Corse: la relance économique grippée par le bras de fer entre Etat et Collectivité
Paul Ortoli, à Ajaccio
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Gilles Simeoni, président de la Collectivité de Corse (CdC), l'exécutif corse.
Charles Platiau
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Gilles Simeoni, président de la Collectivité de Corse (CdC), l'exécutif corse.
Charles Platiau
"Il faut que le bras de fer cesse et retourner à la table des négociations." Le commentaire cinglant du député Jean-Jacques Ferrara (LR) en dit long sur la nature actuelle des relations entre l'exécutif local présidé par Gilles Simeoni et le représentant de l'Etat dans l'île, le préfet Pascal Lelarge qui pèsent dans la relance économique.
En fin d'année, la collectivité de Corse (CdC) avait voté son plan de relance à double détente sociale (Salvezza, "sauvegarde") et économique (Rilanciu, "relance"). Pour le second volet, l'exécutif local (qui avait essuyé les critiques d'une opposition lui reprochant d'avoir œuvré seul) escomptait un plan à 400 millions d'euros, dont les trois-quarts seraient financés par l'Etat, le restant par la CdC. Gilles Simeoni, calculant que la Corse connaîtrait un recul de 18% de son PIB, comptait sur la déclinaison territorial du plan France Relance mais le président de la République douchait rapidement ses espoirs. Dans un courrier adressé au président de l'exécutif en fin d'année, le chef de l'Etat rappelait "qu'1,6 milliard d'euros avaient été mobilisés dans l'île au bénéfice des entreprises", depuis le début de la crise sanitaire et renvoyait Gilles Simeoni à son interlocuteur privilégié, le préfet. Aujourd'hui, la préfecture revoit ce chiffre à la hausse, soit 1,8 milliard d'euros.
Si l'Elysée disait non à la méthode de Simeoni, d'autres pistes étaient tracées, comme les 50 millions de crédit relance territorialisés. Par ailleurs, la lettre présidentielle interrogeait l'exécutif sur ses projets en matière de rénovation thermique des bâtiments (6,4 millions d'euros au total pouvant être mobilisés), de formation, mais évoquait aussi la future élaboration du plan tourisme qui pèse pour un bon tiers dans l'économie locale.
Sur le fond et la forme, la majorité nationaliste n'a pas caché sa déception, d'autant que le territoire (où le secteur tertiaire est prépondérant via les activités touristiques et où le bâtiment est surreprésenté) est le plus impacté par la crise, accusant une hausse du chômage de 14,7% sur un an, toutes catégories confondues (contre 4,4% au plan national). Les services préfectoraux estiment que l'impact sur les chiffres d'affaires des 20.000 entreprises assujetties à la TVA (les trois-quarts des entreprises) était de -10,7% sur les onze premiers mois de 2020.
Paul Ortoli, à Ajaccio
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