Masques, déplacements, école, travail... les enjeux du déconfinement du 11 mai

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(Crédits : POOL)
Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté aujourd'hui au Sénat les modalités du déconfinement du 11 mai.

Masques, déplacements, école, travail: à une semaine du 11 mai, les modalités du déconfinement, présentées lundi au Sénat par le Premier ministre Edouard Philippe, se précisent. Mais le gouvernement doit encore lever de nombreuses incertitudes.

▶︎ Santé

Deux indicateurs, la circulation active du coronavirus et les capacités de réanimation, aboutiront jeudi soir à une carte de France dont les départements en vert pourront organiser un déconfinement plus large que ceux en rouge.

Partout, les Français sont désormais encouragés à porter un masque, en plus de la distanciation sociale. Le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun ou dans les collèges.

Mais alors que chacun cherche son masque, y en aura-t-il suffisamment pour tous dans une semaine ? Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré que oui, mais certains en doutent, comme Michaël Rochoy, médecin généraliste fondateur du collectif "Stop postillons".

Ces masques pour le public, chirurgicaux ou textile, sont notamment vendus dans les pharmacies et, depuis lundi, dans la grande distribution.

Pour éviter une seconde vague, il faudra suivre précisément la circulation du virus. Et ce en multipliant les tests virologiques: jusqu'à 700.000 par semaine, promet le gouvernement.

L'objectif est de pouvoir tester tous ceux qui ont des symptômes, puis de retrouver leurs contacts grâce à des "brigades" départementales pour les tester à leur tour.

Les personnes positives seront invitées à s'isoler, mais la quarantaine ne sera pas imposée, le gouvernement tablant sur leur "civisme".

Les personnes âgées, plus fragiles, sont quant à elles invitées à continuer à limiter contacts et sorties.

▶︎ Transports et déplacements

Il sera possible de circuler sans attestation à partir du 11 mai jusqu'à 100 km du domicile. Les déplacements plus lointains ne seront possibles que pour "un motif impérieux, familial ou professionnel".

Le port du masque et le respect des règles de distanciation seront obligatoires dans les transports publics.

"Les personnes qui voudront prendre un VTC, un taxi ou pénétrer dans une gare sans masque pourront se voir refuser l'accès" et le cas échéant se voir infliger une amende qui pourrait être de 135 euros, selon le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

"Comme pour les transports terrestres, nous allons demander le port du masque obligatoire dans les avions", a-t-il par ailleurs annoncé.

La réouverture des bureaux et commerces va s'accompagner de l'augmentation de l'offre de transports en commun.

Mais les opérateurs ont prévenu que l'espacement obligatoire d'un mètre entre passagers "limitera mécaniquement (leur) capacité à transporter un nombre de voyageurs suffisant à la reprise économique".

Les autorités appellent donc les employeurs à maintenir le télétravail et des horaires de travail différenciés pour étaler les heures de pointe.

Pour désengorger les transports publics et éviter que tout le monde ne se rue sur la voiture, le gouvernement cherche à inciter les Français à utiliser le vélo et y consacre notamment un plan de 20 millions d'euros.

L'offre de déplacements longue distance, notamment dans les TGV, continuera en revanche d'être réduite.

▶︎ Ecoles

Sur le chantier titanesque du retour à l'école de quelque 12 millions d'élèves, les doutes se font plus que jamais sentir.

La rentrée est prévue sur la base du volontariat à partir du 11 mai "dans la majorité des écoles" maternelles et primaires, a assuré ce week-end le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, avec un maximum de 15 enfants par classe.

Un protocole sanitaire très strict doit encadrer cette réouverture: lavage de main à répétition, bureaux espacés d'au moins un mètre, port du masque obligatoire ou conseillé selon les circonstances... Un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette périlleuse rentrée.

De nombreux maires ont d'ailleurs fait savoir qu'ils ne rouvriraient pas les écoles le 11 mai.

Dimanche, l'association des maires d'Ile-de-France, y compris la maire PS de Paris Anne Hidalgo, a écrit au président Emmanuel Macron pour lui demander de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure, dénonçant un déconfinement "à marche forcée".

