Chemnitz: Désinformation à propos de la "chasse aux migrants" ?
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Chemnitz: desinformation a propos des "chasses aux migrants"?
Axel Schmidt
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Chemnitz: desinformation a propos des "chasses aux migrants"?
Axel Schmidt
par Michelle Martin et Paul Carrel
BERLIN (Reuters) - Contrairement à Angela Merkel, le chef du service de renseignement intérieur allemand n'est pas convaincu de la réalité d'une "chasse aux migrants" rapportée par certains médias à Chemnitz, après le meurtre d'un Allemand imputé à des immigrés dans cette ville de Saxe, dans l'est de l'Allemagne.
Hans-Georg Maassen, qui dirige l'Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), va même jusqu'à évoquer une "désinformation ciblée" à propos d'une vidéo diffusée sur internet pour appuyer la thèse de telles "chasses à l'homme".
Le ministre-président du Land de Saxe, le conservateur Michael Kretschmer, a également démenti que des immigrés aient été ainsi pourchassés à Chemnitz, alors que cela ne fait guère de doute pour Angela Merkel qui a dénoncé le déferlement de "la haine" et "la persécution de personnes innocentes".
La décision de la chancelière en 2015 d'accueillir un million de migrants sur le territoire allemand a notamment provoqué la montée du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui a fait une entrée fracassante au Bundestag en septembre dernier.
"Je partage le scepticisme de certains à propos des allégations des médias faisant état d'extrémistes de droite menant des chasses à l'homme à Chemnitz", déclare Hans-Georg Maassen au quotidien Bild de vendredi.
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"Le service de renseignement intérieur n'a recueilli aucune information fiable sur de tels événements", ajoute-t-il.
A propos d'une vidéo qui circule sur internet, il ajoute que rien ne vient appuyer son authenticité. "En me fondant sur une approche prudente des faits, il y a de bonnes raisons de croire que tout cela relève d'une désinformation intentionnelle, peut-être pour détourner l'attention du public du meurtre de Chemnitz", souligne-t-il.
APPELS À LA DÉMISSION DE MAASSEN
Le ministre fédéral de l'Intérieur Horst Seehofer, dirigeant de l'Union chrétienne-sociale (CSU), a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il n'avait aucune raison de mettre en doute les déclarations de Maassen.
Jeudi, il a déclaré que s'il n'avait pas été au gouvernement, il aurait lui aussi manifesté à Chemnitz pour dénoncer le meurtre du 26 août, "mais pas avec les extrémistes".
Rolland Wöller, ministre de l'Intérieur de la Saxe, a également apporté son soutien au patron du BfV. "Le procureur général de Saxe n'a pas non plus d'informations sur de prétendues chasses à l'homme", a-t-il dit.
Un syndicat de journalistes allemands, pour sa part, a demandé à Maassen de retirer ses propos ou de démissionner , affirmant avoir des preuves de tels débordements commis dans la ville saxonne.
Katrin Göring-Eckardt, qui dirige le groupe des Verts au Bundestag, a aussi demandé le départ de Maassen, lui reprochant d'insister sur la vidéo peut-être litigieuse mais de passer sous silence que certains manifestants de Chemnitz avaient fait le salut nazi.
Pour elle, ni Maassen ni Seehofer ne doivent rester à leurs postes.
Katja Kipping, du parti d'extrême gauche Die Linke, a aussi demandé le départ de Maassen.
Thomas Oppermann, un responsable du Parti social-démocrate (SPD) qui fait partie de la "grande coalition" au pouvoir à Berlin, a reproché à Maassen, par ses propos, de "semer la confusion".
(Avec Thomas Seythal; Guy Kerivel pour le service français)
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