Syrie: La population d'Idlib se prépare à la bataille
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Syrie: la population d'idlib se prepare a la bataille
Khalil Ashawi
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Syrie: la population d'idlib se prepare a la bataille
Khalil Ashawi
IDLIB, Syrie (Reuters) - La population d'Idlib, dernier grand bastion des insurgés dans le nord-ouest de la Syrie, se prépare à l'offensive des troupes gouvernementales et de leurs alliés.
Beaucoup de civils espèrent toutefois que le sommet vendredi à Téhéran entre les présidents russe, turc et iranien permettra d'éviter cette attaque annoncée depuis plusieurs semaines.
Si Russes et Iraniens ont souligné la nécessité de "liquider ce nid de terroristes", le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui craint un nouvel afflux massif de réfugiés dans son pays, a mis en garde, tout comme les institutions internationales, contre un "massacre" et une "catastrophe humanitaire".
Dans la région d'Idlib, la population stocke des provisions et creuse des abris en prévision de l'attaque attendue.
Les Etats-Unis ont affirmé qu'ils réagiraient à toute utilisation d'armes chimiques par les forces du président Bachar al Assad. Le gouvernement de Damas a répondu qu'il ne possédait pas de telles armes et que de toute façon il n'en avait pas besoin pour libérer l'intégralité du territoire syrien.
Les Russes, pour leur part, pensent que les rebelles se préparent à monter une attaque chimique pour en accuser ensuite les gouvernementaux et provoquer une intervention des Américains.
En attendant, les civils d'Idlib confectionnent des masques à gaz improvisés, avec des gobelets en papier remplis de coton et de charbon de bois.
"NOUS NOUS BATTRONS JUSQU'AU DERNIER"
"Nous nous préparons du mieux que nous pouvons. Nous faisons de petits masques à gaz, évidemment bien primitifs, pour nos enfants en cas d'attaque chimique", explique Houdhaïfa al Chahad, un homme de 20 ans interrogé dans un village au sud de la ville d'Idlib, où il vit dans une maison avec sa femme enceinte, trois enfants et une quinzaine d'autres personnes.
Son frère, Ahmed Abdoulkarim al Chahad, 35 ans, montre l'abri creusé dans le jardin planté de vigne, qui pendant les alertes sert de refuge à la famille depuis 2012.
"Les préparatifs militaires battent leur plein. Les civils, eux, préparent les abris souterrains", dit-il en montrant des bocaux de légumes marinés alignés le long des parois de l'abri.
"Partir vers la frontière turque ? Je ne crois pas que nous abandonnerons nos maisons. Après Idlib, pour nous, il n'y a plus rien... Nous nous battrons jusqu'au dernier."
Environ trois millions de personnes vivent dans l'enclave rebelle qui englobe la majeure partie de la province d'Idlib et de petites portions des provinces de Lattaquié, de Hama et d'Alep.
La moitié des habitants sont eux-mêmes des réfugiés qui ont fui les combats ou des rebelles qui ont gagné avec leurs proches la région à la suite d'accords d'évacuation conclus ces derniers mois avec le gouvernement dans d'autres secteurs du pays.
Certains veulent croire que la bataille pourra être évitée.
"Je ne crois pas que la province d'Idlib sera attaquée, c'est une guerre médiatique", déclare Djaafar Abou Ahmad, un homme de 50 ans qui vit près de la ville de Maarat al Nouaman. "Les grandes puissances se sont déjà mises d'accord sur notre dos et ont divisé le pays", ajoute-t-il.
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PLUS DE 20.000 COMBATTANTS
Mais après sept années de guerre, il prend quand même ses précautions. Sa famille agrandit elle aussi un abri où elle stocke des vivres.
"Nous creusons sans arrêt la terre depuis deux mois, moi, ma femme et mes enfants", dit-il.
Des responsables locaux ont demandé la protection de la Turquie.
"Pour nous, dans les zones libérées, notre seul appui dans les négociations, ce sont nos frères turcs", explique Ahmad Chtaam al Rachou, à la tête du conseil municipal du village de Machourine.
Les Turcs ont établi des postes d'observation le long des lignes de front entre les rebelles et les forces gouvernementales. Pour Rachou, c'est bien un signe que la Turquie est prête à protéger les habitants d'Idlib, si jamais les espoirs placés dans le sommet de Téhéran sont démentis.
La principale force combattante à Idlib est Tahrir al Cham, une alliance djihadiste dominée par l'ancienne branche syrienne d'Al Qaïda, le Front Al Nosra.
Mardi, le chef d'état-major interarmes américain, le général Joseph Dunford, a estimé qu'il y avait entre 20.000 et 30.000 djihadistes sur place.
(Khalil Ashawi; Guy Kerivel pour le service français)
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