Skopje se tournera vers le Parlement après l'échec du référendum
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Les macedoniens aux urnes pour enteriner leur nouveau nom
Marko Djurica
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Les macedoniens aux urnes pour enteriner leur nouveau nom
Marko Djurica
par Kole Casule et Ivana Sekularac
SKOPJE (Reuters) - Le Premier ministre macédonien Zoran Zaev a promis de poursuivre la ratification de l'accord sur le changement de nom de son pays, bien que la participation au référendum non contraignant de ce dimanche n'ait pas atteint les 50% requis.
En vertu de cet accord conclu en juin avec la Grèce, l'Ancienne république yougoslave de Macédoine (FYROM) doit être rebaptisée République de Macédoine du Nord. Pour des raisons territoriales et historiques liées à ce nom, Athènes s'opposait jusqu'alors à son intégration au sein de l'Union et de l'Otan.
Selon la commission électorale, la participation n'a été que de 36,11%. "Lors de ce référendum, il est clair que la décision n'a pas été prise", a annoncé dans la soirée son président Oliver Derkoski.
Pour l'opposition, cette forte abstention montre que les Macédoniens sont hostiles au changement de nom. "L'accord avec la Grèce n'a manifestement pas reçu le feu vert de la population", s'est ainsi félicité Hristiajn Mickoski, chef de file du parti nationaliste VMRO-DPMNE, principale composante de l'opposition.
Après dépouillement de 63% des suffrages, le "oui" était crédité de plus de 90%, mais les mouvements hostiles au changement de nom avaient appelé à boycotter le scrutin.
Zoran Zaev, qui s'est exprimé dimanche soir, n'a fait aucune allusion à la participation, mais s'est félicité que l'accord ait été plébiscité par ceux sont allés voter et a promis de le soumettre au parlement.
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DIVISIONS EN GRÈCE
Son gouvernement a directement lié changement de nom et ancrage occidental en formulant ainsi la question soumise aux électeurs: "Etes-vous favorable à l'adhésion à l'Union européenne et à l'Otan en acceptant l'accord entre la Macédoine et la République ?"
Si le référendum n'est pas contraignant, le Parlement s'est engagé à en respecter le résultat. Or, le seuil de participation n'ayant pas été atteint, certains députés pourraient considérer qu'il n'ont pas à se conformer au résultat du scrutin de dimanche.
L'opposition nationaliste détient actuellement 49 sur les 120 que compte le parlement macédonien, de quoi empêcher que soit atteinte la majorité des deux tiers nécessaire à toute réforme constitutionnelle.
"Je suis déterminé à faire entrer la Macédoine dans l'Union européenne et dans l'OTAN", a-t-il martelé, ajoutant que des élections anticipées seraient convoquées si cette majorité qualifiée n'était pas atteinte.
Dimitris Tzanakopoulos, porte-parole du gouvernement grec, a déclaré dimanche qu'Athènes attendait "avec intérêt un résultat positif pour que le processus de validation se poursuive et passe à la prochaine étape, la révision constitutionnelle".
Zoran Zaev juge l'adhésion à l'UE et à l'Otan nécessaire à la relance d'une économie en berne. Le chômage dépasse les 20% de la population active et le salaire moyen, de 350 euros par mois, est le plus bas des Balkans.
La Grèce doit elle aussi ratifier l'accord de juin, sans doute en début d'année prochaine, et le Premier ministre Alexis Tsipras va devoir faire face aux divisions de sa majorité parlementaire.
Son ministre de la Défense, Panos Kammenos, chef du parti souverainiste des Grecs indépendants (ANEL), a annoncé début juillet qu'il s'opposerait à l'adoption de la loi de ratification de l'accord.
Sans les voix des sept députés de son parti, Tsipras n'aura pas de majorité et devra se tourner vers des élus indépendants.
(Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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