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Collomb arrache sa démission en forçant la main de Macron

reuters.com

Publié le 02 octobre 2018 à 10:33 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:29

Collomb source d'embarras pour l'executif

Collomb source d'embarras pour l'executif

Stephane Mahe

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Gérard Collomb a arraché mardi sa démission en forçant la main d'Emmanuel Macron, qui recevra "rapidement" des propositions du Premier ministre, Edouard Philippe, pour le remplacer.

Le ministre de l'Intérieur a de nouveau pressé mardi le chef de l'Etat d'accepter sa démission, refusée la veille, en motivant sa demande par la clarté due selon lui aux Français et aux Lyonnais, dont il veut à nouveau briguer la mairie en 2020.

Cueilli en pleine séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale par cette annonce dans un entretien publié sur le site internet du Figaro, Edouard Philippe a dit qu'il proposerait à Emmanuel Macron "les décisions qui s'imposent".

"Le président conserve toute son amitié à l'égard de Gérard Collomb", a-t-on déclaré dans l'entourage d'Emmanuel Macron.

"Il trouve regrettable que Gérard Collomb se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner. Il recevra rapidement les propositions du Premier ministre", a-t-on ajouté.

Juste avant la publication de l'entretien, Edouard Philippe avait répliqué aux critiques de l'opposition sur un ministre de l'Intérieur "déjà à l'extérieur du gouvernement", en balayant une "petite polémique" : "C'est ce que nous faisons pour garantir la sécurité des Français qui compte", avait-il dit.

RETOUR IMMINENT À LA MAIRIE DE LYON

Dans l'interview au Figaro, Gérard Collomb dit vouloir continuer à aider Emmanuel Macron.

"Au poste que j'occupe, je peux être demain une gêne pour lui et le Premier ministre. Et ce n'est pas ce que je souhaite" déclare celui qui fut maire de Lyon de 2001 à 2017.

"Compte tenu des rumeurs et des pressions qu'il peut y avoir, je ne veux pas que le fait que je sois candidat quelque part demain puisse troubler la marche du ministère de l'Intérieur", poursuit-il. "Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais, donc je maintiens ma proposition de démission."

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Il réfute l'idée que son départ laisse un vide au sommet du gouvernement, comme le déplore l'opposition : "Il y a toujours une permanence de l'État. La maison continue à fonctionner et je la ferai fonctionner jusqu'au bout, comptez sur moi."

Il s'est déjà accordé avec l'actuel maire de Lyon, Georges Képénékian, pour reprendre son écharpe : "Dans les temps qui viennent, nous avons convenu depuis longtemps que je reviendrai à la tête de la mairie pour préparer les échéances futures."

Georges Képénékian a remis mardi soir sa démission au préfet du Rhône et des élections internes au conseil municipal devraient avoir lieu d'ici une quinzaine de jours pour procéder officiellement à l'élection du nouveau maire.

Le départ de Gérard Collomb du gouvernement et son retour à Lyon ne semblent donc plus être qu'une question d'heure.

"Si un successeur est trouvé dans la nuit de ce mardi à mercredi, je lui aurai passé les pouvoirs au ministère de l'Intérieur et oui je pourrai revenir à Lyon. S'il faut attendre 24 heures ou 48 heures pour des raisons techniques, je serai au conseil des ministres (mercredi) car j'assurerai la continuité de ce ministère, qui ne peut rester vacant", explique Gérard Collomb dans une interview au quotidien régional Le Bien Public.

DÉSORDRE EN PLEINE OPÉRATION RECONQUÊTE

Soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, Gérard Collomb apparaît depuis deux semaines comme une épine dans le pied d'un exécutif en pleine opération reconquête de l'opinion à huit mois des élections européennes.

Lundi soir, le "premier flic de France" avait annoncé au Figaro avoir remis sa démission au chef de l'Etat et le refus de ce dernier. Selon l'Elysée, le chef de l'Etat lui avait alors "renouvelé sa confiance et (...) demandé de rester pleinement mobilisé".

Il y a deux semaines, Gérard Collomb avait lui-même annoncé sa volonté de quitter le gouvernement après les élections européennes du 26 mai afin de se consacrer aux municipales.

Bien qu'attendue - l'ancien élu socialiste n'ayant jamais fait mystère de son souhait de revenir à Lyon - cette candidature avait provoqué un flot de critiques dans les rangs de l'opposition mais également parmi les syndicats policiers qui ont dénoncé un "ministre à mi-temps".

L'Elysée a rappelé mardi matin que le chef de l'Etat avait déclaré qu'il procéderait à un changement d'équipe "au moment voulu" et n'avait pas souhaité faire d'autre commentaire.

Mais moins d'un mois après les démissions surprises de Nicolas Hulot et Laura Flessel, le "cas Gérard Collomb", qui s'est interrogé ouvertement sur "un manque d'humilité" au sommet de l'Etat, pourrait compliquer la donne pour l'exécutif à l'heure où ce dernier tente de tourner la page des accusations d'"arrogance".

En déplacement dans les Antilles françaises la semaine dernière, Emmanuel Macron a multiplié les rencontres avec les habitants, reconnu que "personne [n'était] parfait" et jugé "inévitable qu'il y ait des erreurs".

En chute libre dans les sondages, le chef de l'Etat a toutefois assuré qu'il ne changerait "en aucun cas" de politique" et qu'il maintiendrait le cap de ses réformes, un message que pourrait brouiller le nouvel épisode Collomb.

(Jean-Baptiste Vey et Marine Pennetier, avec Simon Carraud, Elizabeth Pineau et Julie Carriat, édité par Yves Clarisse et Emmanuel Jarry)

reuters.com

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