Trump promet de nouvelles sanctions à l'Iran
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Reunion extraordinaire de l'aiea sur le nucleaire iranien
Leonhard Foeger
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Reunion extraordinaire de l'aiea sur le nucleaire iranien
Leonhard Foeger
par Doina Chiacu et Francois Murphy
WASHINGTON/VIENNE (Reuters) - Les sanctions imposées à l'Iran seront "bientôt considérablement alourdies", a promis mercredi Donald Trump, en accusant Téhéran de poursuivre en secret et de longue date son programme d'enrichissement d'uranium.
Le programme nucléaire iranien a fait l'objet mercredi d'une réunion extraordinaire de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) organisée à la demande des Etats-Unis, mais aucune décision concrète n'a été prise.
"L'Iran 'enrichit' en secret depuis longtemps, en violation totale du terrible accord de 150 milliards de dollars conclu par John Kerry et l'administration Obama. Rappelez-vous que cet accord devait expirer dans quelques années. Les sanctions seront bientôt renforcées considérablement !", écrit le président américain sur Twitter, évoquant le Plan d'action global commun (PAGC, ou JCPOA en anglais) conclu à Vienne en 2015, qu'il a dénoncé en mai 2018.
"Nous n'avons rien à cacher", a répliqué l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Kazim Gharib Abadi, à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de l'Agence.
Dans un communiqué remis aux Etats membres à l'ouverture de la réunion, Washington avait accusé Téhéran de violer les termes de l'accord de Vienne pour extorquer des fonds à la communauté internationale.
"Il n'y a aucune raison crédible pour que l'Iran développe son programme nucléaire et on ne peut le concevoir autrement que comme un moyen brutal et évident d'extorquer des fonds à la communauté internationale", dit le gouvernement américain, dans un communiqué remis aux Etats membres.
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"Nous exhortons l'Iran à revenir sur ses récentes initiatives nucléaires et à renoncer à tous ses projets de développement. Les Etats-Unis ont clairement indiqué qu'ils étaient ouverts à des négociations sans conditions préalables et qu'ils étaient prêts à une normalisation complète des relations avec l'Iran", ajoute-t-il.
Étouffée par le rétablissement et l'alourdissement des sanctions économiques américaines, la République islamique a commencé à revenir sur certains des engagements pris dans le cadre du PAGC.
"GRAVE ERREUR"
Un an jour pour jour après le retrait américain, l'Iran a entamé le 8 mai dernier un processus de désengagement par étapes, tous les 60 jours, afin de pousser les Européens à tenir leurs promesses de compensation des sanctions américaines.
Téhéran a ainsi annoncé lundi avoir dépassé le seuil de 3,67% d'enrichissement de l'uranium fixé par l'accord, que supervise l'AIEA.
L'agence a informé mercredi les Etats-membres que l'enrichissement avait atteint 4,5%, a-t-on appris de sources diplomatiques.
Les inspecteurs de l'AIEA ont par ailleurs constaté le 1er juillet que le stock iranien d'uranium faiblement enrichi dépassait le plafond fixé par l'accord de Vienne.
"Ce fut une grave erreur de la part des Américains de quitter l'accord", a estimé mercredi Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. "C'est la cause de tous les problèmes. Les Européens ont eu suffisamment de temps pour sauver le pacte", a-t-il ajouté.
"Ce que nous faisons n'a qu'un seul objectif: préserver le traité nucléaire", assure quant à lui l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire allemand Die Zeit.
"Tout peut être inversé en une heure si tous les autres signataires du traité remplissent leurs obligations de la même manière", ajoute-t-il.
Alors que les Américains font monter la pression, Iraniens et Européens continuent de discuter pour préserver l'accord de Vienne.
Samedi soir, le président français Emmanuel Macron a eu un entretien téléphonique de plus d'une heure avec son homologue iranien Hassan Rohani. Selon l'Elysée, les deux dirigeants sont convenus de se donner jusqu'au 15 juillet pour "explorer les conditions d'une reprise du dialogue".
"Nous ne voulions pas de cette réunion de l'AIEA", a confié un diplomate européen, ajoutant avec ironie: "C'est une occasion pour tout le monde de s'exprimer."
(Jean-Stéphane Brosse, Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün pour le service français)
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