Gestion obligataire : combiner rendement et sécurité

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En 2008, les emprunts publics ont joué un rôle de valeurs refuges. Aujourd'hui, ce sont les obligations émises par les entreprises qui séduisent les gérants.

Maîtriser les risques lorsque l'on investit sur le marché obligataire n'est pas chose facile tant les paramètres susceptibles d'influencer la valeur des titres en cours de vie sont nombreux. Dans leur démarche d'investissement, les gérants de fonds choisissentdes titres qui leur permettent de délivrer une performance en lien avec le niveau de risque souhaité. En d'autres termes, moins l'emprunteur est fiable, plus le rendement délivré doit être élevé et vice versa. Ainsi, en 2008, alors que le monde bancaire était en crise à la suite de la faillite de Lehman Brothers et que les perspectives économiques ne laissaient que peu de marges de man?uvre aux entreprises, ils se sont naturellement tournés vers les emprunts d'États et particulièrement vers ceux émis par les pays réputés les plus
sûrs tels que les États-Unis et l'Allemagne. Avec la mise en évidence du surendettement de nombreux pays, la donne a quelque peu changé. Les agences de rating ou de notation, comme Standard & Poor's, Fitch ou Moody's, mettent en garde les investisseurs contre l'augmentation du risque de non-remboursement de certains États en révisant à la baisse leurs notes. Les États-Unis eux-mêmes, première puissance économique mondiale, ont perdu le précieux sésame : la note triple A qui rassurait tant les investisseurs il y a trois ans. Plus récemment, les notes de crédit de l'Espagne et de l'Italie ont aussi fait l'objet d'une attention soutenue.

Les entreprises, un profil plus rassurant
C'est pourquoi, dans leur quête de sécurité et de rendement et après la baisse du mois d'août, les gérants s'intéressent aujourd'hui plus qu'avant aux emprunts des entreprises. Ces dernières, après plusieurs années d'efforts et de restructuration, offrent en effet des profils plus rassurants, des notes de crédits stables, parfois en hausse, et surtout des rendements attractifs, voisins de 10 % pour certains. Face à de tels niveaux de rémunération, il n'est pas étonnant que les gérants révisent actuellement leur stratégie en acceptant une dose supplémentaire de risque, d'autant que les problèmes liés à la dette des États sont loin d'être résolus.
Un autre facteur de risque majeur pour les portefeuilles obligataires est la future hausse potentielle des taux d'intérêt qui réduirait la valeur des titres existants. Mais, pour l'heure, elle ne constitue pas une source d'inquiétude majeure auprès des sociétés de gestion : « Les taux risquent de subir une pression baissière au dernier trimestre de cette année alors qu'un ralentissement économique se concrétise à l'échelle mondiale », observe David Kohl, en charge de la recherche chez Julius Baer.

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