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L'accusatrice de Kavanaugh sûre qu'il l'a agressée, il dément

reuters.com

Publié le 27 septembre 2018 à 10:25 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:30

Kavanaugh: christine ford devant une commission du senat

Kavanaugh: christine ford devant une commission du senat

POOL

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par Lawrence Hurley, Andrew Chung et Amanda Becker

WASHINGTON (Reuters) - Christine Blasey Ford s'est dite jeudi "à 100%" certaine d'avoir été agressée sexuellement il y a 36 ans par Brett Kavanaugh, le candidat choisi par Donald Trump pour siéger à la Cour suprême des Etats-Unis, tandis que celui-ci niait avec véhémence.

S'exprimant devant la commission des affaires judiciaires du Sénat à Washington, Brett Kavanaugh, souvent au bord des larmes, a déclaré qu'il démentait "catégoriquement et sans équivoque" les allégations de la professeure de psychologie à l'université californienne de Palo Alto.

"Je n'ai jamais sexuellement agressé quiconque", a-t-il déclaré.

Auparavant, la voix parfois brisée par l'émotion, Christine Blasey Ford avait déclaré avoir craint au moment des faits d'être violée, voire tuée accidentellement, par Brett Kavanaugh.

L'enjeu est de taille. Les nominations à la Cour suprême - les neuf juges sont nommés à vie - doivent être confirmées par le Sénat. Or, les démocrates sont contre la candidature de ce juge conservateur qui pourrait faire pencher cette instance encore plus à droite et les républicains ne contrôlent que 51 des 100 sièges de cette chambre. Il suffirait donc de deux défections dans les rangs du Grand Old Party pour empêcher la confirmation de Brett Kavanaugh.

Fait inhabituel pour un magistrat candidat à la Cour suprême, celui-ci s'en est pris aux sénateurs démocrates, se disant victime "d'un coup politique calculé et orchestré".

Prenant soin de ne pas condamner son accusatrice, il a dit ne pas mettre en question le fait qu'elle ait été victime d'une agression sexuelle à un moment donné, mais a dit qu'il ne l'avait jamais agressée, ni elle, ni personne.

"Je suis innocent", a-t-il dit.

L'affaire accentue la polarisation politique du pays à moins de six semaines des élections du 6 novembre au Congrès et intervient dans le contexte prégnant du mouvement #MeToo contre le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles.

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"Avec quel degré de certitude êtes-vous convaincue que Brett Kavanaugh vous a agressée ?, a demandé le sénateur démocrate Richard Durbin à Christine Blasey Ford.

"A 100%", a répondu l'universitaire, qui ne s'est pas départie de son calme pendant toute la durée de l'audition.

"Je suis ici aujourd'hui non parce que je le veux. Je suis terrorisée. Je suis ici parce que je crois qu'il est de mon devoir civique de vous dire ce qui s'est produit lorsque Brett Kavanaugh et moi étions au lycée", a déclaré Christine Blasey Ford, qui n'était jamais apparue en public auparavant.

A la sénatrice démocrate Dianne Feinstein qui lui demandait s'il pouvait y avoir erreur sur la personne, comme l'a suggéré Brett Kavanaugh, elle a répondu : "absolument pas".

"CE QUI M'A LE PLUS TERRIFIÉE"

Elle a raconté que Brett Kavanaugh avait cherché à la dévêtir lors d'une fête, alors qu'ils étaient tous deux lycéens dans le Maryland, en 1982. Lui avait 17 ans et elle 15.

"Brett m'a tripotée et a cherché à enlever mes habits. Il avait du mal parce qu'il était très saoul et parce que je portais un maillot de bain à une pièce sous mes vêtements. J'ai cru qu'il allait me violer. J'ai essayé de crier à l'aide", a dit Christine Blasey Ford, ajoutant que Kavanaugh et un ami à lui, Mark Judge, "riaient comme des ivrognes pendant l'agression".

Elle a ajouté que Kavanaugh lui avait plaqué sa main sur la bouche pour l'empêcher de crier.

"C'est ce qui m'a le plus terrifiée, ce qui a eu l'effet le plus durable sur ma vie. Il m'était difficile de respirer, et j'ai pensé que Brett allait me tuer accidentellement", a-t-elle poursuivi.

Elle a également dit qu'elle ne se souvenait pas de la date ni du lieu précis de l'agression supposée, ni le nombre de personnes qui étaient présentes ni comment elle était rentrée chez elle après avoir échappé à son agresseur présumé.

Le sénateur républicain Chuck Grassley, président de la commission judiciaire, qui avait fortement soutenu Brett Kavanaugh ce mois-ci lors des auditions relatives à la confirmation de sa nomination, n'a pas voulu donner son avis sur le témoignage de Christine Blasey Ford.

"Je ne devrais pas faire de commentaire jusqu'à ce que nous ayons tout fini et peut-être pas faire de commentaire jusqu'à ce que j'ai dormi dessus", a déclaré Grassley aux journalistes.

QUATRE ACCUSATRICES

La majorité républicaine de la commission judiciaire, composée uniquement d'hommes, a demandé à Rachel Mitchell, une procureure spécialisée dans les délits à caractère sexuel, d'interroger Ford à leur place.

"La première chose qui m'a frappée dans vos déclarations ce matin est que vous étiez terrorisée. Et je veux juste vous faire savoir que j'en suis très désolée. Ce n'est pas juste", a déclaré Rachel Mitchell.

Le format - cinq minutes par sénateur - a compliqué ensuite sa tâche, ses questions aux allures de contre-interrogatoire étant interrompues régulièrement.

Les sénateurs démocrates avaient choisi eux de poser eux-mêmes leurs propres questions.

Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, et l'ensemble des démocrates siégeant à la commission judiciaire ont appelé Brett Kavanaugh à renoncer à la Cour suprême, à la lumière des accusations lancées contre lui par quatre femmes.

La commission judiciaire doit procéder vendredi à un vote de confirmation, et si Kavanaugh franchit avec succès cette étape, le Sénat se prononcera en début de semaine prochaine.

Deux autres femmes, Deborah Ramirez et Julie Swetnick, l'accusent aussi d'agression sexuelle, mais il n'est pas prévu qu'elles témoignent devant le Sénat. Enfin, la chaîne NBC a annoncé mercredi soir que la commission judiciaire enquêtait sur une quatrième accusation d'inconduite portée contre Kavanaugh. Le nom de cette quatrième accusatrice n'a pas été divulgué.

Pour Donald Trump, qui a lui aussi été visé par des allégations d'inconduite sexuelle, les accusations portées contre son candidat relèvent d'une "arnaque" du Parti démocrate.

"Je suis une personne indépendante et je ne suis pas un pion", a répondu Christine Blasey Ford en réponse aux accusations de manipulation.

(Eric Faye, Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

reuters.com

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