Des syndicats ont aussi déposé des préavis de grève à compter du 11 mai.

Plusieurs écoles ont déjà toutefois annoncé leurs modalités de réouverture (par roulements, demi-classes...).

Pour les collèges, l'ouverture ne se fera pas avant le 18 mai, et uniquement dans les départements peu infectés par le coronavirus.

▶︎ Travail

Les entreprises sont incitées en premier lieu à continuer à recourir massivement au télétravail et à prévoir sinon des horaires décalés pour les salariés devant revenir au travail.

Elles devront prévoir l'instauration d'un espace minimum de 4 m2 par salarié, avec une gestion des flux et des sens de circulation pour éviter les croisements. Cette règle s'applique également aux espaces communs, dont les ascenseurs, selon le "protocole national de déconfinement" publié par le ministère du Travail.

Le port du masque ne sera obligatoire que lorsqu'il y a un risque que les mesures de distanciation ne puissent pas être respectées.

La prise de température ne pourra pas être imposée aux salariés. Même chose pour les campagnes de dépistage du coronavirus interdites au nom du secret médical.

Ces règles viennent en complément des guides déjà disponibles sur le site du ministère, qui détaillent les mesures d'hygiène et de distanciation métier par métier.

▶︎ Commerces

Les commerces restés ouverts ont déjà généralisé gestes barrière, port du masque et règles de distanciation.

Ceux qui vont rouvrir se préparent, mais ce ne sera pas simple pour tout le monde : comment respecter la distanciation sociale en coupant des cheveux ou manucurant des ongles ?

Pour tous les commerçants, il s'agira de trouver "un juste équilibre" entre sécurité sanitaire et contraintes "qui n'entravent pas l'activité" du magasin ni sa rentabilité, selon le directeur général de l'Alliance du Commerce Yohann Petiot.

"Un commerçant pourra subordonner l'accès de son magasin au port du masque", a indiqué le Premier ministre.

Pour les bars, cafés et restaurants, les interrogations sont plus nombreuses encore: il faudra attendre fin mai pour savoir s'ils pourront rouvrir "à partir du 2 juin", a prévenu Edouard Philippe. En attendant, ils sont de plus en plus nombreux à proposer de la vente à emporter.

Une exception: aux Antilles, les bars et restaurants rouvriront dès le 11 mai à Saint-Barth, où l'épidémie est très limitée, et peut-être à Saint-Martin.

▶︎ Rassemblements -

Après l'annulation des festivals, le report de nombreuses manifestations sportives, la vie sociale va rester très limitée, avec des rassemblements limités à dix personnes à compter du 11 mai, sur la voie publique ou dans des lieux privés.

Les grands musées, les cinémas, les salles de concert et les théâtres devront encore rester fermés après le 11 mai. Et tout évènement de plus de 5.000 participants est interdit jusqu'en septembre.

Les lieux de culte restent ouverts, et Edouard Philippe a annoncé lundi que le gouvernement est "prêt à étudier" la reprise des offices religieux le 29 mai au lieu de la date du 2 juin précédemment établie, ce qui pourrait permettre aux Chrétiens de célébrer la Pentecôte. Les cérémonies funéraires resteront limitées à 20 personnes.

Du côté du sport, la saison 2019-2020 de football et des autres sports professionnels ne reprendra pas.

