Ce soir, Macron s'adresse aux Français pour leur donner un cap et un peu d'espoir

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(Crédits : POOL)
Les annonces ne permettront qu'un "léger assouplissement au confinement", a prévenu le Premier ministre Jean Castex, en soulignant que, si elle s'améliorait, la situation sanitaire restait moins bonne qu'elle ne l'était au déconfinement du 11 mai.

Emmanuel Macron s'adresse de nouveau aux Français mardi à 20 heures pour desserrer un peu l'étreinte du confinement et fixer le cap dans la crise sanitaire, alors que le pays espère une bouffée d'air à l'approche des fêtes de Noël.

Le scénario est désormais bien huilé: le chef de l'État a réuni un conseil de défense, qui s'est terminé peu avant 12H00, pour faire un dernier point de l'épidémie de Covid-19 avant de trancher les décisions qu'il annoncera le soir à la télévision.

Nul doute que les Français, affectés par le confinement, seront de nouveau au rendez-vous, après les sommets atteints par ses allocutions qui ont, pour les plus importantes, réuni plus de 30 millions de téléspectateurs.

Cette fois-ci, l'incertitude est moins grande car le cadre général des annonces est déjà connu: l'allègement des contraintes se fera en trois phases: autour du 1er décembre, puis avant les congés de Noël et enfin début 2021.

Les annonces ne permettront qu'un "léger assouplissement au confinement", a prévenu le Premier ministre Jean Castex, en soulignant que, si elle s'améliorait, la situation sanitaire restait moins bonne qu'elle ne l'était au déconfinement du 11 mai.

Pour le chef de l'Etat, l'essentiel est de donner "de la cohérence, de la clarté, un cap" pour "savoir ensemble où nous allons et comment y aller".

"On attend du Président des perspectives car la société est terriblement déprimée", a déclaré mardi l'écologiste Yannick Jadot sur Europe 1.

Il faudra aussi "de la vision", a réclamé Laurent Berger (CFDT) sur France 2, qui craint que "la cocotte minute" n'explose au vu de la situation économique et sociale.

"La colère est là", a renchéri Philippe Martinez (CGT) en évoquant "des situations dramatiques: les jeunes, la précarité mais aussi tous ces salariés au chômage partiel".

Le message prudent que devrait délivrer M. Macron fait écho à celui de la plupart des dirigeants des grands pays européens, comme le Britannique Boris Johnson qui a averti lundi que les restrictions allaient devoir rester en place pendant plusieurs mois.

Magasins rouverts

Comme leurs voisins, les Français aimeraient être fixés sur les vacances: pourront-ils se déplacer et se réunir en famille? Probablement, mais avec des limites, un possible couvre-feu et un appel à la responsabilisation. Les réveillons "sont des usines à Covid", a mis en garde M. Castex.

En Allemagne, les régions ont plaidé mardi pour limiter à dix personnes issues de plusieurs foyers le nombre de participants aux fêtes de Noël et du Nouvel an.

En attendant, M. Macron va lever les contraintes aux achats de Noël en rouvrant les commerces dits "non essentiels" comme les librairies ou les boutiques de vêtements. Cette réouverture pourrait intervenir dès ce week-end mais avec un protocole sanitaire renforcé.

Les lieux de culte devraient également rouvrir, avec le respect d'une jauge, tandis que l'incertitude demeure pour les cinémas, théâtres et musées.

M. Castex a, en revanche, douché les espoirs des cafés et restaurants de rouvrir autour du 1er décembre. "On ne peut pas", a-t-il regretté samedi, en disant espérer "leur donner de la visibilité et les accompagner".

Si l'attestation de déplacement devrait être conservée, l'incertitude demeure sur le maintien de la limite d'un périmètre d'un kilomètre pour se déplacer.

"Tous ensemble"

Le couvre-feu puis les quatre semaines de confinement ont permis de ralentir la circulation du virus cet automne et de franchir le pic épidémique de la deuxième vague.

Avec 4.452 nouveaux cas détectés en 24 heures lundi, c'est la première fois que ce chiffre repasse sous la barre des 5.000 cas quotidiens depuis le 28 septembre.

Au-delà des mesures liées au confinement, M. Macron est attendu sur une meilleure stratégie de dépistage de la population, après l'échec du triptyque "tester, tracer, isoler" à la sortie du premier confinement.

C'est ce qu'a réclamé mardi le collectif France Assos Santé, qui fédère 85 associations d'usagers de la santé, dans une tribune publiée par Le Parisien et intitulée "Tous ensemble, évitons un nouveau confinement!". Il plaide notamment pour "la mise en place d'une restriction complète de déplacement et de visite" pour les personnes positives et leurs cas contacts.

Autre défi pour le chef de l'Etat: rassurer les Français sur la future campagne de vaccination qui se dessine après les progrès réalisés par au moins trois vaccins.

Après les ratés sur les masques et les tests, l'exécutif sait qu'il ne peut échouer sur le sujet, d'autant que les sondages montrent une population sceptique sur l'intérêt de se faire vacciner.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2020 à 20:45 :
Trop peu, trop tard... Mais qui donc a dit que l'économie c'est d'abord de la psychologie avant d'être une science ?
a écrit le 24/11/2020 à 16:03 :
On nous demande de limiter nos achats aux produits de nécessité. Je voudrait savoir combien d'élu sont des produits de première nécessité ?
a écrit le 24/11/2020 à 15:52 :
Il est arrivé a être le président d'une stop down nation. Total Respect
a écrit le 24/11/2020 à 15:45 :
On pourrait utilement lui demander de corriger Chomsky ? "Toute l' histoire du contrôle des peuples se résume à cela, isoler les gens les uns des autres parce que si on peut arriver à les maintenir isolés assez longtemps, on peut leur faire croire n' importe quoi".. Noam Chomsky..
a écrit le 24/11/2020 à 15:16 :
J'aimerai bien savoir , qu'est ce qu'ils préconisent comme solution les augures Martinez et Berger ?
il est très facile de critiquer et prévoir le pire , mais qui d'apporter des solutions ?
en tout cas , les salariés de Brigestone peuvent dire merci aux syndicats :
2018 : proposition de la direction de passer de 32 à 35 heures effectives ( même salaire) et travailler sur des modeles de pneus plus grands : refusé . merci qui ? merci les syndicats

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