Peines de mort pour des manifestants pro-Frères musulmans
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par Haitham Ahmed et John Davison
LE CAIRE (Reuters) - Soixante-quinze personnes, dont plusieurs dirigeants islamistes, ont été condamnés samedi à la peine capitale pour avoir participé en 2013 à un rassemblement de soutien aux Frères musulmans qui s'était achevé dans un bain de sang, a-t-on appris de sources judiciaires.
Plus de six cents autres personnes ont été condamnées à des peines de prison dont certaines à perpétuité dans un procès visant quelque 700 prévenus accusés de meurtre et d'incitation à la violence pour leur participation à une manifestation des Frères musulmans sur la place Rabaa Adaouia au Caire.
Les sentences ont été prononcées par une cour d'assises installée dans le vaste complexe pénitentiaire de Tora au sud du Caire. Les exécutions doivent avoir lieu par pendaison.
Le gouvernement soutenait que les manifestants étaient armés et que huit membres des forces de sécurité avaient été tués. Dans un premier temps, les autorités avaient parlé de 40 tués.
Parmi les condamnés à mort, figurent des hauts responsables des Frères musulmans, Essam al Erian et Mohamed Beltagi notamment, ainsi que le prédicateur islamiste Safouat Higazi, ont dit les sources.
Mohamed Badie, chef spirituel de la confrérie, est lui aussi condamné à la peine capitale tandis que d'autres ont reçu des peines de cinq à quinze ans de prison.
Un célèbre photographe, Mahmoud Abou Zeid, qui couvrait les manifestations de 2013, a écopé de cinq années de prison mais devrait être remis en liberté ayant purgé sa peine de manière préventive.
Abou Zeid, également connu sous le nom de Shaoukan, a obtenu cette année le prix de la liberté de la presse décerné par l'Onu. Il était inculpé d'appartenance à un groupe interdit et de détention d'armes à feu.
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"Nous condamnons le jugement d'aujourd'hui dans les termes les plus fermes", a déclaré Amnesty International dans un communiqué. "Le fait que pas un seul policier n'ait eu à rendre compte de ses actes prouve que ce procès est une parodie de justice", poursuit l'ONG.
Les organisations de défense des droits affirment que plus de 800 manifestants ont péri dans la plus sanglante des opérations de répression menée à ce moment-là.
(Haitham Ahmed, Nicolas Delame pour le service français)
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