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Commentaires
a écrit le 06/05/2020 à 14:49 :
On s'est complètement trompé de stratégie, ce n'était pas les actifs et les jeunes qu'il fallait confiner, mais les seniors.
a écrit le 06/05/2020 à 14:08 :
infecté du covid 19,je pense que les masques devraient être obligatoire dans tous les lieux
de rassemblement.(super et hypermarché.commerce.travail etc...)cela n’empêche pas d'acheter.Mais ou sont les masques, surtout pour nos soignants qui se protègent avec des moyens que nous trouvons INADMISSIBLE.Merci à eux pour leurs courages et tous le reste.
L’économie sans les hommes n'existe plus.
a écrit le 05/05/2020 à 18:37 :
Vous avez raison de remettre en route la machine économique malgré la présence encore du CODIV-19. Mais attention : CE QUE JESUS A VRAIMENT DIT (10/11) « Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre »
a écrit le 05/05/2020 à 17:47 :
Regardez la vidéo sur Youtube de Frédérique Dumas, députée des Hauts-de-Seine et ex-membre du groupe parlementaire LaREM qui révèle les dessous de la Macronie et la gestion du coronavirus par exemple,vous allez pas être déçu .
a écrit le 05/05/2020 à 14:15 :
Quand on regarde des reportages dans les pays qui ont été moins touchés, on voit que des masques, des masques et encore des masques et c'est une bonne chose. Pour notre président et nos ministres le mot masque semble être un gros mot. Nous ne nous en sortirons pas sans masques dans l'espace public puisqu'il n'y a pas de vaccin et les entrées en hôpital , vont continuer.
a écrit le 05/05/2020 à 12:19 :
au vu de la carte géographique de la prégnance de l'épidémie de Covid - très sévère en Ile de France et quelques dépatements de l'Est , mais peu ou très peu développée ailleurs - il parait aujourd'hui absurde de "parisianiser" sur tout le territoire les mesures de restriction d'activité et contraintes sanitaires pour les habitants , les services publics ,les entreprises .
le gouvernement choisit encore de pénaliser les trois quarts de la population du pays pour faire accepter au quart restant de la région parisienne des restrictions qui devraient seules les concerner , en particulier sur leur autorisation à se déplacer hors zone et mesures spécifiques aux activités .
ce choix est particulièrement mortifère pour l'économie et le moral de la majorité des gens . il est probable que ceux-ci ne l'accepteront plus et réclameront un juste retour des libertés en adéquation avec la situation sanitaire de leur environnement régional .
a écrit le 05/05/2020 à 10:43 :
cest au 1er ministre de dire a tout les responsable du transport de passager si le 7 un plan est correct si non la porte pour faute grave sans exception
la sante a relevé un défit bien plus difficile
a écrit le 05/05/2020 à 9:57 :
Le bilan viendra après le confinement. On peut déjà constater que l'état a été plus que défaillant. Refus depuis 2 ans de grève du personnel de mettre les moyens nécessaires
pour palier à l'état catastrophique de notre système de santé. On a supprimé 17000 lits dans les hôpitaux, depuis quelques années , résultat embouteillage et confinement généralisé. Manque de masques , de tests , de tout.
Le gouvernement ne pouvait pas trouver d'argent pour les hôpitaux avant le virus et maintenant, les milliards coulent à flot et la dette explose. Qui va être responsable ?
A suivre .....
Réponse de le 05/05/2020 à 10:43 :
Les comptes ) rendre:
1/Responsabilités politiques :
les 17000 lits supprimés' ont été réalisé à 91% sous les gouvernements de Sarkozy et d' Hollande....rendons donc à César ce qui lui appartient
2/Responsabilités économiques et industrielles:
les industriels Français -étrangers ont multiplié les délocalisations et ss-traitances ( les molécules fabriquées par la Chine, L' Inde), détruisant le tissu industriel Phamacologique entre autre ( à la différence des Allemands qui l' ont conservé) pour augmenter leurs marges et dividendes 3/Responsabilité de la population:
l' approche des gouvernements est comptable car la dette du pays trop élevée (100% du pnb) ne permet plus les investissements...ces mêmes dettes issues du refus des Français secteur privé-comme public et de leurs édiles -de réformer depuis 40 ans (supprimer les doublons -agences administrativs qui permettent d' employer les copains de promo LR-PS etc...changer les procédures décisionnelles, alléger les structures, mutualiser les achats etc...)
Le Français paie donc cher son refus d' adaptation et de changement
Réponse de le 05/05/2020 à 17:39 :
@brehat

"les copains de promo LR-PS etc."

