La Chine met en garde Washington contre de nouvelles taxes
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par Martin Quin Pollard et Michael Martina
PÉKIN (Reuters) - La Chine a averti les Etats-Unis que tout accord conclu entre les deux pays sur le commerce et les échanges serait nul et non avenu en cas de mise en oeuvre par Washington de nouveaux droits de douane et autres mesures de restriction, dimanche à l'issue de discussions sino-américaines à Pékin.
Au terme d'entretiens entre le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross et le vice-Premier ministre chinois Liu He, l'agence Chine nouvelle a diffusé un court communiqué dans lequel il n'est fait mention d'aucun nouvel accord bilatéral.
Le texte se borne à rappeler l'engagement pris par Pékin, le mois dernier à Washington, d'augmenter de façon significative ses achats de biens et services américains.
"Les deux parties ont eu de bons échanges concernant la mise en oeuvre du consensus de Washington et dans de nombreux domaines comme l'agriculture et l'énergie, elles ont obtenu des progrès positifs et concrets", dit le communiqué, ajoutant que les détails devront faire l'objet d'une "confirmation définitive".
Les Etats-Unis et la Chine négocient tout en se menaçant mutuellement, à l'initiative de Donald Trump, de droits de douane sur 150 milliards de dollars de marchandises.
L'agence Chine nouvelle assure que la Chine a toujours été cohérente dans son approche, en souhaitant accroître ses importations en provenance de nombreux pays dont les Etats-Unis.
"La réforme, l'ouverture et l'expansion de la demande intérieure sont des stratégies nationales. Notre rythme établi ne changera pas", poursuit le communiqué.
"Si les Etats-Unis instaurent des sanctions commerciales, notamment des barrières tarifaires, tous les accords économiques et commerciaux négociés par les deux parties seront nuls et non avenus", avertit encore Pékin.
CONSENSUS DE WASHINGTON
Le mois dernier à Washington, les deux pays avaient semble-t-li conclu une trêve mais la Maison blanche a annoncé mardi dernier qu'elle imposerait à la mi-juin de nouvelles taxes sur 50 milliards de dollars de produits chinois importés ainsi que de nouvelles restrictions aux investissements chinois aux Etats-Unis.
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Wilbur Ross est arrivé samedi à Pékin pour des discussions visant à aplanir les divergences commerciales entre les deux plus importantes économies de la planète.
"Nos discussions ont été amicales et franches et elles ont couvert un certain nombre de sujets liés aux exportations", a déclaré Wilbur Ross.
Liu He, qui est un économiste formé à Harvard et un proche du président Xi Jinping, n'a fait aucun commentaire.
Ces discussions se déroulent alors que les Etats-Unis ont décidé d'instaurer des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium chinois, mais également européen, mexicain ou encore canadien.
L'administration Trump affirme que cette mesure répond à une promesse de campagne du président américain de défendre l'emploi aux Etats-Unis. Elle avance aussi des arguments de sécurité nationale en affirmant que les Etats-Unis doivent fabriquer leurs chars et leurs navires avec de l'acier américain.
La Chine ne représente que 2% des importations américaines d'acier mais l'essor massif de son secteur sidérurgique a provoqué une surabondance de l'offre mondiale et une baisse des cours.
Les tensions commerciales n'ont cessé de croître entre les Etats-Unis et la Chine depuis l'arrivée au pouvoir à Washington, début 2017, de Donald Trump, qui martèle sa volonté de s'attaquer aux déficits commerciaux américains en dénonçant les accords de libre-échange.
Wilbur Ross a été chargé par la présidence américaine d'obtenir de la Chine qu'elle s'engage plus fermement à acquérir des matières premières et agricoles américaines afin de réduire le déficit commercial américain évalué à 375 milliards de dollars (320 milliards d'euros).
Il doit aussi obtenir de Pékin des mesures pour renforcer la protection de la propriété intellectuelle et la fin des programmes de subventions qui selon Washington, faussent la concurrence et contribuent à la surproduction d'acier et d'aluminium.
"Il ne s'agit pas seulement d'acheter plus de marchandises, il s'agit de changements structurels", a déclaré le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin lors d'une réunion des ministres des Finances du G7 samedi soir au Canada.
(Ben Blanchard, Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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