A Hong Kong, le départ de Carrie Lam n'est plus qu'une question de temps
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A hong kong, le depart de carrie lam n'est plus qu'une question de temps
Tyrone Siu
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A hong kong, le depart de carrie lam n'est plus qu'une question de temps
Tyrone Siu
par Greg Torode et John Ruwitch
HONG KONG (Reuters) - Pour les observateurs de la vie politique hongkongaise, les dernières déclarations de Carrie Lam, la chef de l'exécutif de la région administrative spéciale chinoise, ne laissent guère de place au doute: elle a proposé sa démission mais Pékin attend le moment opportun pour la laisser partir.
Arrivée au pouvoir en 2017, celle qu'on surnommait la "Dame de fer" est confrontée depuis le mois dernier à la plus grave crise politique du territoire depuis sa rétrocession par le Royaume-Uni à la Chine continentale en 1997.
Mardi, elle a déclaré "mort" le projet de loi sur les extraditions à l'origine du vaste mouvement de contestation qui a fait descendre des centaines de milliers de manifestants dans les rues ces dernières semaines.
Lors d'une conférence de presse, elle a en revanche refusé de démissionner comme le réclament ses opposants, mais ses propos n'ont fait qu'alimenter les spéculations quant à son prochain départ.
A la question de savoir si elle abandonnerait ses fonctions seulement deux ans après sa nomination, alors que son mandat court sur cinq ans, Carrie Lam a confié qu'il n'était "pas simple" de démissionner pour un chef de l'exécutif à Hong Kong.
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"C'est plus complexe que l'on imagine", confirme le politologue et commentateur Sonny Lo. "Vous ne partez pas quand ça vous chante, il faut traiter avec Pékin."
Les dirigeants chinois, ajoute-t-il, doivent soupeser les risques de politique intérieure et régionale liés à cette démission et trouver un remplaçant - une tâche peu aisée étant donné la difficulté de cette fonction empoisonnée, consistant à ménager à la fois les libertés civiles chères aux Hongkongais et les instincts autoritaires du Parti communiste chinois.
"ECHEC TOTAL"
En vertu du principe "un pays, deux systèmes" qui a présidé à la rétrocession, Hong Kong continue de jouir d'importantes libertés inconnues sur le continent, comme une justice indépendante ou le droit de manifester.
Selon Sonny Lo, Pékin pourrait vouloir que Carrie Lam répare au moins une partie des dégâts causés par le fiasco de son projet de loi sur les extraditions - elle-même a reconnu un "échec total" de son gouvernement sur ce dossier - avant de laisser la main à un successeur.
Pour lui, la seule certitude est que sa démission interviendra avant le renouvellement du Conseil législatif, le parlement local, en septembre 2020.
Autre facteur éloignant l'hypothèse d'un départ imminent de Carrie Lam, l'image de fermeté à laquelle la direction chinoise est attachée, comme le relève Ming Sing, professeur associé à l'Université de Science et Technologie de Hong Kong.
"Si elle démissionne aujourd'hui, si elle est poussée à la démission par Pékin, cela enverra un signal fort à Hong Kong et à la communauté internationale, selon lequel Pékin, le plus grand Etat à parti unique, le plus grand Etat autoritaire au monde, cède à la pression populaire", observe-t-il.
Pour beaucoup, le sort de Carrie Lam rappelle celui de Tung Chee-hwa, le premier chef de l'exécutif hongkongais après la rétrocession.
A la suite d'une manifestation monstre dans les rues de la ville en 2003 contre des lois sécuritaires -finalement abandonnées -, Tung avait proposé de démissionner immédiatement. Mais il avait attendu près de deux ans pour quitter ses fonctions, à mi-chemin de son second mandat.
"Il est facile de s'en aller", avait-il commenté à l'époque. "Il est plus dur de rester."
(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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