Désentente cordiale entre la Russie et la Commission européenne

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Vladimir Poutine et José Manuel Barroso en plein dialogue de sourds, notamment sur l'OMC.

« Nous ne voyons aucun risque de déficit d'approvisionnement en Europe compte tenu des efforts faits ces dernières années pour perfectionner le réseau de transport. En cas de demande, nous sommes prêts à augmenter significativement nos fournitures », a déclaré jeudi Sergei Shmatko, le ministre russe de l'Énergie interrogé sur les conséquences d'un tarissement des livraisons libyennes. Il participait au sommet Europe Russie aux côtés de treize autres membres de son gouvernement.

Pourtant, la conférence de presse conjointe du Premier ministre russe Vladimir Poutine et du président de la Commission José Manuel Barroso a montré l'étendue des désaccords qui persistent entre les deux puissances européennes. Sur aucun des grands sujets conflictuels, cette réunion - la première à ce niveau et dans ce format depuis deux ans - n'a permis de percées décisives. Ni sur l'accès au marché européen des produits agricoles russes, ni sur les visas, dont Moscou demande la suppression pour ses ressortissants, ni sur l'accès et le contrôle par Gazprom d'infrastructures de transport en Europe. On en est sensiblement au même point que lors de la venue du président Medvedev en décembre à Bruxelles. Lors d'une brève allocution de clôture, José Manuel Barroso a prononcé de son côté pas moins d'une dizaine de fois les mots de « droits de l'homme », « libertés civiques », « droits fondamentaux ».

Bonnes relations...

Vladimir Poutine, qui semblait assez peu ému, a établi de son côté un parallèle entre le Caucase, l'élection du Hamas en territoire palestinien, l'asile accordé par la France à l'Ayatollah Khomeiny et « la Belgique (qui) n'a pas de gouvernement central depuis plus de 250 jours ». « On ne peut calquer » un système politique sur un autre, en a-t-il déduit. Russes et Européens ne s'entendent pas non plus sur l'étendue de l'accord de partenariat bilatéral même si douze rounds de négociation lui ont déjà été consacrés. Les premiers veulent y inclure les visas. L'adhésion de la Fédération de Russie à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), en discussion depuis dix-sept ans, est un préalable indispensable, a ajouté hier Vladimir Poutine.

Les relations entre la Fédération de Russie et l'Union européenne seront-elles jamais plus que celle de clients et de fournisseurs réciproques ? Des relations relativement bonnes et profitables, certes, mais sans plus.

 

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