"L’entrepreneuriat engagé est une réalité" Christian Sautter (France Active)

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Christian Sautter, ex-ministre de l’Economie de Lionel Jospin, est le président de France Active, association qui oeuvre dans le secteur de l’ESS.
Christian Sautter, ex-ministre de l’Economie de Lionel Jospin, est le président de France Active, association qui oeuvre dans le secteur de l’ESS. (Crédits : DR)
Dans un entretien accordé à La Tribune, Christian Sautter, le président de France Active, dévoile les nouvelles ambitions de l’association qui soutient les projets des créateurs d’entreprises dans le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS). L’ancien ministre de l’Economie de Lionel Jospin insiste sur la nécessité d’accompagner les entrepreneurs.

LA TRIBUNE - Quel est le bilan de France active en 2015 ?

CHRISTIAN SAUTTER - L'association a financé 7.021 projets l'année dernière, ce qui a permis de créer ou de consolider plus de 35.000 emplois.

Avec quels moyens ?

Nous avons mobilisé 244 millions d'euros de concours financiers, via 191 millions de prêts bancaires garantis, 52 millions d'euros de prêts solidaires et 1 million de primes.

Profitez-vous de la collecte de l'épargne solidaire ?

Oui, et c'est heureux. Au total, cette épargne a abondé notre société d'investissement solidaire à hauteur de 21,3 millions d'euros grâce à l'épargne des particuliers et à l'épargne salariale.

Quelles est la nature des projets que France Active soutient principalement ?

Ce sont les projets qui ont un impact social, territorial et ou environnemental, principalement dans le secteur des services, et notamment dans le commerce, la restauration, les services à la personne.

Faut-il être demandeur d'emploi pour venir sonner à votre porte ?

Selon nos statistiques, 90% des entrepreneurs soutenus sont demandeurs d'emploi au moment de la création. Mais tous les projets sont les bienvenus!

Quel est le ticket moyen ?

C'est très variable. Le ticket peut osciller entre 40.000 euros et 1 million d'euros.

Quelles sont vos ambitions ?

Nous allons accélérer ! Nous avons doublé notre fonds de garantie grâce à une augmentation de capital souscrite par la Caisse des dépôts et les principales banques françaises. Nous n'allons plus nous contenter d'apporter une aide financière, technique, aux porteurs de projets. Nous souhaitons être présent de l'idée au projet, lors de la création puis lorsque l'entreprise se développe. Nous avons également l'ambition d'être aux côtés de l'entrepreneur en période de gros temps, pour favoriser le rebond de son entreprise.

Est-il si important d'accompagner les entrepreneurs ?

C'est essentiel ! Dans 83% des cas, un créateur accompagné par France Active exerce toujours son activité trois ans après sa création. En rompant la solitude des chefs d'entreprise, nous les aidons à développer leur entreprise et à anticiper les éventuelles difficultés.

Et à six ans ?

Je n'ai pas de chiffres précis. Mais, tous les deux ans, nous menons une grande enquête auprès de nos entrepreneurs trois ans après leur financement. Elles indiquent que la majorité des entrepreneurs accompagnés ont investi et créé des emplois. Et, à 71%, ils se montrent confiants dans l'avenir. C'est enthousiasmant, non ?

Comment se comportent les banques?

Elles sont prêtes à accompagner les entrepreneurs lorsque ceux-ci ont vu leur projet sélectionné et validé par France active. Notre caution les rassure et constitue aujourd'hui un véritable label.

L'économie sociale et solidaire est devenue une mode ?

Il est difficile de répondre à cette question. Une chose est certaine, une nouvelle génération d'entrepreneurs est en train d'émerger. Et ce ne sont pas que des demandeurs d'emploi. La notion d'engagement est devenue très forte, notamment chez les jeunes. Ce n'est pas un hasard si les masters d'économie sociale et solidaire pullulent. La course au profit n'est pas toujours la motivation principale des porteurs de projet. L'entrepreneuriat engagé est une réalité. Au sein de notre réseau, nous constatons ce phénomène au quotidien.

France Active pourrait-il former les chefs d'entreprise?

C'est un lourd chantier. Je fais confiance aux Régions pour le mener à bien. C'est un sujet important. Les chefs d'entreprise ont besoin de formations rapides pour qu'ils soient plus efficaces au quotidien, notamment dans le domaine comptable, commercial, des ressources humaines.

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