Au Rwanda, Kagamé libère une figure de l'opposition
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Au rwanda, kagame libere une figure de l'opposition
Francois Lenoir
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Au rwanda, kagame libere une figure de l'opposition
Francois Lenoir
KIGALI (Reuters) - L'opposante rwandaise Victoire Ingabiré, condamnée à quinze ans d'emprisonnement en 2012, a été graciée par le président Paul Kagamé, a annoncé samedi le ministère de la Justice.
Sortie de prison à la mi-journée, elle a dit voir un signal positif dans sa libération, qui intervient quelques jours après l'élection de deux députés d'opposition au Parlement - les premiers dans le pays.
"Il y a de l'espoir pour une ouverture de l'espace politique", a déclaré l'opposante à la presse. "Je vais aussi demander la libération des autres prisonniers politiques qui restent ici."
Plus de 2.000 autres détenus ont bénéficié de la mesure de clémence, parmi lesquels le chanteur Kizito Mihigo, emprisonné en 2015 pour un projet d'assassinat du chef de l'Etat, a dit le ministère dans un communiqué.
Victoire Ingabiré a été condamnée en 2012 pour conspiration en vue de former un groupe armé anti-gouvernemental.
Elle était revenue d'exil aux Pays-Bas deux ans plus tôt pour se présenter comme candidate à l'élection présidentielle de janvier 2010, mais elle avait été empêchée de se présenter, les autorités l'accusant de nier le génocide de 1994.
Réélu pour un troisième mandat en août 2017, Paul Kagamé est l'homme fort du Rwanda depuis juillet 1994 et le renversement par son mouvement, le Front patriotique rwandais (FPR), du gouvernement hutu ayant déclenché ce génocide qui a fait 800.000 morts cette année-là, essentiellement parmi la minorité tutsie.
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La communauté internationale crédite l'ancien commandant rebelle tutsi d'avoir remis sur pied le petit pays d'Afrique centrale grâce à une croissance économique rapide.
Ses opposants jugent que ce développement économique s'est fait au détriment des libertés civiques, le pouvoir muselant les médias indépendants et supprimant toute dissidence.
Johnston Businge, le ministre de la Justice, a assuré qu'il n'y avait "rien de politique" ni dans l'emprisonnement ni dans la remise en liberté de Victoire Ingabiré, qui avait demandé par deux fois à bénéficier de la clémence présidentielle.
"Le président a accordé sa grâce, comme l'autorise la Constitution", a-t-il déclaré à Reuters.
Selon l'avocat d'Ingabiré, huit responsables du parti FDU-Inkingi dirigé par l'opposante sont toujours en détention.
Une autre personnalité de l'opposition, Diane Rwigara, qui a tenté de se présenter contre Kagamé lors de l'élection présidentielle de 2017, est éqalement derrière les barreaux.
(Clement Uwingiriyimana; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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