MIDTERMS: Ce qui pourrait changer pour la diplomatie américaine
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Midterms: ce qui pourrait changer pour la diplomatie americaine
Kevin Lamarque
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Midterms: ce qui pourrait changer pour la diplomatie americaine
Kevin Lamarque
par Patricia Zengerle
WASHINGTON (Reuters) - Les démocrates devraient mettre à profit la majorité à la Chambre des représentants obtenue mardi lors des élections de mi-mandat pour tenter d'infléchir la politique étrangère de Donald Trump, et durcir le ton avec la Russie, l'Arabie saoudite ou la Corée du Nord.
Eliot Engel, l'élu démocrate pressenti pour prendre la tête de la commission des Affaires étrangères, a laissé entendre par le passé qu'une majorité démocrate pourrait solliciter le feu vert du Congrès pour des interventions militaires dans des pays comme l'Irak ou la Syrie.
Il reconnaît cependant que sur les dossiers prioritaires de l'administration Trump, la Chine et l'Iran, les démocrates n'auront qu'une influence limitée, d'autant qu'il leur faudra composer avec un Sénat à majorité républicaine.
En contrôlant la Chambre des représentants, pour la première fois depuis huit ans, les démocrates vont davantage avoir leur mot à dire sur les dépenses publiques, la rédaction des lois et le calendrier de leur présentation au vote.
Ce qui ne signifie pas tomber dans le piège de l'obstruction systématique, prévient Eliot Engel.
"Je ne pense pas que nous devrons nous opposer à un texte au seul motif qu'il est présenté par l'administration mais nous avons l'obligation d'examiner les politiques et de contrôler leur mise en oeuvre", déclare-t-il à Reuters.
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QUE PENSENT LES DÉMOCRATES DE LA RUSSIE ?
La nouvelle majorité à la Chambre entend intensifier les enquêtes sur de possibles liens économiques ou conflits d'intérêt entre Donald Trump et la Russie.
Elle devrait pousser au durcissement des sanctions contre Moscou pour l'ingérence présumée dans l'élection présidentielle américaine de 2016 comme pour son rôle dans les conflits en Ukraine et en Syrie.
Elle va aussi accentuer la pression sur Donald Trump pour qu'il applique toutes les sanctions prévues par une loi qu'il n'a signée qu'à contre-coeur en août 2017.
Les démocrates ont aussi promis de tout faire pour savoir ce qui s'est dit à huis clos entre Donald Trump et Vladimir Poutine lors de leur entretien qui a fait polémique en juin dernier, y compris en assignant des témoins à comparaître si cela s'avère nécessaire.
"Il est aberrant qu'il puisse y avoir un entretien de ce niveau-là entre deux dirigeants sans que le Congrès sache de quoi il en retourne", souligne Eliot Engel.
LE MEURTRE DU JOURNALISTE JAMAL KHASHOGGI VA-T-IL AFFECTER LES RELATIONS AVEC L'ARABIE SAOUDITE ?
La colère suscitée par le meurtre de Jamal Khashoggi, dont Ryad a fini par reconnaître qu'il avait été prémédité sans dire par qui, a réveillé la frustration des parlementaires américains face à la gestion par l'Arabie saoudite de la guerre au Yémen et ses violations des droits de l'homme.
La nouvelle majorité démocrate pourrait tenter de faire passer une loi bloquant les ventes d'armes à Ryad et devrait pousser à un désengagement de la guerre au Yémen, où les Etats-Unis soutiennent la coalition sous commandement saoudien qui intervient dans le pays depuis 2015. Elle va aussi compliquer la conclusion d'accords énergétiques entre les deux pays.
Si Eliot Engel considère, comme l'administration Trump, l'Arabie saoudite comme un contrepoids nécessaire à l'influence iranienne au Proche-Orient, il estime que Washington doit se montrer plus exigeant avec Ryad : "Si les Saoudiens veulent notre soutien, ils doivent répondre aux questions qui nous préoccupent", insiste-t-il.
LES DÉMOCRATES SOUTIENNENT-ILS LES NÉGOCIATIONS AVEC LA CORÉE DU NORD ?
Les démocrates veulent en savoir davantage sur la teneur des échanges entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et Donald Trump, car ils redoutent que pour obtenir "l'accord historique" dont il rêve, ce dernier soit prêt à faire des concessions trop importantes.
Eliot Engel et d'autres démocrates entendent demander à des responsables de l'administration Trump de témoigner devant la Chambre, y compris lors d'auditions publiques. Mais leur marge de manoeuvre est étroite s'ils ne veulent pas être accusés de mettre en péril les efforts diplomatiques visant à réduire le risque de conflit nucléaire.
"Je pense que c'est une bonne chose de dialoguer avec eux (les Nord-Coréens). Mais on ne devrait pas se bercer d'illusions sur le fait qu'ils vont changer du tout au tout", dit Engel.
LES DÉMOCRATES PEUVENT-ILS PESER SUR LA POLITIQUE CHINOISE DE TRUMP ?
C'est le domaine dans lequel le changement de majorité devrait avoir le moins d'influence, les critiques visant Pékin dépassant largement les divisions partisanes.
Plusieurs représentants démocrates de premier plan, dont Adam Schiff, qui pourrait prendre la tête de la commission du Renseignement, ont soutenu des mesures de rétorsion contre la Chine proposées par les républicains, comme la législation présentant les fabricants de téléphones chinois ZTE et Huawei comme des menaces pour la sécurité nationale.
D'autres, dont Eliot Engel, ne veulent cependant pas pousser trop loin le bras de fer avec Pékin, rappelant que la Chine demeure un interlocuteur important des Etats-Unis, y compris dans le dossier nord-coréen.
Comme les républicains, les démocrates sont divisés sur le bien-fondé de la guerre commerciale lancée par Donald Trump contre la Chine à grands renforts de tarifs douaniers, les uns voyant le libre-échange comme un moyen de créer des emplois tandis que les autres pensent que les droits de douane permettent de protéger les producteurs d'acier et l'industrie dans son ensemble.
L'ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN PEUT-IL AVOIR UNE SECONDE CHANCE ?
La décision de Donald Trump de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 par son prédécesseur Barack Obama a rendu furieux la plupart des démocrates. Mais ils ne peuvent pas y faire grand chose tant que les républicains sont à la Maison blanche.
Les élus démocrates ne veulent pas non plus paraître trop complaisants avec l'Iran, surtout compte tenu de son hostilité affichée envers Israël.
Eliot Engel illustre cette position puisqu'il s'était opposé à l'accord conclu à Vienne. Aujourd'hui, il déplore cependant que Donald Trump ne coopère pas davantage avec les alliés des Etats-Unis, en particulier les membres de l'Union européenne, sur le dossier iranien comme sur d'autres sujets. "Je pense que qu'il nous faut essayer de réparer les dégâts qui ont été faits à nos alliances", dit-il.
(Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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