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Macron se jette dans la mêlée des municipales

reuters.com

Publié le 10 juillet 2019 à 14:36 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:26

Macron se jette dans la melee des municipales

Macron se jette dans la melee des municipales

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par Elizabeth Pineau et Simon Carraud

PARIS (Reuters) - A huit mois de l'échéance, Emmanuel Macron s'implique déjà largement dans les élections municipales de mars 2020, cruciales pour l'implantation territoriale de son camp, quitte à bousculer une fois de plus les partis établis.

Le gain de grandes villes, Paris en tête, sera déterminant pour la visibilité de La République en marche (LaRem), née en 2016, qui a déjà réussi à faire quasiment jeu égal avec le Rassemblement national aux élections européennes du 26 mai.

"Les élections intermédiaires de milieu du mandat, entre deux présidentielles, sont toujours difficiles pour le pouvoir en place", rappelle Claude Dargent, chercheur du Cevipof. "Les municipales seront essentielles pour LaRem, qui a des députés, mais pas de bastions territoriaux".

A l'heure des premières investitures décernées par la commission nationale mise en place en juin, le délégué général de LaRem, Stanislas Guerini, a fixé comme "première barre" de "multiplier par cinq" le nombre d'élus locaux du parti - ils sont actuellement 2.000 environ.

Pour donner une impression de victoire, le parti présidentiel doit gagner des grandes villes, là où son électorat - diplômé, à la fibre écologiste - lui a offert ses meilleurs scores électoraux.

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"Gagner Paris suffirait, en conservant Lyon, qui est déjà dans son escarcelle, pour montrer qu'il a remporté les élections", considère Claude Dargent. "La visibilité, ce sont les grandes villes."

De Lyon à Marseille, le président s'active, au risque de se voir reprocher un travers partisan. "Un président de la République s'intéresse toujours aux élections municipales, ça se voit plus ou moins", note Claude Dargent.

ÉVITER UNE GUERRE FRATRICIDE À LYON

Chez Les Républicains, le président par intérim, Jean Leonetti, décrit même le chef de l'Etat en "candidat permanent", qui est "est désormais candidat aux municipales après avoir été candidat aux européennes".

Emmanuel Macron ne s'en cache pas, fidèle en cela à un style de gouvernance très personnelle, où il tient à garder un oeil sur tous les dossiers.

En visite à Lyon dimanche et lundi, il a ainsi demandé aux rivaux acquis à sa cause, l'actuel maire Gérard Collomb et le président de la métropole David Kimelfeld, de "travailler ensemble" pour éviter une guerre fratricide.

Les municipales étaient aussi au menu de sa récente visite en marge d'un sommet international à Marseille, où la succession du conservateur Jean-Claude Gaudin aiguise les appétits. L'absence de "marcheur" de poids dans la cité phocéenne pourrait le conduire à s'entendre avec la droite locale.

A Bordeaux, LaRem a investi un candidat, Thomas Cazenave, contre l'avis du Mouvement démocrate de François Bayrou, son allié au niveau national, qui soutient le maire (Les Républicains) sortant Nicolas Florian.

L'élection reine sera Paris, où la commission d'investiture doit dire ce mercredi qui de Cédric Villani, Benjamin Griveaux ou Hugues Renson se lancera à la conquête de l'hôtel de ville face à la maire socialiste sortante Anne Hidalgo.

L'entourage de Benjamin Griveaux minimise l'intrusion élyséenne.

"Emmanuel Macron ne s'implique pas dans toutes les villes de la même façon : à Lyon, ça se règle entre hommes, à Marseille il n'y a pas de candidat en marche solide donc il va falloir composer avec la droite", dit un proche.

"PAS INTÉRÊT À SE MOUILLER"

"A Paris, il y a un ancien ministre, un lauréat de la médaille Fields, et une vraie compétition s'est installée au sens sportif du terme. Emmanuel Macron n'aurait pas intérêt à se mouiller trop car cela pourrait le desservir, lui, et aussi le vainqueur. Quel que soit le candidat choisi, il y aura eu une vraie discussion, une vraie compétition, une offre politique."

LaRem devra aussi compter avec la résistance des partis traditionnels bien implantés dans leurs fiefs respectifs, notamment celle du Parti socialiste. Le PS ne soutiendra aucun candidat favorable à la politique gouvernementale et espère conserver voire ravir des villes comme Nantes, Nancy et Paris.

Les Républicains se donnent la même ligne : un candidat soutenu par le parti présidentiel ne pourra en aucun cas prétendre à l'investiture de LR au premier tour. Des accords au second tour ne sont toutefois pas exclus, dans les villes où le Rassemblement national aurait des chances de l'emporter.

Déstabilisé par ses piètres scores aux européennes, y compris dans quelques-uns de ses bastions historiques, le parti observe avec inquiétude les efforts déployés par LaRem pour courtiser les élus de droite perçus comme "Macron compatibles".

Jean Leonetti, dont le mandat court jusqu'en octobre, y voit une forme d'"agressivité" de la part d'Emmanuel Macron.

Nice et Marseille sont les exemples les plus emblématiques de ces villes où la droite hésite sur la meilleure conduite à tenir : faut-il pactiser avec LaRem, comme l'envisagent certains barons locaux à l'image de Christian Estrosi, ou faire cavalier seul, avec les risques que cela suppose ?

Faute d'y voir clair, le parti a renvoyé à l'automne au moins la question des investitures dans toutes les communes où la situation paraît encore trop confuse.

Réunie mardi, la commission d'investiture n'a distribué qu'une vingtaine d'étiquettes, essentiellement dans des villes moyennes, comme Blois, Creil ou Metz.

(Avec Johnny Cotton, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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