C'est pas ce qui compose LREM ?
a écrit le 05/05/2020 à 9:31 :
En parlant de masques:

C’est une incroyable affaire qui se déroule sur le tarmac de l’aéroport de Vatry, situé à proximité de Châlons-en-Champagne, dans la Marne alors que de nombreux pays manquent de matériel médical et notamment de masques. Une livraison de 18 tonnes, dont des masques de protection, est bloquée depuis le 16 avril dernier. A l’origine de cette situation ubuesque, un litige commercial entre un transporteur russe et une entreprise française, explique France Bleu. La société hexagonale s’estime lésée sur le prix du transport et a donc obtenu le séquestre de l’ensemble du matériel.

Très concrètement, la société française, dont le nom n’a pas été révélé, a passé une commande de matériel venant de Chine. L’entreprise russe devait tout transporter à bord d’un seul avion à destination de l’aéroport de Vatry. Mais, puisque l’avion finalement choisi est plus grand que prévu, le transporteur choisit d’emporter davantage de matériel pour réaliser le trajet avec le maximum de fret embarqué. Un choix qui ne passe visiblement pas du côté de l’affréteur français. Celui-ci s’estime lésé et considère qu’il ne devrait pas payer le prix complet du transport. Souhaitant un remboursement, il a obtenu la mise sous séquestre de l’ensemble du chargement. C’est la justice qui doit désormais trancher."Il y a une certaine indécence à utiliser ce genre de procédé pour obtenir une remise financière alors qu'il y a une crise en ce moment", regrette Maître Michel Auguet, l’avocat du transporteur russe. Le tribunal judiciaire de Châlons-en-Champagne doit rendre son délibéré ce mardi 5 mai. En attendant, les masques dorment toujours dans un hangar de l’aéroport de Vatry.
Réponse de le 05/05/2020 à 10:31 :
vous vous trompez de sujet...à quel titre la sté française devrait payer
l' intégralité du fret alors qu' elle en n' est pas à 100% LE COMMANDITAIRE
La société Russe :
-devrait facturer sa prestation au prorata du fret concerné
-négocier et non faire "du fait accompli" et imposer ensuite ....mais il est vrai que vous représentez les interêts Russes...et donc êtes impartial
ce qui est vraiment indécent est votre manque de recul en vous servant de l' émotionnel pour arriver à vos fins en cette période si complexe!
Réponse de le 05/05/2020 à 17:40 :
"mais il est vrai que vous représentez les interêts Russes...et donc êtes impartial"

Il s'agit d'un article de Capital ,ils vont pas être content.
a écrit le 05/05/2020 à 9:30 :
si le gouvernement avais pour confiné les Français consulte toutes les organismes sociaux pour déconfiner cela aurais été très simple mais avec des madame et monsieur je sait tout ils sont dans la panade et bien
comme pour les gilet jaune ou sa reforme des retraite rien de ficelé correctement
ce qui prouve une fois de plus leur nullité a gerer un pays
la droite au pouvoir en France depuis vge n'a fait que de piller le pays et jamais une annee de croissance sans déficit
Réponse de le 05/05/2020 à 10:25 :
ce sont sous les gouvernements de Sarkozy et Hollande que la destruction des réserves de masques et le détricotage du dispositif pandémie ont été pris..
et qui nous alors aurait protégé comme chez les Allemands ( dispositif mis en place à l' époque par Bachelot)
La nullité est de ne pas avoir conservé ce qui était à l' origine prévu
bien que moquée à l' époque , chapeau Mme Bachelot vous aviez raison...
donc droite comme gauche même irresponsabilité !
Réponse de le 05/05/2020 à 17:43 :
@brehat

"bien que moquée à l' époque , chapeau Mme Bachelot"

Surtout quand ,elle s'est fait vacciné contre le H1N1 devant les caméras de TV ,elle avait juste oubliée de dire qu'il n'y avait pas l'adjuvant dedans contrairement au reste de la population..
a écrit le 05/05/2020 à 8:22 :
il n'y a pas de cacophonie aux sommet de l'état Français seulement une personne qui veux la place du calife encourager par bon nombre de médiat
pour remplir leur page de torchons

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