Kurdistan irakien: L'UPK ne reconnaîtra pas le résultat des législatives
reuters.com

Des kurdes d'irak desabuses renouvellent leur parlement regional
THAIER AL-SUDANI
reuters.com

Des kurdes d'irak desabuses renouvellent leur parlement regional
THAIER AL-SUDANI
par Raya Jalabi
ERBIL, Irak (Reuters) - L'Union patriotique du Kurdistan (UPK), qui dénonce des fraudes électorales, a fait savoir qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats des législatives de ce dimanche dans la région autonome du nord de l'Irak, qui reste très marquée par l'échec du référendum d'autodétermination de l'an dernier.
Cent onze sièges, dont 11 réservés aux minorités, sont en jeu. Les bureaux de vote ont fermé à 18h00 locales (15h00 GMT) et les premiers résultats seront connus dans les 72 heures.
Face à une opposition affaiblie, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l'UPK, qui se partagent le pouvoir depuis près de trente ans, devraient prolonger leur règne.
Des divisions au sein de l'UPK, qui se déchire depuis la mort de son chef historique Jalal Talabani l'an dernier, pourraient toutefois donner l'avantage au PDK de Massoud Barzani, que ce soit à Erbil, capitale de la région autonome, ou dans la difficile formation d'un gouvernement fédéral à Bagdad.
Le "oui" l'a emporté à une écrasante majorité lors du référendum du 25 septembre 2017, organisé à l'initiative de Barzani, alors président du Kurdistan, mais la réaction militaire de Bagdad et le blocus des pays voisins, qui jugeaient la consultation illégitime, ont fait perdre au Kurdistan la majeure partie des territoires que les "peshmergas" avaient repris à l'Etat islamique et ont contraint le gouvernement à renoncer à l'indépendance.
A cette l'humiliation s'ajoutent le mécontentement suscité par la corruption et les difficultés économiques.
"QUEL EST L'INTÉRÊT DE VOTER ?"
"C'est la première fois que je ne vais pas voter", explique ainsi Ahmed Abdallah, un retraité âgé de 68 ans. "Les deux partis au pouvoir volent et mentent et c'est grâce à ça qu'ils restent en place. J'ai arrêté de croire à un quelconque changement."
Cet électeur désabusé a longtemps voté pour l'UPK, le deuxième parti kurde irakien derrière le PDK. L'UPK, dirigé par la famille Talabani, est basé autour de Souleimanieh, tandis que le PDK du clan Barzani est installé à Erbil.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"Quel est l'intérêt de voter?" renchérit Alan Baram, un enseignant de 38 ans. "Rien ne change, qu'on vote ou non. Les choses ne font qu'empirer."
Les deux grands parties ne tablent que sur une participation très limitée, pas plus de 40% des 3,85 millions d'électeurs inscrits. Lors des législatives de mai dernier, elle a été de 44,5%.
Le résultat de ce scrutin régional pèsera sur le choix du président irakien, un poste réservé aux Kurdes depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, que se disputent l'UPK et le PDK.
Massoud Barzani, même s'il a démissionné de la présidence du Kurdistan en novembre dernier, entend quant à lui rester incontournable.
"Il veut que tous les acteurs viennent le voir à Erbil à chaque fois qu'il faut négocier avec les Kurdes."
(Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
reuters.com