, faisant peser la menace d'une crise encore plus grave.
Il a un légèrement modéré son propos en réclamant une médiation internationale pour sortir de l'impasse politique, main tendue restée sans réponse jusqu'à présent. [nL8N1MD3KC]
Les sondages réalisés avant la consultation, dont Madrid a tout fait pour empêcher la tenue, laissaient entendre que les indépendantistes étaient minoritaires en Catalogne mais les violences policières pendant le scrutin ont galvanisé les nationalistes.
Mardi, les Catalans ont massivement répondu à l'appel à la grève générale, quand bien même les deux principales centrales syndicales espagnoles, l'UGT (Union générale des travailleurs) et les CCOO (Commissions ouvrières), avaient refusé de soutenir ce mouvement.
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A Barcelone, les stations de métro de Barcelone ont fermé leurs portes, des axes routiers ont été bloqués et de nombreux fonctionnaires catalans ont cessé le travail.
Si la grève a eu un effet variable sur les commerces, les supermarchés et les cafés de la capitale provinciale, la plupart des services contrôlés par l'exécutif catalan ont été perturbés. Les transports publics n'étaient assurés qu'à 40% environ selon les médias. Les ouvriers du port de Barcelone ont également débrayé.
LA CATALOGNE EST UNE "NATION"
Les entrées de plusieurs bâtiments publics ont été bloquées par des groupes de partisans de l'indépendance et des piquets de grève ont arrêté la circulation sur la Gran Via de Barcelone et sur d'autres grands axes routiers de la région.
Dimanche, le gouvernement de Madrid avait déployé d'importantes forces de police en Catalogne pour tenter d'empêcher la tenue du référendum sur l'indépendance de la région, et les affrontements ont fait près de 900 blessés.
Selon le gouvernement catalan, environ 2,26 millions de Catalans ont voté lors du référendum, soit une participation de près de 42,3%, et 90% d'entre eux se sont prononcés en faveur de l'indépendance.
Le référendum, boycotté par la majorité des adversaires de l'indépendance, a plongé l'Espagne dans sa plus grave crise institutionnelle depuis plusieurs décennies.
Les indépendantistes font valoir que la Catalogne, qui possède sa langue et sa culture, est une "nation" et non une "nationalité" comme l'affirme la Constitution espagnole de 1978. Ces éléments justifient selon eux qu'ils disposent de leur propre Etat.
Ils estiment également que la Catalogne, région espagnole la plus prospère - environ 20% du PIB du pays -, verse une contribution financière trop élevée à l'Espagne et que son économie serait donc plus vaillante si elle était indépendante.
MADRID ACCUSE LES CATALANS DE "PIÉTINER LA LOI"
A Barcelone, la capitale de la région, une foule de manifestants s'est rassemblée mardi devant le siège local du Parti populaire (PP), au pouvoir à Madrid. Des sapeurs-pompiers catalans, avec leurs vestes orange et leurs casques jaunes, qui ont joué un rôle de médiateurs dimanche entre la police et les manifestants, étaient encore présents entre la foule et les forces de sécurité.
"Ce qui s'est passé le 1er octobre a renforcé encore le sentiment indépendantiste", a déclaré une étudiante de 18 ans, Monica Ventinc.
A El Masnou, près de Barcelone, des manifestants ont bloqué le principal axe routier avec un camion et déployé une banderole proclamant "Personne ne fait marche arrière".
"Aujourd'hui, c'est un jour de protestation démocratique et civique, dans la dignité. Ne cédez pas aux provocations. Le monde entier a pu voir que nous étions des gens pacifiques", a déclaré Carles Puigdemont sur Twitter.
A Vic, une ville de 40.000 habitants, bastion des indépendantistes pavoisé de drapeaux catalans, tous les magasins, bars et cafés sont restés fermés.
La démonstration de force des indépendantistes n'a semble-t-il pas impressionné les autorités de Madrid, qui ont une nouvelle fois dénoncé l'attitude de l'exécutif catalan.
"Je vois que le président Puigdemont a rempli les rues de ses partisans pour empêcher les gens d'obéir à la loi et de respecter la justice", a déclaré la vice-président du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria.
"Nous sommes là pour défendre les droits et les libertés de tous les Espagnols qui ont été piétinés par le gouvernement régional", a-t-elle martelé.
(Avec Angus Berwick à Vic, Robert Hetz et Sonya Dowsett à Madrid; Jean-Stéphane Brosse, Guy Kerivel, Tangi Salaün et Nicolas Delame pour le service français)
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