Prévisions budgétaires : la défiance s'installe entre Bercy et les économistes
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Le ministère de l'Economie dans le 12ème arrondissement de Paris.
XOSE BOUZAS / Hans Lucas via AFP
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Le ministère de l'Economie dans le 12ème arrondissement de Paris.
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Le malaise était palpable sous les dorures de la Grand'chambre de la Cour des comptes. Placée sur le thème « des leçons à tirer de la crise de nos finances publiques », la conférence organisée ce mardi 20 mai a provoqué de vives tensions entre Bercy et les économistes conviés. Alors que le gouvernement se félicitait dans un communiqué de la première réunion du « cercle des prévisionnistes » juste avant l'événement, plusieurs économistes ont épinglé le manque de transparence de l'exécutif en matière de finances publiques.
Un sujet sensible également évoqué par le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici à l'occasion d'un entretien accordé à La Tribune la veille. « Ce refus de communication [de l'administration] à la Cour n'est pas anodin. C'est un délit d'obstacle », a confié le président du HCFP. Face aux tirs de barrage, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a tenté de rassurer. « J'ai une grande confiance dans le travail des administrations, mais il y a un énorme progrès à faire en matière de transparence auprès des parlementaires, des collectivités , des partenaires sociaux et des Français », a-t-elle reconnu.
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Tout au long de l'après-midi, les économistes de Bercy ont essuyé une salve de critiques sur les erreurs préoccupantes de prévisions de recettes et le manque de transparence. En première ligne, la cheffe économiste du Trésor Dorothée Rouzet est restée sur la défensive. « Une grande partie des écarts en 2023 et 2024 provient du contexte macroéconomique », a-t-elle tenté de justifier, citant un rapport de l'inspection générale des finances (IGF) dévoilé à l'été dernier. Sur les révisions macroéconomiques de 2024, « on n'anticipait pas l'incertitude liée aux remous politiques de la dissolution et le reflux de l'inflation », a-t-elle ajouté.
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